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A
l'écoute du premier morceau, on se dit, il l'a fait ! Buddy
Guy a fait quoi ? Un grand album de blues comme tous ses admirateurs
de la première heure n'osaient plus l'espérer… Premier
morceau, la reprise de Done got old (Junior Kimbrough), guitare
acoustique, voix à fleur de peau, frêle, en demi-teinte,
frisson garanti… Du grand Buddy Guy, génial, sans esbroufe,
à mille lieues de ses excès rockisants. La suite de
ce nouveau CD s'avère au plus au point excitante d'autant
plus que la moitié des morceaux sont des reprises du défunt
chanteur / guitariste Junior Kimbrough, une grande figure
du Delta blues moderne et Buddy Guy dit avoir été
totalement subjugué à l'écoute de ses disques ;
alors, un album hommage à ce musicien, créateur au
même titre que RL Burnside d'une sorte de delta bluesfunk,
pourquoi pas ?
Mais, car il y a un mais, dès le deuxième morceau
c'est la chute libre, nos illusions s'envolent, oh ! misère
c'est le grand bond en arrière : rien à dire du groupe
qui l'accompagne, pour la plupart des musiciens du Mississippi aguerris
( l'ex-batteur de T. Model Ford Spam, le bassiste Dave Faragher,
le guitariste Jimbo Mathus et sur quelques titres le légendaire
batteur Sam Carr). Mais c'est Buddy Guy lui-même qui est à
mettre en cause et en particulier son jeu de guitare saturé,
lourdaud, complètement inadapté à ce delta
blues moderne ; là où les solos de Junior Kimbrough
étaient économes, d'une expressivité rare,
ceux de Buddy Guy sont sans intérêt, bavards et hors
sujet. On sent bien l'influence de Junior Kimbrough ici et là
mais tout est tellement robotisé, carré, calculé
que le feeling n'est plus de la partie ; hommage à Junior
Kimbrough ? Ce dernier doit se retourner dans sa tombe et se boucher
les oreilles tant cet album sent le réchauffé, et
même la reprise de Stay all night s'écoute avec
dégoût quand on connaît la version originale.
Hormis ce premier morceau d'anthologie, seul l'emballant Who's
been foolin' you, où l'on retrouve un Buddy Guy à
son avantage grâce à un solo de guitare lumineux et
limpide et l'ultime titre, à l'atmosphère orageux,
It's a jungle out there (Buddy Guy) sauvent les meubles d'un
album à vite oublier (on commence à en avoir l'habitude
avec ce bluesman). Hé Buddy, tu pourrais te forcer un jour,
et nous offrir un véritable album de blues, juste comme ça,
pour le fun, aller soit sympa…
Régis

http://www.buddyguys.com/
http://www.geocities.com/BourbonStreet/7338/
http://www.vanguardrecords.com/guy/
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