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Le
Voyage de Chihiro est un manga dans la plus pure tradition,
avec son florilège de personnages étranges qui
avaient malheureusement disparu de cet univers depuis quelque
temps, et que l'on retrouve ici avec une joie non dissimulée.
Miyazaki, grand maître du genre, après le succès
d'estime et mérité de sa dernière oeuvre,
Princesse Mononoké, est de retour sur
les écrans avec l'histoire initiatique d'une petite
fille.
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Chihiro est
triste et morose, un bouquet d'adieu serré dans ses mains
jointes, offert par des amies. Assise à l'arrière
de la voiture de ses parents, elle est en partance pour une nouvelle
vie et un nouveau lieu. Mais une erreur d'itinéraire les
mènent vers une bâtisse rougeoyante qui terrorise Chihiro.
Malgré le refus de l'enfant d'y pénétrer, le
père et la mère s'engouffrent dans un long tunnel
sombre et venteux qui les mène à un paysage champêtre,
une sorte de parc d'attraction à l'abandon. La faim et l'odorat
du père les guident tous trois dans une rue atypique où
un festin les y attend. Mais le vide et l'étrangeté
des lieux inquiète toujours Chihiro, qui invective ses parents
afin qu'ils cessent de se bâfrer et qu'ils retournent sur
leurs pas. Trop tard : ces affamés sont devenus des porcs
et une nuit soudaine emprisonne la petite fille esseulée
dans un monde parallèle, inconnu et rempli d'ombres furtives
et fantomatiques. C'est le début d'un voyage étrange
et saugrenu pour Chihiro, qui n'en demandait pas tant.
Que dire de
plus de ce petit bijou que nous offre Miyazaki, si ce n'est que
tous les éléments indispensables à la bonne
tenue d'un manga sont présents ; une réussite du genre
bien loin, et on ne le répètera jamais assez, des
superproductions éculées de Disney. Même si
ce voyage est teinté de poésie, de tendresse, d'imaginaire,
et de surréalisme, le réalisateur n'en a pas moins
oublié l'histoire, épique, haletante, et des personnages
à dimension humaine. Ceci prouve encore qu'un film d'animation
peut être pourvu d'un scénario approfondi, abouti et
possédant différents niveaux de lecture, et peut être
vu par un large public. Le festival de Berlin ne s'y est d'ailleurs
pas trompé en le récompensant de l'Ours d'or. On amalgame
trop souvent animation et jeune spectateur, tout particulièrement
le genre manga qui, au début des années 80, a hérité
de ce phénomène français, à tort. Il
est donc temps, peut-être grâce à ce dernier
opus, de mettre Miyazaki et ses homologues au rang des grands maîtres
de l'animation tels que René Laloux et Paul Grimault, entre
autres...
A noter,
puisque que nous sommes sur l'Internet, un site officiel conçu
de manière très ludique et dont les créateurs
ont su réinterpréter l'univers enchanteur du Voyage
de Chihiro.
R.
Anglio
(avril 2002)

http://www.chihiro.msn.fr/
http://www.toho.co.jp/sentochihiro/welcome-j.html
http://www.nausicaa.net/miyazaki/miyazaki/
http://www.midnighteye.com/interviews/hayao_miyazaki.shtml
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