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Une
belle aventure, entre rêve et réalité
Ayoub, quinze
ans, est apprenti bijoutier chez maître Hosseini, qui tient
une échoppe dans un caravansérail où les nomades
vont et viennent, au fil des saisons. Le garçon, orphelin,
plutôt orgueilleux, aime à pavoiser devant ses camarades
plus jeunes, mais rêve aussi d’espaces lointains en
observant les voyageurs qui font halte dans ce lieu ; il attend
plus particulièrement une «fille aux yeux dorés»,
aperçue un an plus tôt, qui lui avait mystérieusement
annoncé : «Tu es comme moi, tu peux écouter
les voix de l’intérieur. Elles nous parlent de loin.»
avant de repartir avec son peuple. C'est en interrogeant maître
Hosseini que le garçon apprend que les nomades vivent comme
hors du temps et à l’écart, quand ils le peuvent,
des sombres réalités contemporaines qui frappent l’Afghanistan
depuis des décennies : ils « sont libres comme
l’air ; ils vont sans hâte, loin des villes et des guerres.
Ils forment les maillons d’une chaîne qui les unit à
tous leurs semblables du passé et de l’avenir. »
Quand Ayoub comprend que la caravane de celle qu’il attendait
campe cette année plus loin dans la vallée, il prend
la décision de s’enfuir pour la rejoindre ; une escapade
qui lui réserve de dangereuses découvertes, des rencontres
surprenantes et de bien curieuses aventures, entre mirage et réalité.
Le chemin qu’il doit suivre passe non loin de la «Cité
morte», des ruines hantées qui épouvantent
les voyageurs, mais pas les trois hommes, aventuriers sans scrupules
en quête d’un éphémère trésor,
qu’Ayoub va bientôt croiser et avec lesquels il va partager
nombre de péripéties, entre la vie et la mort.
Conte moderne
et fantastique, récit d’aventure, roman d’apprentissage
où s’entremêlent violence, religion, mythologie,
exotisme et romance, Sous les sables d’Afghanistan
est une histoire palpitante qui entraîne le lecteur dans univers
à la fois très actuel (à travers les descriptions
d’un pays dévasté par les guerres incessantes)
et onirique (quand on quitte le monde des vivants pour accéder
à un paradis artificiel, sorte de "jardin des délices"
parsemé de dangers surnaturels).
Le talent de l’auteur consiste ici à naviguer entre
les genres et le récit passe subtilement d’une atmosphère
à l’autre sans que le lecteur en prenne toujours conscience,
se laissant porter par l’aventure. Les évocations des
multiples univers parcourus sont particulièrement réussies
– de la description des nomades, en passant par celle des
dangers bien réels de la guerre (ou plutôt la guérilla
qui oppose Talibans et forces américaines) et par celle des
hallucinations collectives, merveilleuses ou terrifiantes, qui frappent
Ayoub et ses trois compagnons dans la cité souterraine.
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Jack
Chaboud, cofondateur en 1981 de l'ONG Afrane (Amitiés
franco-afghanes qui, après des interventions humanitaires,
se consacre à partir de 1996 au soutien de projets
éducatifs, souvent dans la clandestinité à
l'époque des Tâlebân - l'association participe
à présent à la reconstruction du système
éducatif afghan) connaît bien ce pays et est
sensible à son parcours douloureux ; mais il est aussi
écrivain et c'est par le biais de la littérature
qu'il fait découvrir avec habileté des pans
oubliés ou méconnus de légendes, de mythes
mais aussi de faits historiques récents, tout en mettant
en scène des personnages simples mais attachants.
B.
Longre
(décembre 2004) |
Blandine
Longre, agrégée d’anglais, est
l’une des fondatrices de Sitartmag ; rédactrice en
chef depuis mai 1999, elle s’intéresse tout particulièrement
aux écritures contemporaines (francophone, anglophone, asiatique,
orientale etc.), à la littérature pour la jeunesse,
au théâtre (texte et représentation) et aux
relations qu’entretiennent fiction et réel.

sur
l'Afghanistan, voir aussi
Destins de femmes, Filles
et femmes afghanes (Collection J'accuse ! Syros, 2003)
Tâleb de Sébastien
Ortiz (Gallimard, 2002)
Ici Kaboul de Julie Benoïc
(00h00.com, 2000)
Delbaran
(film d'Adolfazl Jalili, Iran 2001)
http://www.editions-du-jasmin.com/
http://perso.wanadoo.fr/editions-du-jasmin/aut_jch.htm
http://www.afrane.org/~afranead/
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