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La vénusté
des corps
Recueil de
5 nouvelles parues pour la plupart dans des revues littéraires,
Transfigurations lève le voile
sur les aspirations sacrées du corps, sa puissance d’impact,
son emprise sur l’esprit. Perçu comme blasphématoire
dans l’ancien temps et aujourd’hui traité comme
un véritable produit de consommation, le corps, objet de
peur et de fascination, est décortiqué ici dans un
parfait émerveillement comme un jouet mécanique d’un
autre temps dont on aurait perdu la clé. D’une strip-teaseuse
emplie d’une grâce morbide pour son dernier tour de
piste à la contemplation d’une croyante aux fronts
ruisselants de perles ensanglantées, en passant par les pulsions
meurtrières d’un homme envers l’amante endormie,
l’écriture ombrageuse et littéralement hypnotique
de Claude Louis-Combet caresse les feuillets blancs pour y déposer
une encre profonde et empirique. Soucieuse de l’épiderme
et de sa capacité à se séparer de l’esprit,
sa plume explore les différentes manifestations de la chair,
ses perceptions internes comme externes, plongeant ainsi dans l’indicible
langage du corps, menuet de soubassements tour à tour mesquin
et généreux.
J’ai
tout l’air de veiller mais je sais que tu me surveilles parce
que tu sais que je te surveille, et toi, tu as l’air de veiller
du fond de ta beauté naguère houleuse et maintenant
pétrifiée. J’entends que tu ne respires pas
et toi, tu portes toute ton attention sur ce qui fut bruyant et
s’est éteint. La chair est vigilante mais déserte.
Habitée de solitude en son fondement. Et hantée d’être
si désespérément seule et hors des mots. Le
mal de blancheur.
Si Claude Louis-Combet
révèle ô combien énergies irrationnelles
et pulsions dévastatrices poussent nos petits corps machines
dans leurs retranchements les plus mystérieux, anfractuosités
où les actes charrient le sublime, c’est qu’il
y a sans doute en l’auteur une envie vivace de réhabiliter
le corps comme vecteur de communication et de spiritualité.
L’analyse des mouvements de l’âme avec le corps,
Claude Louis Combet s’en fait le pugnace laborantin avec Le
Mal de Blancheur, dernière nouvelle flirtant avec les
clairs-obscurs du cinéma de Claire
Denis. Ouvrant sur l’univers de corps anguleux
et autonomes, en proie aux pulsions exacerbées par les petits
tourments du quotidien, ce texte affleure sur un monde fantastique
de toute beauté, comme suspendu au-dessus du vide, touchant
à l’intemporalité même. La sensitivité
des corps, mués par des désirs ardents et contradictoires,
l’auteur en dévoile l’infinie complexité
et invite le lecteur à sonder en lui-même. Transfigurations,
ou l’alchimie du corps et de l’esprit dans un décor
dont Claude Louis-Combet s’avère un parfait metteur
en scène.
Philippe
Beer-Gabel
(janvier 2003)

Les
éditions José Corti
http://jose-corti.fr/
http://www.remue.net/cont/louiscombet1deyrolle.html
http://perso.club-internet.fr/pretexte/revue/entretiens/entretiens_fr/entretiens
http://perso.club-internet.fr/pretexte/revue/bibliographie
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