Chasse
à l’enfant
Le fils de
l’ogre Morillon s’est enfui. Poursuivi, il rencontre
le cortège qui transporte Mélusine, la fille de
la sorcière, vers le bûcher. Il l’aide à
s’échapper et tous deux s’envolent, loin de
leurs poursuivants. Et ils vécurent heureux et eurent un
certain nombre d’enfants. « Seront-ils ogres ou
sorcières ? – Paraît que c’est pas héréditaire
».
Le texte s’articule autour des images étranges et
magnifiques de Simon Hureau, en noir et blanc. Les doubles pages
de cet album au format à l’italienne présentent
des scènes sans texte en ombres chinoises, très
proches de l’esthétique des papiers découpés
du XIXe siècle. On y voit se déployer tantôt
les étonnants paysages traversés par l’enfant,
arbres, oiseaux, papillons, mousses et racines, tantôt le
cortège des poursuivants ou des ravisseurs. Ceux-ci forment
une foule improbable mi-carnaval mi-fantasmagorie médiévale,
où chaque détail (et ceux-ci sont innombrables)
mérite l’attention.
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Le
texte s’inscrit sur des doubles pages qui alternent
avec celles des images, mais qui sont en moins grand nombre,
ce qui laisse le temps de s’imprégner de l’atmosphère
de chaque étape. Ces pages de textes sont conçues
selon la même esthétique que celles des images,
mais le noir y domine et le vert remplace le blanc dans
des fenêtres ouvertes sur cette nuit d’encre,
fenêtres dans lesquelles s’inscrit le texte.
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Rimé
avec grâce, conté avec humour et ménageant
le suspens, le texte est charmant, rapide. Il fait alterner les
voix, en variant la typographie et la mise en page.
L’univers des contes et des mythes est ici revisité
de très belle façon, rêveuse, poétique
et imaginée (dans tous les sens du terme).
Anne-Marie
Mercier-Faivre
(novembre 2007)
Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

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