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Sébastien,
"le lapin le plus fier et le plus rapide de la planète",
n'a qu'un plaisir : défier les autres animaux, en étant
certain d'avance qu'ils perdront la course. Le gagnant réclame
son dû après chaque victoire et ne repart jamais les
mains vides (il n'est pas question de courir pour rien...) Arrive
une tortue pleine de bon sens, qui lui demande "Crois-tu
vraiment que la vraie vie consiste à remporter des courses
en humiliant tes voisins ?" La riposte ne se fait pas attendre
et Sébastien propose une course à la tortue, persuadé
qu'il la remportera... Mais son adversaire l'entraîne au bout
du monde : le lapin se voit forcé de traverser des pays,
des mers, des montagnes et des déserts, et contraint de rattraper
une tortue fantôme. De plus en plus perdu, isolé, il
repense aux autres animaux qu'il méprisait et le mal du pays
a raison de lui ; pour la première fois, il abandonne une
course et rentre chez lui ; métamorphosé, éprouvé
par son périple, Sébastien est accueilli joyeusement
par ses voisins, tandis qu'un sentiment de paix s'installe dans
son coeur.
Histoire malicieuse et morale à la fois, La course
de Sébastien est fidèle à la tradition
des fables et l'auteur y donne une leçon d'humilité,
apporte une morale intelligente, tout en divertissant le jeune lecteur
par des illustrations plutôt cocasses et réalistes
(tout particulièrement dans le rendu des animaux). Librement
inspiré de la fable du lièvre et de la tortue, le
parcours de Sébastien, lapin imbu de lui-même, est
un exemple qui illustre le propos de l'auteur : toujours courir
ne rend pas forcément heureux, passer sa vie à tenter
d'être le premier (en écrasant les autres) ne rend
pas meilleur... bien au contraire.
Une conclusion saine et revigorante en ces temps où la compétitivité
est une valeur qui tend à gagner du terrain !
B.L.
(juin 2002)

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