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Pour
l'édition 2006 du Salon de l'Édition Théâtrale,
l'école des loisirs vous invite à une mise
en espace de La Trijolie de Claude
Ponti par trois comédiens du JTN
dimanche 25 juin 2006 à
15h
salle des fêtes de la mairie du 6e, Paris
Cette
lecture sera suivie d'un séance de dédicace
de l'auteur-illustrateur sur le stand de l'école
des loisirs.
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De
l'album à la comédie
Qu’il
crée des romans, des albums ou du théâtre, Claude
Ponti reste fidèle à son univers hautement fantaisiste
et essentiellement allégorique, qui en dit toutefois long
sur le monde réel. Là encore, les frontières
entre imaginaire et réalité sont perméables,
tant chaque détail loufoque, chaque séquence, chaque
néologisme dit quelque chose qui opère dans le cadre
clos du texte mais aussi, en simultané, à l’extérieur
du texte, engendrant ainsi de multiples associations d’idées
et des ramifications souterraines subtiles et inattendues.
Tel est le cas dans La Pantoufle, une
pièce qui met en scène « le Grand Bébé
» («un adulte» précise l’auteur…)
: il est sur le point de naître mais avant de s’extraire
de la confortable pantoufle maternelle qui trône au milieu
de la scène (une charentaise), il veut être certain
d’en savoir suffisamment sur le monde extérieur : «
Je sais beaucoup de choses sur le dehors. J’ai neuf mois
déjà et j’ai beaucoup appris. J’écoute,
je sens et j’apprends. » ; il se remémore
alors ses expériences passées, retraçant ses
pas sur le chemin de la vie – et justement, il explique avoir
expérimenté, entre autres, la vieillesse… il
a aussi été un « ADULTE », il a fait l’arbre,
a connu la peur, a essayé d’avoir des frères
et sœurs… Il incarne ces rôles au fil des scènes
successives (à la manière d’une répétition
générale avant le grand soir…), introduisant
une vertigineuse mise en abyme, tout en ancrant l’histoire
dans les univers croisés de l’enfance et de l’art
dramatique, qui participent de la même démarche illusionniste.
Une manière d’aborder aussi diverses thématiques
existentielles qui toutes peuvent préoccuper les enfants,
et les plus grands aussi, bien sûr : l’écoulement
du temps et l’idée de la mort («heureusement,
ce n’est pas pour maintenant et la mort c’est pour dans
longtemps après longtemps, presque comme si c’était
jamais. »), l’amour (« c’est merveillissimeux
et tristipleurant… ça dépend… »),
l’agressivité (colère, mensonge…), le
bonheur de grandir (à travers l’expérience de
l’arbre) ou de rêver (car l’arbre aura une seconde
vie et aime à y songer : « Il fait des planches,
des lits, des tables, du papier, des livres… »),
ou encore le questionnement (« Rien n’est plus important
que de savoir le parce que du pourquoi. »).
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Le Grand
Bébé, parce qu’il sait toutes ces choses,
est déjà grand, mais reste aussi un tout petit,
qui souvent a besoin de son doudou (un
gentil celui-là…) : un oreiller vivant
(« à l’intérieur, une jeune
femme, actrice, danseuse, chanteuse ») qui reste
souvent à l’arrière-plan et qui préfigure
la figure maternelle – on apprécie entre autres
le conte loufoque qu’il raconte pour endormir son
protégé, débordant de jeux de mots
(l’histoire des « Emile »).
Belle allégorie prénatale que les enfants
seront ravis de lire, La Pantoufle
regorge aussi de didascalies minutieuses et de précisions
scénographiques inimitables : bruitages et intensité
sonore – pour les battements de cœur «
doux et feutrés » - positions et déplacements
des personnages, jeux de lumière : un précisionnisme
visuel qui rappelle que c’est aussi un illustrateur
qui parle…
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Et pour une fois, plutôt que de savourer les images de Claude
Ponti, chacun se construit sa propre mise en scène intérieure
(tout en suivant, s'il le veut, les instructions de l'auteur...),
à la manière d’un album grand format, en relief
cette fois.
B.
Longre
(mai 2006)
Blandine
Longre, agrégée d’anglais, est
l’une des fondatrices de Sitartmag ; rédactrice en
chef depuis mai 1999, elle s’intéresse tout particulièrement
aux écritures contemporaines (francophone, anglophone, asiatique,
orientale etc.), à la littérature pour la jeunesse,
au théâtre (texte et représentation) et aux
relations qu’entretiennent fiction et réel.

La
Trijolie 1 est suivie de La Trijolie 2,
composée de deux charmantes piécettes : Bonjour
(un dialogue entre Koua et Hétoi – imaginez les quiproquos…)
et Où sont les mamans ? (une excellente
séance de « jeux » partagés).
http://www.ecoledesloisirs.fr
Dans
la même collection :
De l’intérieur de Philippe
Aufort
Théâtre, L’école des Loisirs, 2005
Textes
de théâtres - critiques en ligne
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