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En
quête d'identité
Nicolas est
aussi Huy, un enfant d’origine vietnamienne, adopté
par des parents français. Le 2 février est le jour
où il consigne dans son journal la lettre qu’il envoie
à sœur Parfum, à l’orphelinat de Hoi An,
afin d’avoir des détails sur sa naissance. Puis vient
le temps de l’attente.
Une palette aux teintes douces et chaleureuses accompagne ce texte
délicat. Cécile Gambini utilise des collages et des
dessins inspirés de l’Asie, motifs fleuris, scènes
locales, paysages rêveurs comme la baie d’Along…
évoquant toujours un sentiment de paix et de tranquillité,
à l’image du petit garçon. Le parti pris des
images vietnamiennes accentue la quête de l’enfant,
il ne cherche pas ce qu’il a ici, mais ce qui lui manque là-bas.
Ce qu’il imagine.
Nicolas confie à son ami Antoine les mille questions qui
le hantent : « Elle, la première, pourquoi m’a-t-elle
abandonné ? est-ce que je suis encore Vietnamien ? ».
Le 3 avril, jour de son adoption, une jeune vietnamienne de Hoi
An arrive au collège, un bienheureux hasard… Elle va
faire connaître au jeune garçon la culture de son pays.
Enfin, le 1er septembre, après tant de patience, une réponse
de l’autre bout du monde, et un numéro de téléphone…
Nicolas apprendra qu’il est un enfant trouvé ; «
Tu vois, m’a dit maman, ta mère vietnamienne a
fait ce qu’elle a pu pour toi avant de te quitter : elle t’a
nourri et soigné, et je suis sûre qu’elle t’a
donné tout l’amour dont elle était capable.
Tu étais un beau bébé… Si elle avait
pu faire autrement, elle aurait certainement préféré
te garder ».
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Ce
livre tendre pose les vraies questions de l’abandon
et de l’adoption. Le choix du texte à la première
personne permet de découvrir le ressenti de l’enfant
et donne une grande force à l’ouvrage. Avançant
au rythme de ses confessions, dans le questionnement, le chaos,
l’attente. Grâce à l’amour et la
force de sa famille adoptive, Nicolas-Huy peut se poser les
bonnes questions et accepter qu’il est aimé.
Ce voyage initiatique dans son pays imaginaire, celui qu’il
s’est construit à force de détails, est
celui qui lui appartient. Pour apprivoiser cet autre monde,
faire entrer en lui ce pays et cette culture qui constituent
sa véritable identité. Car telle est la quête
de ce journal : partir en quête de soi et retrouver
une identité.
Tout le chemin parcouru pour aimer cette mère qui l’a
aussi abandonné parce qu’elle l’aimait
et accepter enfin : « je ne lui en veux plus maintenant
». Pour être en paix avec lui-même. |
Un livre qui
accompagne une recherche identitaire que chaque enfant adopté
traverse à un moment de son existence. Un ouvrage qui répond
autant qu’il interroge. Un très beau texte qui ne tombe
pas dans l’écueil de la confession larmoyante.
Cendrine
Genin
(mars 2006)
Cendrine
Genin,
après des études de philosophie et de lettres, a suivi
une formation de libraire ; une passion totale pour la littérature
jeunesse ainsi que pour la danse l’ont incitée à
collaborer à Sitartmag, depuis 2000 ; l'écriture est
son autre domaine de prédilection et elle compte pouvoir
prochainement faire partager son univers à de jeunes lecteurs.

de
Marie Sellier
Arts
primitifs entrée libre
Nathan, 2005
L’histoire
sans fin des Mafous et des Ratafous
(ill. Diagne Chanel) Paris Musées, 2005
La peinture entrée libre
Nathan, 2004
de
Cécile Gambini
Bob
Robinson
Seuil jeunesse, 2005
Le petit chaperon rouge d’après
Charles Perrault
Nathan, 2005
http://www.nathan.fr
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