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William
Wilkie Collins l'indémodable.
C'est en Angleterre
que le genre policier a toujours sévi à la perfection
; William Wilkie Collins, maître incontesté, voire
fondateur, du genre, est à l'abri des modes, et ses récits,
en dépit du cadre victorien dans lequel ils s'inscrivent,
ne semblent pas avoir pris une ride : construction narrative solide
et multiforme, intrigues palpitantes, apparitions énigmatiques,
narrateurs pris au piège... Tout est rassemblé pour
procurer au lecteur un plaisir d'autant plus grand que l'auteur
possède un talent littéraire indiscutable. Les
éditions Hesperus, dont c'est l'un des premiers titres,
rééditent ici deux nouvelles parues respectivement
en 1881 et en 1873-74. Toutes deux sont des "whodunnits"
sans faille, dont l'atmosphère graduellement inquiétante
doit beaucoup à l'influence des romans dits gothiques, tout
en maintenant une trame et une intrigue parfaitement vraisemblables
et en proposant, en dépit de la brièveté de
ces récits, une dramatisation approfondie de chaque événement
raconté.
Dans Who
killed Zebedee ? on voit un jeune policier confronté
à sa première affaire criminelle sanglante : un homme
vient d'être assassiné dans une pension de famille
londonienne et sa jeune épouse, qui souffre de somnambulisme,
s'accuse du meurtre avec véhémence... Ainsi, bien
avant Chandler, Collins invente le récit rétrospectif
(le policier est, à l'heure de son récit, un vieil
homme qui se meurt), et des décennies avant la création
de Philip Marlowe, le narrateur est un jeune détective aux
prises avec plusieurs jolies femmes. Le deuxième récit,
John Jago's ghost, d'abord publié en feuilleton
dans le Home Journal, est une enquête menée
par un jeune avocat londonien venu se ressourcer chez des cousins
américains, sur les conseils de son médecin, car il
souffre de "surmenage" (une maladie pas si moderne que
ça, en définitive !) ; mais loin de pouvoir se reposer,
il assiste, impuissant, à la déliquescence d'une famille
dont les membres se haïssent ; par un terrible concours de
circonstances, les deux frères, Ambrose et Silas, sont accusés
du meurtre de John Jago, gérant du domaine de leur père
; la jeune Noémie, amoureuse d'Ambrose, tente de sauver les
deux suspects, demandant de l'aide au cousin anglais ; elle est
convaincue que Jago est encore en vie, et qu'il ne sait pas encore
quel sort attend les frères.
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Ces deux
récits illustrent parfaitement l'ensemble de l'oeuvre
de Collins : on y retrouve d'inquiétants personnages,
qui inspirent méfiance et doute, des protagonistes
ambigus, hypocrites, au comportement étrange, des intrigues
complexes parsemées d'indices trompeurs, de nombreuses
pistes, de multiples solutions contradictoires, une touche
de romantisme et un suspense constant. Le lecteur, afin de
combattre sa frustration après lecture de ce mince
ouvrage, sera sans nul doute tenté de rouvrir ou de
découvrir les "grands" romans (Pierre
de lune, La dame en blanc ou bien Sans Nom,
pour ne citer qu'eux), pour la plupart désormais traduits
en Français.
B.Longre
(novembre 2002)
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voir
aussi
The Frozen deep (Hesperus, 2004)
une courte introduction : W.W. Collins

Hesperus
Press
http://www.hesperuspress.com
Autre
titre d'Hesperus
The diary of Adam and Eve (Mark Twain)
romans de WW Collins
http://onlinebooks.library.upenn.edu/
sites
consacrés à l'auteur:
http://www.deadline.demon.co.uk/wilkie/wilkie.htm
http://www.rightword.com.au/writers/wilkie/
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