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L'ouvrage
Crasse-Tignasse (Der Struwwelpeter)
est disponible à L'Ecole
des Loisirs, en collection Lutin Poche. On y retrouve
les comptines mises en scène par Christian Duchange,
ainsi que L'Histoire du garçon tout noir et
L'Histoire du chasseur féroce ; le tout accompagné
d'illustrations anciennes au charme indéniable et d'une
postface écrite par l'auteur à l'occasion de
l'édition du jubilée, en 1876, narrant la genèse
du Struwwelpeter.
Théâtre
des Jeunes Années
23 rue de Bourgogne,
Lyon 9°
renseignements / location
04 72 53 15 15
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En guise de
salle et de scène, une baraque de foire est plantée
sur une estrade : rideaux bariolés, décorés
de fresques très particulières, des images d'Epinal
de mésaventures enfantines s'achevant plutôt mal :
Pauline a joué avec des allumettes, elle est en feu ; Conrad
a trop sucé ses pouces, on les lui a tranchés ; Gaspard
refuse de manger sa soupe, il en meurt... Ces historiettes jouées
ensuite à l'intérieur de la baraque sont de mémorables
petits contes de la cruauté ordinaire, des illustrations
drolatiques de la désobéissance enfantine bien châtiée
; On est bien loin de la Comtesse de Ségur (pourtant contemporaine)
ou des récits édifiants servis aux enfants du XIXe
siècle : le Docteur Hoffmann (1809-1894), las de ne trouver
en librairie que des contes moraux aux dénouements prévisibles
("Les enfants sages disent toujours la vérité...")
a imaginé, pour ses enfants et ses jeunes patients, d'autres
histoires, véritables exutoires des fantasmes enfantins,
ajoutant à la cruauté apparente une bonne dose d'outrance,
l'ingrédient qui permet au jeune lecteur (et ici, au spectateur)
de faire la distinction entre le réel et l'imaginaire.
En réalité,
le Docteur Hoffmann et Christian Duchange
ont pris à la lettre les morales censées éradiquer
les "déviations" enfantines : Philippe gigote à
table, Frédéric fait souffrir les animaux, Jean regarde
trop en l'air... des écarts de conduite dans la plupart des
cas mortellement punis, mais qui font rire de bon coeur. Ainsi,
les morales détournées par Hoffman peuvent provoquer
l'horreur, ou tout du moins la stupéfaction, mais engendrent
pourtant la curiosité puis le rire, tant l'ensemble joue
sur les registres de la farce et du grotesque : comédiens
fardés, malhabiles dans leurs habits d'enfants, grimaces
exagérées, gestuelle amplifiée, un espace scénique
mouvant, transformable, qui évolue au fil des déplacements
imprévisibles des multiples narrateurs et personnages. Chaque
saynète est rythmée par des chants malicieux, des
vers de mirliton, des ritournelles espiègles et entraînantes,
aux rimes simples mais toujours cocasses.
Et Crasse-Tignasse ? "As-tu vu comme il est laid ? / On dirait
un vieux balai / Longue et sale est sa tignasse ! " : Il est
l'incarnation rêvée de tous les enfants désobéissants,
révoltés, dont le refus de se plier aux ordres parentaux
est plutôt sain ("Un enfant sage" n'est-il pas une
contradiction dans les termes ?) ; il est, pour les plus jeunes,
une figure héroïque ambivalente, tant il provoque un
sentiment de répulsion / admiration, à la fois un
personnage dont on peut rire, mais auquel on peut aussi s'identifier...
Crasse-Tignasse est un spectacle impeccablement monté,
qui oscille entre la joyeuse débandade et la fable féroce,
implacable, rigoureusement mise en scène ; le jeu des comédiens
semble réglé à la perfection, et la mise en
théâtre de ce célèbre album est, de bout
en bout, une étonnante démonstration d'inventivité,
un pur régal récréatif.
B.
Longre
(novembre 2001)
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Avec
Bernard Daisey, Pascal Delannoy, Christian Duchange, Géraldine
Pochon, Philippe Poisse, Laure Seguette.
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"Depuis près
d'un siècle et demi, le " Struwwelpeter " est peut-être le livre
pour enfants le plus célèbre dans le monde. Le plus célèbre d 'Allemagne
en tout cas. J'ai essayé de le traduire le plus fidèlement possible,
en me pliant au rythme désinvolte de ses vers sans prétention qui
sautillent joyeusement sur leurs sept ou huit pieds. (...) N'oublions
pas que ce sont là des vers pour rire et que l'auteur lui-même ne
se gêne pas pour faire craquer le corset lorsqu'il l'étouffe. La
cruauté, parfois brutale des histoires, leur moralisme simplet surprendront
les parents d'aujourd'hui. L'auteur s'explique fort bien sur ce
point. J'ajouterai ceci : les enfants en raffolent, et plus c'est
cruel, plus ils en redemandent. Tirez-en la conclusion qui vous
plaira ! "
(Cavanna)

texte
publié à l'Ecole des loisirs :
http://www.ecoledesloisirs.fr
Heinrich
Hoffmann musée (Frankfurt)
http://www.frankfurt-online.de/kultur/museen/954411282/
http://www.fln.vcu.edu/struwwel/struwwel.html
Autour
de Crasse-Tignasse, un colloque
http://karamasov.free.fr/natalecta/detail.php3?livreId=128
La
littérature pour enfants
http://monsieur.nicolas.free.fr/pages/part1.html
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