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avec Karin Viard (Emma) / Laurent Lucas (Simon) Julien Cottereau
(Olivier) / Claire Wauthion (La mère) / Philippe Duclos (le
docteur Morin) Charlotte Clamens (Le docteur Colombier)
Le premier long-métrage
de Sólveig Anspach s'ouvre sur les battements de coeur d'un
foetus de cinq mois, accompagnés des images d'une échographie,
comme pour nous dire : voilà le pivot de l'histoire. C'est
l'enfant à venir d'Emma et Simon, celui qui poussera Emma
à se battre contre une tumeur cancéreuse au sein gauche.
Le premier médecin lui annonce sans ambages qu'une interruption
de grossesse est nécessaire si elle doit suivre une chimiothérapie.
Emma, abasourdie, ne conçoit pas de perdre son bébé.
Simon l'emmène alors consulter ailleurs et les docteurs Morin
et Colombier leur redonnent espoir, estimant que les traitements
à suivre sont sans danger pour l'enfant.
Un long et douloureux
combat s'engage contre la maladie et pour la survie de l'enfant
et de la mère. C'est une grossesse peu banale qui est ici
analysée, entre scènes hospitalières qui seraient
glacées sans l'humanité des médecins et des
infirmières, et la vie du couple qui continue en dépit
de tout, dans leur appartement vieillot au fond d'une chaleureuse
impasse peuplée d'enfants.
La cinéaste
réalise des documentaires depuis 1988, et certaines séquences
en portent la marque, traitant les événements et le
développement des sentiments "de manière clinique,
détaillée et sans ellipse". Ceci s'applique tout
particulièrement aux scènes médicales, au réalisme
cru et dépouillé. Cependant, on a bien affaire à
de la fiction : l'intensité dramatique est réelle,
le scénario et la mise en scène efficaces. A aucun
instant ce film n'est glacial ou déshumanisé car l'émotion
(sans mélo) est omniprésente : les personnages sont
attachants et on a véritablement la sensation d'être
face à de vraies personnes, de chair et de sang. Karin Viar,
sincère et naturelle, porte le film de façon extraordinaire
: "Karin a cherché, puis trouvé Emma, tout au
fond d'elle-même" déclare Sólveig Anspach,
et elle ajoute, "je suis heureuse d'avoir filmé au plus
près son regard déterminé". C'est en effet
la récurrence des plans sur le visage et les yeux d'Emma
qui nous permet d'entrevoir son âme et ses tourments.
| Une
femme raconte une autre femme, mais n'en oublie pas les hommes
pour autant ; filmés avec tendresse et compréhension,
ils souffrent eux aussi : Simon, l'ami d'Emma, dissimule son
désarroi sous le rire (comme lors de la première
chimiothérapie) et jamais ne la laisse tomber ; Olivier,
garçon sensible et désoeuvré, préfère
fuir plutôt que de voir le cancer envahir sa soeur ; le
docteur Morin (excellent Philippe Duclos), malgré son
regard professionnel, ne peut s'empêcher d'être
impliqué affectivement. |
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En dépit
de l'intense souffrance et des questionnements qui se dégagent
des thèmes abordés (la vie et la mort, respectivement
symbolisés par la naissance de l'enfant et le corps dépérissant
de la mère), le pessimisme n'est pas de rigueur, et on sort
de ce film le coeur haut et solidement attaché à la
vie.
B.Longre

http://www.quinzaine-realisateurs.com/fr/archives/fichereal.asp?RealID=9088
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