|
Un simple prénom… ?
Un prénom
est-il un mot comme les autres ? Non, bien sûr, et cet ouvrage
entend le démontrer en déclinant toutes les significations
visibles ou secrètes, fugaces ou indélébiles,
qu’un simple prénom (celui de Camille, qui représente
avant tout une petite fille) est capable de renfermer… Car
un prénom n’est pas qu’un assemblage arbitraire
de signes ou de sonorités et contient tout ce qu’un
être peut incarner, pour lui-même ou aux yeux d’autrui.
D’abord fœtus dans le ventre maternel (« c’est
ce prénom qui résonnait autour du ventre de sa maman
»), puis petite fille, Camille joue avec ses amis, explore
le monde environnant (la nature, de préférence ),
puis découvre les lettres de son prénom et prend conscience
que les autres (sa grand-mère, sa maîtresse ou ses
amis), même s'ils l'appellent par son prénom, ont une
façon différente de l'appeler… et qu’il
faut parfois apprendre à le partager (avec un petit garçon
qui lui aussi s’appelle Camille), tout en se l’appropriant
afin de pouvoir s’y identifier pleinement…
Le texte, volontairement
très simple d’accès, parle d’emblée
aux enfants, mais aussi à chacun de nous (puisque nous avons
tous été nommé à la naissance), et vogue
sur les photographies floutées de Juliette Armagnac qui intègrent
le prénom de Camille de manière éphémère
ou plus durable – prénom brodé, gravé
dans le bois, crayonné sur un mur, écrit en gouttes
d’eau, tracé dans la buée, composé de
perles, ou bien néon de lumière...
 |
Mais
derrière la limpidité de l’album, se dessinent
des questions qui creusent la notion d’identité
(même si le prénom n’est que le support
de cette identité) et bien sûr, l’envie
de grandir, le désir de continuer d’explorer
le monde environnant, de s’approprier l’espace
et de marquer son territoire (en y inscrivant son prénom,
par exemple, comme sur la photo où apparaissent deux
pieds fermement rivés sur le sol moussu de la forêt),
de laisser une trace et de se différencier des autres,
d'apprendre à apprivoiser son prénom, à
l'aimer et à s'aimer à travers lui. Ici, la
photographie ne se contente pas de reproduire le réel,
mais nous le livre de manière parcellaire, pour en
donner une vision neuve qui oblige à regarder le monde
autrement – avec les yeux d’une petite fille aventurière... |
Blandine
Longre
(juillet 2007)
Blandine
Longre, agrégée d’anglais,
est l’une des fondatrices de Sitartmag ; traductrice et
critique littéraire, elle s’intéresse tout
particulièrement aux écritures contemporaines
(francophone, anglophone, asiatique, orientale etc.), à
la littérature pour la jeunesse, au théâtre
(texte et représentation) et aux relations qu’entretiennent
fiction et réel.

http://ousontlesenfants.hautetfort.com
Editions
Où sont les enfants ?
Derrière la rue
46240 Vaillac
osle@wanadoo.fr
|