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Nicole Chaabi
plonge le lecteur dans une fabuleuse fontaine de jouvence aux vertus
rajeunissantes et purifiantes. Au fil du texte une conscience anonyme,
celle de la narratrice («La petite fille a disparu derrière
un nuage, je ne peux la rattraper. Elle était là derrière
les rides de la femme... »), d’une fleur, d’un
animal, retrouve les origines des sensations et des émotions.
Par le pouvoir mystérieux et fort des mots, elle fait renaître
le réel, dépouillé du voile des habitudes et
des préjugés. Le fonctionnel s’estompe au profit
de l’émotion, du Vrai. Le plus ténu des éléments
du réel reconquiert sa beauté et sa force, et la vie
son sens : « Pourquoi ne pas trouver la beauté
dans cette vie quotidienne où chaque jour le soleil se lève,
joue à cache-cache avec les maisons puis disparaît
derrière la chaîne de montagnes en lançant ses
derniers éclairs de chaleur et de lumière dans un
chatoiement de couleurs orangé jaune ». Les mots
emportent le lecteur vers des ailleurs multiples mais aussi au coeur
de son intériorité dans une quête d’absolu
et d’harmonie avec le monde environnant. Le mot saisit le
fugace, l’arrache à l’éphémère
et le fige dans la pérennité et la poésie :
« Tous ces mots inconnus, toutes ces paroles silencieuses,
toutes ces absences douloureuses, toutes ces failles fécondes,
tous ces émotions inoubliables, tous ces rêves insensés,
tout cela doit se rassembler pour faire la rivière argentée
: la rivière poissonneuses pleine de soleil qui brille dans
le lointain.... ».
Dans sa quête,
la narratrice retrouve l’homme vrai, celui des origines opposé
à l’homme civilisé mais faux et vain : «
L’homme civilisé a mis l’avoir avant toute chose,
il entasse, il engrange et il meurt désespéré
sans avoir su méditer ». Le rêve est accessible
à chacun d’entre nous malgré les noirceurs de
la vie que Nicole Chaabi ne tait nullement : « La nuit
est en nous, la nuit du désespoir ; celle des enfants et
des femmes battus, violés, tués ; celle des hommes
privés de liberté, torturés, assassinés
: celle des armées en guerre et des pays avides de puissance
: celle des fanatiques qui se font exploser avec leurs victimes...
»
Ce livre sans
histoire, au sens propre comme au sens figuré, cette mignardise
philosophico-poétique, est un chant inspirant tout à
la fois le rêve et la réflexion, un guide pour apprécier
les moindres instants de la vie.
Annie
Forest-Abou Mansour
(décembre 2005)

Chez
le même éditeur
Bimba la star, Edith Volpelière,
2004
Anna
ou la première oeuvre,
Martine Magris, 2003
Les genêts sont en fleurs,
Idir Tas, 2003
Acacia thorn in my heart,
Neela Govender, 2001
Gaspard
Nocturne
Place puits du cheval
4, rue Pêcherie
26100 Romans
Tél. 04.75.72.21.36
gaspardnocturne@wanadoo.fr
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