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Avec
Marilou Berry, Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Laurent Grevill,
Bérénice Bejo, Virginie Desarnauts, Keine Bouhiza,
Clément Sibony, Laurent Bateau, Grégoire Oestermann
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Entretien
avec Agnès
Jaoui et
Jean-Pierre Bacri
Quelle
est l’idée de base du scénario ?
J.P.B
: On voulait parler du pouvoir du point de vue de ceux qui
l’acceptent. Pas du point de vue des tyrans. Ce film
traite de la dépendance. Les rapports humains sont
faits de gens qui dépendent des autres, qui les dominent.
A la base, on voulait l’écrire pour le théâtre…

La
relation père/fille semble être un sujet qui
vous tient à cœur, pouvez-vous nous en dire davantage
?
A.J
: Le père c’est la première dépendance.
Ce type de rapport douloureux et le fait d’avoir une
petite-amie de l’âge de sa fille est quelque chose
que j’ai souvent pu observer autour de moi et dont on
avait envie de parler depuis longtemps.
Le
père traiterait-il sa fille différemment si
elle était jolie ?
J.P.B
: Bien sûr. N’oubliez pas qu’il l’a
appelée Lolita. Pas Grossita ! On projette beaucoup
dans un prénom.
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Comme
une image, second film d’Agnès
Jaoui en tant que réalisatrice, accompagnée
de Jean-Pierre Bacri pour l’écriture du scénario,
nous livre un formidable film intimiste sur la difficulté
de trouver sa place en société, en famille,
dans la lignée du Goût des autres…
On
entre in medias res au sein d’une famille recomposée,
avec Etienne Cassard (campé par Jean-Pierre Bacri)
en père "indigne" et auteur intellectuel
à succès, sa fille Lolita (Marilou Berry), jeune
fille ronde mal dans sa peau, qui ne peut rivaliser avec la
beauté de sa toute jeune belle-mère. C’est
aussi l’histoire de Pierre Miller (Laurent Grevil),
écrivain qui doute de jamais trouver la reconnaissance
publique, et de sa femme, Sylvia (Agnès Jaoui), professeure
de chant de Lolita, qu’elle prend soudain sous sa coupe,
quand elle s’aperçoit de qui elle est la fille.
Lolita tente de trouver sa place entre la célébrité
de son père et son désintérêt pour
elle. Le rapport père/fille est un des thèmes
les plus approfondis du film : Lolita, la mal-nommée,
peu sûre d’elle, se débat entre sa passion
pour le chant lyrique, un amoureux qui se moque éperdument
d’elle et son père, le premier homme de sa vie,
qui n’est même pas capable d’écouter
sa fille plus de deux minutes en concert.
Tous les comédiens sont incroyablement justes ; il
faut dire que le casting est parfait : Marilou Berry (personne
ne pourra nier la ressemblance avec sa mère Josiane
Balasko) est une Lolita au caractère bien trempé,
un rôle sur-mesure ! Jean-Pierre Bacri campe un égocentrique
uniquement préoccupé par sa création,
et cette fois-ci, rien ne le sauvera aux yeux du public !
Agnès Jaoui, égale à elle-même,
est tout en sensibilité et nuance ; citons aussi Laurent
Grévil et Serge Riaboukine, que l’on retrouve
avec plaisir sur grand écran après les avoir
vus au théâtre.
Chez Jaoui/Bacri, la force réside dans un scénario
très écrit, où l’on sent que rien
n’est laissé au hasard, et à des dialogues
drôles et toujours subtils. On retrouve les comptes
familiaux à régler jubilatoires d’Un
air de famille, ce ton corrosif qui est leur
marque de fabrique. Si l’on rit, ce n’est jamais
gratuit. Leur immense talent est de faire passer un message
intemporel sur la difficulté des rapports humains,
sans jamais se prendre au sérieux. Un magnifique moment
de cinéma dont personne ne devrait se priver…
(E.
Jullin, septembre 2004)
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Parlez-nous
de vos personnages…
J.P.B
: On ne voulait pas qu’Etienne Cassard soit un personnage
totalement détestable. On a essayé de le présenter
assez bien au début : un écrivain de talent, puis
ça n’arrête pas de se dégrader au fil
du film. Pour finir par apparaître comme un être abject.
Il faut que Lolita le comprenne bien, car elle a une telle admiration
pour son père, qu’elle est prête à se
sacrifier pour lui. Mais on ne voulait pas le rendre caricatural.
On s’est inspiré de 2 ou 3 tyrans que l’on connaît
bien !
A.J : Sylvia, elle, ne peut pas changer. Elle reste intègre,
tandis que son mari, Pierre, se laisse corrompre dès que
le succès arrive. Il fait l’émission de TV par
exemple (ndj : pastiche réussi du show d’Ardisson).
On voulait montrer à quel point on traite les gens comme
de la marchandise.
Les
sous-titres finaux accompagnant le chant lyrique allemand, sont-ils
très significatifs ?
A.J
: C’est une vraie volonté de ma part de les inscrire,
car on m’a dit que c’était inutile. Il faut vous
dire que c’est le Lied par lequel j’ai commencé
le chant, et les paroles m’ont toujours émue. La musique
lyrique m’a fait beaucoup de bien. Moi j’ai rencontré
en la personne de mes profs de chant des figures paternelles et
maternelles qui m’ont construite…
Que représente pour vous le prix que vous avez reçu
à Cannes pour le scénario ?
A.J
: Ca m’a fait très plaisir. Mais avant tout cela m’a
permis d’avoir une meilleure distribution à l’étranger.
Pourtant l’accueil des journalistes français a été
frais à Cannes…
Propos
recueillis par Emilie Jullin
(10 septembre 2004)

http://www.marsdistribution.com/fiche_film_gen_cfilm=51523.html
voir
aussi, avec Agnès Jaoui : Le
rôle de sa vie
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