Capucine Ollivier
Il y aura un soir…
(APPDM / Label Durance)

 

 

Capucine Ollivier (chant), Larry Schneider (saxophones), Alain Soler (guitares, arrangement cordes), Alain Antoni et Franck Marco (batterie), André Jaume (clarinette), Lionel d’Haueens (basse), Sébastien Lalisse (piano), Quatuor Kataklop (Sarah Friedmann, violon, Pascale Guérin, alto, Nathalie Makieeff, violoncelle, Nadine Amrani, contrebasse). Enregistrement en février 2005.

1/ Il y aura un soir… 2/ Ombre et lumière 3/ Lina 4/ Casablanca 5/ Trahison 6/ Age d’or 7/ Demain 8/ Rain or shine

 

D’abord, une voix d’une souriante et rayonnante fraîcheur, ce qui tranche plus qu’agréablement avec ces chanteurs à l’égo surdimensionné ou chanteuses si effrontées, vocalistes dits « de jazz » sans saveurs particulières produit(e)s à la va comme j’te pousse par quelques producteurs en mal de nouveautés à tout prix (je ne cite personne ce serait leur faire, horreur, trop d’honneur)… La seule à qui l'on pourrait la comparer (si on doit absolument le faire) est Stacey Kent, ce qui au cours de mes écoutes maintes fois répétées et reportées sur le clavier de mon ordi est plus qu’un compliment.

Bien sûr que le fait de chanter en français évoque un rapprochement avec Elisabeth Caumont, sujette à trop d’éclipses, hélas, mais cela ne doit pas obérer l’originalité de Capucine compositrice (sur des textes, des poèmes de Michel Ivinio) et chanteuse s’affranchissant d’une certaine tradition jazzistique… Tout en s’inspirant de l’un des plus grands interprètes dans le traitement du phrasé, Chet Baker, et pratiquant notamment un scat subtilement discret, d’une timidité touchante, toujours parfait de justesse.

Nous sommes en présence ici d’un groupe homogène (et non d’une chanteuse accompagnée), la qualité de ses partenaires connus ou moins connus est remarquable : les obligatos de Larry Schneider aux saxophones, les interventions d’André Jaume à la clarinette (sur 2 et 6), la fluidissime guitare d’Alain Soler qui s’envole dans des impros où le virtuel est aussi important que les notes réelles, ainsi que l’écrit Michel Delorme avec la pertinence qu’on lui connaît, la section rythmique, le quatuor à cordes, tout l’ensemble… Seul petit bémol, la plage 8 qui se démarque trop des titres précédents…

Jacques Chesnel
(février 2006)

Jacques Chesnel est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de "Le Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les Grands Créateurs de Jazz" avec Gérald Arnaud (Bordas) ; auteur et consultant "jazz" pour l'Encyclopédie Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille depuis plus de trente ans sur les rapports entre jazz et peinture.
(www.jazz-chesnel.com).

 

Souhaitons que ce disque ne reste pas confidentiel et qu’il trouve rapidement un distributeur; sinon le commander à : ami-ecs@ami-ecs.com