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Un conte chinois
Légendes
et contes sont d’indispensables réservoirs d’imaginaire
et, le plus souvent, une façon d’aborder le monde et
de répondre avec fantaisie ou sagesse à quelques questions
plus ou moins essentielles ; ici, l’on apprendra pourquoi
chats et chiens s’évitent et ne s’aiment pas,
en remontant à la source de leur mésentente…
Tout est arrivé en Chine, au bord de la rivière des
Perles, dans une petite ville où vit un vieux couple, Tie
Han et son épouse Zhi Nu. Grâce à un anneau
d’or que leur a offert un client du vieil homme (il était
forgeron avant de prendre sa retraite), tous deux vivent confortablement,
à l’abri du besoin, entourés de leur chien et
de leur chat.
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Mais
le bonheur attire les convoitises et quand Yu Fou, le pêcheur,
comprend d’où vient la bonne fortune de Tie Han
et de Zhi Nu, il entreprend de leur dérober l’anneau.
La misère s’installe dans le paisible foyer et
le chat et le chien, qui eux, ont tout vu, décident
d’aller récupérer le talisman chez le
pêcheur, et font preuve à la fois de courage
et de ruse pour tromper le voleur… Mais le chat, sournoisement,
réussit à faire croire à ses maîtres
qu’il a pu retrouver l’anneau tout seul ; il est
fêté, remercié… et le chien, déconfit,
se fait chasser de la maison… Ainsi, la loyauté
du chien n’est pas récompensée, tandis
que la rouerie du chat fonctionne… |
La
roublardise du chat et la naïveté du canidé en
font des personnages emblématiques, des archétypes
qui permettent d’apporter au lecteur un dénouement
générique et une explication d’apparence rationnelle
à un phénomène que des scientifiques expliqueraient
autrement ! Mais la morale sous-jacente, (on ne peut faire confiance
à ses prétendus compagnons…) est plus pragmatique
que pessimiste et souligne combien chaque être est seul et
ne peut compter que sur lui-même. Les belles illustrations
de Marcelino Truong, où chaque détail compte, aux
traits clairs et légèrement déconstruits, évoquent
avec bonheur tout un petit monde affairé, une ville aux maisons
de bois ou de pierre, quelques jonques qui glissent sur le fleuve
; de même, dans la palpitante version sonore le suspense est
entretenu entre chaque souffle de la conteuse – et les plus
jeunes pourront la suivre avec ou sans l’ouvrage, selon leur
envie.
B.
Longre
(avril 2004)

Chine,
du côté des livres
dans la même
collection et du même auteur : Le lièvre
et le crocodile
http://www.actes-sud.fr/junior
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