Le Cercle
d'Or
T1 L'empreinte de la Mandragore
T2
L'arcane des justes
T3
: Le baiser de paix
Un fort
bel ouvrage, Monseigneur...
Après
la première guerre mondiale (L'horizon
bleu, paru cette année), Dorothée Piatek
et Yann Hamonic s'attaquent au moyen-âge, une nouvelle collaboration
réussie.
Avant d'être un vrai roman d'aventures médiévales
et une reconstitution historique parfaitement documentée
(le glossaire en fin d'ouvrage, bien adapté au lectorat,
propose des définitions simples mais éclairantes),
Le Cercle d'Or est un bel objet : un
format atypique (entre poche et beau livre), une couverture dont
les tons rappellent le vieux cuir, une typographie soignée,
des enluminures et dix illustrations signées Yann Hamonic,
sous forme de vitraux superposés et colorés. Chacune
de ces belles illustrations reflète de façon détaillée
le contenu du chapitre qu'elle accompagne, complétant ainsi
l'atmosphère moyenâgeuse du récit, cruelle,
chaotique, ou bien parfois paisible et contemplative.
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L'histoire
débute en l'an 1425, une période trouble où
deux mondes se côtoient, qui vont peu à peu se
rencontrer : l'un brutal, celui de Walter de Montrouge, qui
a juré de venger la mort de son père, assassiné
par Christofle le Teigneux ; l'autre empreint de sérénité,
de compassion et de joies simples, celui d'un homme d'église,
un sage parmi les brutes : "L'abbé Florant le
Bon était la bonne conscience du seigneur Walter. En
contrepartie des orgies et des guerres sanglantes auxquelles
il se livrait, Walter exigeait de l'abbé qu'il offrit
la charité aux voyageurs passant par Lisley Bataille"
(son fief). C'est ainsi que le seigneur le charge de recueillir
et d'élever une petite fille trouvée sur un chemin.
L'abbé la nomme Ameline, l'éduque, lui apprend
à lire et écrire (un privilège) et la chérit
comme sa propre fille, pensant qu'elle pourra faire une bonne
religieuse. Nous retrouvons Ameline quelques années plus
tard, en 1436, puis en 1439, alors que Christofle le teigneux
s'apprête à se venger à son tour de Walter
Montrouge... |
La vie paisible
de la jeune fille, rythmée par ses lectures et les leçons
de l'abbé, bascule quand elle fait véritablement connaissance
avec son terrible et fourbe seigneur et qu'elle doit affronter son
caractère violent et sans pitié, malgré elle,
et pour son plus grand malheur ; l'on peut dire que le dénouement
du premier pan de cette trilogie est bien sombre et pessimiste.
Le tome un s'achève
vite, trop vite au goût du lecteur, qui sait gré à
l'auteure d'avoir si bien décrit ces temps troublés,
à travers quelques personnages et événements,
d'avoir su évoquer la vie quotidienne dans un château
ou du moins ce que l'on en imagine (les repas, les préparatifs
de banquets, les soins apportés aux malades - l'abbé
est aussi botaniste - etc.), et enfin d'avoir su raconter avec autant
de précisions les batailles et les cruautés barbares
de l'époque ; certains des personnages restent cependant
encore au stade de l'ébauche, mais la parution du tome deux,
prévue pour octobre 2003, pourra sans nul doute satisfaire
l'impatience du lecteur.
Blandine
Longre
(juillet 2003)

Tome
2 L'arcane des justes (octobre
2003)
Dans
ce deuxième tome tant attendu, l’on quitte l’enceinte
devenue étouffante du château de Lisley Bataille (repère
du terrible Walter de Montrouge), pour celle de Laventière,
la "grande" ville : c’est là que l’on
retrouve Ameline, partie à la recherche de son père
adoptif, l’abbé Florant le Bon, tandis que grandit
en elle un enfant – elle l’aime déjà,
même s’il n’est pas le fruit de l’amour.
Quand naît le petit Ernaut, la situation d’Ameline s’est
stabilisée : elle a retrouvé l’abbé –
qui s’éteint lentement dans un hôpital –
et un jeune chevalier, Hubert, l’a prise sous son aile, lui
offrant l’affection et le foyer dont elle a besoin pour élever
son enfant.
Mais cette aventure médiévale ne peut s’arrêter
là et on s’éloigne peu à peu d’Ameline
pour mieux suivre le parcours de son fils Ernaut, qui rêve
de devenir chevalier ; le garçon se retrouve en apprentissage
au Fort Noir, où sévit l’intendant de Walter
de Montrouge, Bernart le Gros. L’entraînement y est
rude mais le jeune garçon se distingue par son habileté
et son courage et bientôt, en 1455, il devient l’écuyer
d’Estienne le hardi, un chevalier « patient, persévérant,
avec une excellente culture. »
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Cependant,
dans la campagne, la colère gronde et les paysans souffrent
de la faim ; une révolte semble se préparer
contre le seigneur – qui refuse de baisser les impôts.
Ernaut supporte mal la détresse du peuple, une misère
qui emplit aussi les ruelles de Laventière : l’abondance
qui y régnait (le début du Tome 2 fourmille
de passionnants détails sur la vie quotidienne, les
marchés et l’animation des rues) et les escarcelles
sont vides.
L’intrigue
se complexifie et l’auteure, dans le même temps,
parvient à mettre en scène une époque
où se côtoient barbarie et sagesse, cruauté
et idéal, tout en ménageant habilement la sensibilité
du jeune lecteur. Encore une fois, on quitte les protagonistes
sur un point d’interrogation et on attendra patiemment
le dénouement de cette belle fresque médiévale
parsemée d’enluminures et d’illustrations-vitraux
colorés : un récit qui regorge de rebondissements
et qui, comme le premier tome, est toujours parfaitement documenté.
Blandine
Longre
(octobre 2003)

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Lire
le dossier proposé par Pascale Arguedas
http://www.petitapetit.fr/
des
mêmes auteurs : L'horizon bleu
(Petit à petit, 2003)
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