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Une
couleur à part
Fathi, bouleversé
par la séparation de ses parents, a perdu sa «
couleur de famille », sa «couleur d’enfant
» ; il se cherche, ne se retrouve plus, et seule une
question le taraude à présent : « De quelle
couleur je suis ? » ; une question qu’il pose à
tous ceux qui l’entourent (au point d’exaspérer
sa mère) sans entendre de réponse satisfaisante, ni
dans la famille de son père, ni dans celle de sa mère,
ni à l’école… Noir, blanc, chocolat, couleur
de poussière ou couleur « de crotte »
(selon certains camarades de classe…) ? En tout cas, il sait
qu’il n’est pas couleur « lait tourné
», contrairement au nouvel amoureux de sa mère...
L’écriture
sobre et sereine de Catherine Leblanc retranscrit à merveille
cette quête identitaire et les tourments d’un petit
garçon attachant, déboussolé par des événements
sur lequel il n’a pas prise ; Ma couleur
explore avec finesse un drame intime que les enfants ont parfois
du mal à mettre en mots : comment accepter qu'un univers
confortable, construit autour d'un couple que l'on croit inséparable,
s'écroule ainsi ? Et dans ce cas, comment se positionner
face à cette cassure ? Mais c’est d’abord la
poésie des mots (et le symbolisme des couleurs – en
réalité très relatif… comme le montrent
les réponses des différents protagonistes) que l’on
retiendra, associée aux douces illustrations sépias
et pastels de Sophie Charpin, qui s’accordent aux sentiments
(et aux couleurs changeantes...) du jeune narrateur.
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Un
court roman où tout est parfaitement dosé –
un peu de mélancolie, du chagrin, quelques pointes
d’humour et de bonheur, de la musique et des clowneries,
et un dénouement où l’on découvre
un Fathi métamorphosé, joyeux et réconcilié
avec la vie, avec lui-même, avec le principe de réalité,
mais aussi avec sa double identité franco-malienne,
qui fait de lui un être unique parmi d’autres
êtres uniques.
Une ode à la différence, à la diversité,
qui développe habilement l’idée, en filigrane,
qu’il faut apprendre à se séparer (de
ses parents, de son enfance…) et à accepter les
séparations des autres pour, finalement, grandir… |
Blandine
Longre
(mai 2007)
Blandine
Longre, agrégée d’anglais, est
l’une des fondatrices de Sitartmag ; rédactrice en
chef depuis mai 1999, elle s’intéresse tout particulièrement
aux écritures contemporaines (francophone, anglophone, asiatique,
orientale etc.), à la littérature pour la jeunesse,
au théâtre (texte et représentation) et aux
relations qu’entretiennent fiction et réel.

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Actes Sud Junior 2007
http://www.balivernes.com
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