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La commune est
morte, vive la commune !
Ce troisième
tome militant débute sur un extrait de La semaine sanglante
de Jean-Baptiste Clément, un chant qui appelle à
la revanche, après l’inévitable répression
orchestrée par « le sinistre chien de guerre d’Adolphe
Thiers », le cruel général Galliffet, contre
le peuple de Paris. Ce tome que l’on pensait être le
dernier s’ouvre le 20 mai 1871 et s’achève le
24 mai, quelques journées si mémorables et qui regorgent
de tant d’événements que les auteurs ont préféré
étaler ce volet de la semaine sanglante sur deux ouvrages.
On retrouve là ceux que l’on avait abandonnés
à leur sort incertain il y a plusieurs mois (Hippolyte Barthélemy,
Ziquet, Horace Grondin, toujours à la recherche de Tarpagnan,
lui-même espérant retrouver Caf’Conc), l’argot
imagé du peuple, les barricades et les troupes versaillaises
qui avancent. Tandis que le sinistre Hippolyte fait avouer son passé
de bagnard à Grondin (un drôle de Jean Valjean !) les
batailles s’intensifient et la Commune va lentement mais sûrement
à la tragédie, l’auteur mettant l’accent
sur l’inorganisation et l’amateurisme des communards,
comme si les idéaux ne pouvaient suffire pour crier victoire...
Ce troisième album n’a rien à envier aux précédents
et l’on retrouve là les mêmes qualités
narratives et graphiques que dans Les canons
du 18 mars et L’espoir assassiné
: une adaptation faisant déjà figure de chef-d’œuvre,
en ce début de siècle qui a bien besoin de renouveler
ses idéaux.
B.
Longre
(octobre 2003)

Tome 2 :
L'espoir assassiné
Le deuxième épisode de la déjà célèbre
rétrospective historique est enfin sorti, un an après
la publication du tome 1, Les canons du 18 mars
(Alphart du public et Alphart du dessin à Angoulême
en janvier 2002). Là, la fureur joyeuse fait place peu à
peu au désespoir, alors que les Versaillais attaquent pour
de bon les révoltés ; certains sentent que la fin
est proche : "Vous croyez qu'on va y laisser notre peau,
M'sieur Théophile ?" demande Guillaume, le petit
soldat. "Guillotinés ou fusillés au choix,
ce sera notre seul recours" répond Théophile
Mirecourt, le photographe du peuple.
| La
fresque communarde de Tardi/Vautrin mêle Histoire et romance
(Tarpagnan est à la recherche de Caf'Conc, la prostituée
révoltée contre son patron La Joncaille), mais
aussi magouilles et mauvais coup de toutes sortes, perpétrés
par une marée humaine de personnages gouailleurs qui
vivotent, des canailles qui côtoient des hommes au grand
coeur, des soldats qui se sont ralliés à la Commune,
des forains et leurs "monstres", un vieux chiffonnier
qui a recueilli Grondin et tente de le voler, tandis que ce
dernier rêve toujours d'assassiner Tarpagnan... |
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Le cri
du peuple, oeuvre humaniste par excellence, débute
par une citation d'Eugène Varlin (un communard convaincu,
fusillé en mai 1871) qui pourrait s'appliquer à toute
cause libertaire et égalitaire : "Tant qu'un homme
pourra mourir de faim à la porte d'un palais où tout
regorge, il n'y aura rien de stable dans les institutions humaines".
Comme Vautin l'écrit si bien, la Commune est "gueuse",
à l'image des prostituées qui peuplent cette bande
dessinée, ou de ces ouvriers qui rêve de jours meilleurs.
Pourtant, il manque de la couleur à cette adaptation, une
couleur qui donnerait davantage de piquant au langage peu châtié
et argotique, mais si drôle, de pittoresques personnages.
Ajoutons aussi qu'adapter un roman aussi foisonnant pour la bande
dessinée est une tâche délicate, qui demande
de synthétiser les multiples aventures et la pléthore
de personnages ; car parfois on s'y perd un peu, mais l'esprit communard
et anarchique de cette révolution ratée imprègne
à merveille ce deuxième tome. Dans l'attente du troisième
et dernier épisode, Les
heures sanglantes, dont la parution est prévue
pour 2003...
B.
Longre
(octobre 2002)

