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Sur
la route encore (On the road again)...
Réjouissons-nous
: trente ans après, Le Plein de super
ressort sur nos écrans. Voilà une bonne poilade cinéphile
en perspective ! Ce road-movie franchouillard et post-soixante-huitard
n’a pas pris une ride, il s’est même bonifié
avec l’âge... Ces pattes d’ef, ces rouflaquettes
nous rappellent sans doute d’autres temps, d’autres
mœurs... mais les gags sont toujours là, efficaces,
et les comédiens, impeccables, inspirés, livrent des
blagues de potache souvent aussi lourdes qu’éternelles.
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Sous
peine de perdre son boulot de petit vendeur de voitures, Klouk
(Bernard Crombey), monsieur pas-de-bol, doit annuler un week-end
avec sa belle femme pour conduire un gros break américain
de Lille jusqu’à son riche propriétaire
à Cannes ; il entraîne avec lui son ami Philippe
(Xavier Saint-Macary), infirmier soigneux et chanteur au Conservateur.
À Paris, ils sont rejoints par Charles (Étienne
Chicot), déconneur arrogant, et Daniel (Patrick Bouchitey),
gentil paumé, qui s’invitent dans la bagnole.
Arrosée de vinasse, saupoudrée de haschich,
leur traversée de la France sera l’occasion de
discussions détonantes, de sacrées embrouilles,
de rires déments, et de nombreuses scènes d’anthologie
: la messe à Milly-Lamartine, le pique-nique, le p’tit
déj... |
Sans parler
des histoires de femmes - pas toujours drôles, en fait. “Cela
dit," comme le disait à l’époque le
réalisateur Alain Cavalier, "Le Plein de Super est
l’histoire de la naissance d’une amitié entre
quatre hommes de vingt-cinq ans”.
“On
écrit quoi ? - Oh, ta gueule, on verra bien” (Étienne
Chicot)
Le film respire
la liberté, l’insouciance, et fleure bon le vécu
d’une bande de potes en vadrouille. Alain Cavalier raconte
aussi le tournage : sept semaines, 6 000 bornes à six dans
la caisse, sans maquillage, sans projecteurs, sans pensées
mercantiles... “Un atelier où tout le monde avance
ses idées dans un désordre réel, où
chacun à chaque instant peut remettre l’autre en question
sans la moindre gêne, où les images que nous fabriquons
sont les nôtres”. Cavalier fait alors ses premiers
pas vers un cinéma réel, toujours plus réaliste,
où le vécu des comédiens importe bien plus
que le script.
Si ces quatre jeunes hommes fringants et décomplexés
(Chicot, Bouchitey, Crombey et Saint-Macary) ont fait ensuite la
carrière que l’on sait, on a tout intérêt
à redécouvrir cette perle, certes un peu grasse, ce
Plein de Super qui les a lancés
avec fracas, au moins sur les aires d’autoroute du succès
(“oh, t’es con !”)
Nicolas
Cavaillès
(juin 2004)
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