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Et
le théâtre fut !
Après
Les Castellucci, Bruno Tackels continue
sa série sur les « écrivains de plateau ».
Dans ce deuxième opus, il brosse « une esquisse
improbable » du théâtre du Radeau avec François
Tanguy en figure de proue : « (…) quelques repères
qui résonnent comme des prolégomènes. Puis
des impressions rétiniennes, traces d’un regard posé
sur leurs pièces, depuis Choral (1994), jusqu’à
Coda (2005). »
Créé
au Mans voilà plus de quinze ans dans une usine désaffectée,
le travail du Radeau «s’appuie sur le théâtre
et son histoire, pour le mettre en crise et capter celle de notre
histoire». C’est un théâtre qui questionne
— « Rejouer le drame de la philosophie. A savoir
son incapacité fondatrice à régler la question
de la vérité. » —, investi dans son
époque : d’aucuns se souviennent de la grève
de la faim menée, notamment, par Ariane Mnouchkine, François
Tanguy et Olivier Py à la Cartoucherie de Paris, au moment
de l’annonce du génocide de Srebrenica en 1995. Car
les chefs de file du théâtre du Radeau croient à
l’ «action immédiate » de l’art
sur la politique, envers et contre tous. Comment ?
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En
témoignant, en disant la guerre et la violence sur
une scène transformée en site archéologique
«ouvrant quelques strates d’un monde dont
nous n’avons pas même le souvenir».
Et pour ce faire, avant les mots, il y a le son, la lumière,
les mouvements avec, au centre, le comédien : son corps
« qui exprime autant qu’il fait obstacle »
et son travail qui « ne consiste plus à rendre
lisible, mais visible (…) nous incitant à lire
dans ses yeux, son visage, son âme pour atteindre ce
qu’il pense, ce qui se pense à travers lui. ».
Ce qui rapproche finalement François Tanguy du chorégraphe
plus que du metteur en scène. D’ailleurs, depuis
dix ans, sillonnant l’Europe en tentes et caravanes
— « des lieux en mouvement » —,
la compagnie du Radeau s’ouvre aux autres arts : musique,
cirque, cinéma, et particulièrement à
la danse avec des artistes, tels que François Verret,
Mathilde Monnier, Maguy Marin, eux-mêmes attirés
par le théâtre. |
Un théâtre
vivant, « une expérience sans cesse en train de
se faire, de se vivre en compagnie» selon les propres
mots de François Tanguy notés au vol par Bruno Tackels
entre deux répétitions, réflexions précieuses
d’un homme qui se bat contre le théâtre spectacle
et son «répertoire-mausolée »
!
Maïa
Brami
(avril 2006)
Née
en 1976, Maïa Brami
est écrivain — pour petits, moyens et grands! —
et journaliste. En parallèle aux ateliers d'écriture
dans les écoles et lycées, elle anime une chronique
hebdomadaire sur la littérature Jeunesse dans l'émission
Au fil des pages, diffusée sur les ondes de RCF.
Après un premier roman, Vis ta vie Nina (Grasset
Jeunesse, Prix Chronos 2002) elle a reçu en juin 2005 le
Prix Matti Chiva de l'Institut Danone pour un album, Goûte
au moins! (éditions Circonflexe).
Derniers titres paru : Mon arbre ami illustré par
Ingrid Monchy (Les albums Duculot, Casterman, 2005) et un roman,
Norma (Folies d'Encre, 2006)

du
même auteur
Fragments d'un théâtre
amoureux - Les solitaires intempestifs, 2001
http://www.solitairesintempestifs.com/
http://www.theatre-contemporain.net/cv/tackels/tackels.htm
Le
Théâtre du Radeau
2, rue de la Fonderie - 72 000 Le Mans
02 43 24 93 60
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