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Fiction
explosive
Christophe Paviot
a ajusté son tir à la perfection et en 18 nouvelles,
il dynamite tabous et préjugés ; des récits
qui flirtent avec un gore décapant, de petites plongées
dans un univers inquiétant et paradoxalement très
familier et qui oscillent entre horreur et burlesque. Chacune de
ces nouvelles nous réserve une surprise explosive, à
tendance macabre : dans Nouvelle cargaison, le narrateur
est le seul rescapé d'une effroyable tempête qui s'est
abattue sur une plate-forme pétrolière ; on le croit
sauvé, mais le dénouement se fait glaçant...
dans Aïwa 280, où l'atmosphère est pesante,
c'est au tour d'un surfeur de livrer d'inquiétants souvenirs
; Jenny et Sarah raconte l'histoire malsaine mais cocasse
d'une étonnante prise d'otages, et la nouvelle 15, dont le
titre ne nous est donné qu'à la fin, est une brillante
démonstration de "science sans conscience", où
la déflagration finale marque l'anéantissement de
l'espèce humaine, ou presque...
Ainsi, l'auteur excelle véritablement dans la veine parodique,
mais l'horreur ne domine pas toujours ; l'hilarant Interview
en est un flagrant exemple : Tristan de la Boétie, journaliste,
s'entretient avec trois troubadours grunge, (ils ont révolutionné
le monde musical médiéval !) chantres de la provocation
gratuite qui brisent leur luth et leur lyre à chaque fin
de concert... Dans Tous les Geckos ne s'appellent pas Jimmy,
on retrouve un certain Paul Michael Glazer (qui ne se souvient pas
de l'inénarrable Starsky de la célèbre série
?), qui a basculé dans le crime... Dans 23327, c'est
une Catherine Deneuve calculatrice qui joue un rôle insoupçonnable
et l'on retrouve le fils de Brian Jones dans un mélo incestueux
(This is for Brian).
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Les
genres s'interpénètrent constamment, comme lorsque
Christophe Paviot reconstruit le monde à la façon
d'un auteur de science-fiction (dans Edgar a les dents
jaunes, une réflexion moralo-burlesque sur la mortalité)
; dans Je vais essayer d'écrire un truc sans parler
de cul, ou encore dans la nouvelle 15, il n'hésite
pas à forger un pot-pourri de situations, à
la limite de l'exercice de style.
On appréciera ces nouvelles car la provocation n'y
est jamais gratuite ; le style est parfait (certains passages
dégagent même une émouvante poésie)
et la peinture que l'écrivain fait de notre monde est
une vision intelligente et trempée d'humour noir, une
manière comme une autre de s'interroger sur les maux
et les
frasques de l'être humain et de rendre compte
de sa relative vacuité...
B.
Longre
(juin
2002)
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Le
Serpent à Plumes
http://www.serpentaplumes.com
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