Christophe Marguet
Quartet Résistance Poétique
Itrane

(Le Chant du Monde)

 

 

CHRISTOPHE MARGUET (composition, batterie), SEBASTIEN TEXIER (saxophone alto, clarinettes), BRUNO ANGELINI (piano), MAURO GARGANO (contrebasse).

1/ Itrane. 2/ Angels. 3/ Extas violette. 4/ Deep Soul (For H.T.). 5/ Vers l’automne. 6/ Modern Roots (For S.S.). 7/ Flowers. 8: Hymne. 9/ Hymne – Epilogue

Enregistrement les 30 & 31 octobre, 1 novembre 2007

 

Un chant résistant

Ce n’est pas parce que se multiplient maintenant les appels à la résistance (notamment par le rire, celui de Jean-Michel Ribes, de Topor) que Christophe Marguet cède à la tentation ou à la mode ou les deux à la fois ; en effet, le premier disque sous sa signature en 1996 s’intitulait déjà Résistance Poétique. Le quartet ainsi nommé ici présente neuf compositions du batteur-poète-leader réunis sous le titre itrane, soit « étoiles » en langue berbère, " en souvenir d’une nuit passée dans le désert où, quand la lumière du jour n’est plus, celle qui nous vient d’en haut est d’une beauté saisissante ", écrit C.M.
Autant je n’avais pas été particulièrement séduit par le précédent opus Ecarlate (un peu trop b(r)ouillonnant à mon goût), autant celui-ci me procure de l’enthousiasme par sa maîtrise, son énergie contenue, une sorte de paix, de sérénité, de communion et d’harmonie avec l’univers au travers des sons, des chants, des bruissements sonores, des histoires qui se livrent à leurs manières, des poésies sonores, des cœurs qui s’ouvrent… (toujours C.M.) en opposition à ses fureurs passées. C’est bien cela qu’on retrouve tout au long de ce disque par la musique, d’abord, ainsi que les titres des compositions (Extase Violette, Vers l’automne) ce qui me fait penser à l’œuvre du grand poète américain Walt Whitman, un résistant poétique lui aussi, à sa manière, " plus grande que les étoiles et les soleils, bondissante, ô mon âme, tu pousses plus loin avant ton voyage " (dans Les explorateurs).

Je m’en voudrais de pratiquer sur ce chant résistant quelque vaine autopsie musicale, simplement souligner la plénitude parfois traversée de convulsions des interventions de Sébastien Texier plus souvent au saxophone qu’à la clarinette, la fluidité quelquefois incantatoire de celles de Bruno Angelini, la solidité et la souplesse de la contrebasse de Mauro Gargano et la profusion délicate ou robuste de la batterie de Christophe Marguet.
Il me semble que ce disque est dans la même mouvance, la même veine poétique que ceux des deux Edouard, Ferlet avec L’écharpe d’Iris et Bineau avec L’obsessioniste (ce dernier avec Sébastien Texier).

Jacques Chesnel
(avril 2008)

Jacques Chesnel, membre démissionnaire de l'Académie du Jazz, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le jazz dont Le Jazz en quarantaine, 1940-1946 (Isoète) et Les Grands Créateurs de Jazz avec G.Arnaud (Bordas) ; il a été consultant et auteur pour l'Encyclopédie Encarta sur CD-Rom.
Peintre, il prépare une rétrospective de 50 années de peintures inspirées par le Jazz.
www.jazz-chesnel.com