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Diamant noir
Publié
chez Corti, et Prix Méditerranée en 1993, Campo
morto est un sombre bijou, très noir, qui méritait
de revenir à la visibilité. Cette réédition
dans la collection « moderne » de Corti, non pas vraiment
« poche », malgré son relatif petit prix, mais
comme son nom l’indique, massicotée, est la bienvenue.
On pourrait dire que c’est un excellent roman policier, magnifiquement
écrit, très sombre et très obscur. Le narrateur
est emprisonné, on ne sait pourquoi. Il a feint la folie
pour échapper à des conditions d’enfermement
trop dures. Il sort de sa prison, retrouve son palais vénitien,
ses collections, tout cela grâce à des « amis
» mystérieux qui attendent quelque chose de lui, il
feint de ne savoir quoi. Il sait qu’il est pris au piège,
quoi qu’il fasse, et tente pourtant d construire une stratégie
– qui échappera toujours au lecteur.
On découvre très progressivement le tableau : mafia,
trafics de drogues et d’objets d’art, meurtres peut-être,
puis sûrement. Ami(e)s, commerçants, serviteurs, gondoliers,
hommes en vue, policiers, on ne sait jamais qui sert qui. Le cadre
de cette histoire est une Venise hivernale glaçante, sombre,
visqueuse et repoussante. La fin est atroce, mettant en scène
trahisons, massacres et souffrances.
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Mais
on pourrait tout aussi bien dire que c’est un roman
de la folie (La folie, titre d’un
autre livre de l’auteur, par ailleurs psychiatre, chez
Bouquins). La paranoïa structure la réflexion
du narrateur comme l’action et le lecteur finit par
lui-même par ne pas savoir à qui se fier. Il
est pris dans un réseau très serré d’indices
qui ne mènent nulle part et parcourt avec le personnage
un univers très angoissant – et pour cela magnifique.
La tension est extrême et progresse pourtant tout au
long du texte pour finir avec une magnifique explosion de
noirceur. |
Anne-Marie
Mercier-Faivre
(juillet 2007)
Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

http://www.jose-corti.fr/
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