Tome 1 :
Les canons du 18 mars
(Alphart du public et Alphart du dessin à Angoulême,
janvier 2002)
En
adaptant Le cri du peuple de Jean Vautrin en bande-dessinée,
Jacques Tardi s'est attaqué à un "gros morceau"
: chronologiquement parlant, la Commune n'est qu'un épisode
de plus de l'histoire parisienne, mais sa valeur et sa portée
symboliques en font toutefois un événement historique
marquant. Le dessinateur reprend donc le flambeau de Vautrin,
dont le roman, selon Tardi, "est plutôt
un polar qui se déroule pendant les deux mois et demi
de la Commune", mais qui s'attache pourtant à
préserver la réalité historique ; dans
le même temps, il rend hommage au petit peuple qui a combattu
les "Versaillais" (menés par "Foutriquet",
"l'infâme vieillard", c'est à dire Thiers,
Président du Conseil) et à une épopée
souvent occultée par les livres d'histoire.
Résumons donc : ce dernier ouvrage est tout à
la fois un roman historique, un policier, l'habile mise en images
d'une grande fresque populaire, et par là, un outil de
vulgarisation intelligent.
Mais n'hésitons pas à le dire, Le cri du
peuple est aussi une oeuvre politique sous-tendue par
le "libertarisme" des auteurs et leur foi en l'utopie
révolutionnaire ; en ce sens, la lutte des communards
est exemplaire : renverser un pouvoir conservateur, une assemblée
à majorité monarchiste, évacuer toutes
les frustrations engendrées par la défaite de
1870 contre les Prussiens ; puis proposer une véritable
république, proclamée le 28 mars 1871, dix jours
après que les soldats se sont ralliés à
la cause du peuple et que le gouvernement s'est enfui à
Versailles. Un combat pour la liberté, qui s'achèvera
tragiquement dans le sang, le 28 mai, après 8 jours de
luttes sur les barricades... |
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Dans ce premier tome, Tardi retrace quelques journées
de la mi-mars : on croise l'institutrice Louise Michel, le peintre
Courbet et Jules Vallès (dont la large contribution au
Cri du peuple fait de ce journal un impressionnant succès
pour l'époque), mais le récit se concentre d'abord
sur quelques personnages moins connus ou librement imaginés,
comme le capitaine Tarpagnan, déserteur rêvant
de journalisme, Gabriella Pucci, la prostituée gouailleuse
assoiffée de liberté, le notaire Grondin, qui
rumine sa vengeance contre le capitaine ou encore Fil-de-fer,
serrurier-cambrioleur : une galerie qui anime la démonstration
historique et lui donne ainsi une dimension humaine, fougueuse
et tragique. |
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| Un
seul regret peut-être : qu'il faille patienter plusieurs
mois entre la publication de chacun des tomes (le deuxième
épisode s'intitulera L'espoir assassiné),
même si l'on peut arguer que la trilogie emprunte ainsi
à un procédé très prisé au
XIXe siècle, tant par Dickens
que par Hugo, le roman-feuilleton... |
B.Longre
(novembre
2001)


Tardi
http://www.casterman.com/adele/index.htm
http://www.actustar.com/biographies/tardijacques.html
http://www.lordweb.com/medias/tardy.htm
Vautrin
http://www.casterman.com/catalogue/auteur.asp?auteur=VAUTRIN
http://www.humanite.presse.fr/journal/99/99-03/99-03-12/99-03-12-026.html
La
Commune
http://revoltes.free.fr/article.php?id_article=20
http://www.lariposte.com/14/eugene_varlin.html
http://lcr94.free.fr/Multimedia/Commune_de_Paris.htm
http://perso.club-internet.fr/lacomune/pages/parent.html
http://www.library.northwestern.edu/spec/siege/
http://www.chez.com/durru/lmichel/lacommune.htm

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