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Traduction
: Bernard Chartreux, Eberhard Spreng et Jean-Pierre Vincent
Dramaturgie : Irène Bonnaud
Collaboration artistique : Bertrand Saugier
Scénographie : Jean-Philippe Murgue
Costumes : Cathy Ray
Lumières : Hubert Arnaud
Musique : Daniel Brothier
Son : Emmanuel Sauldubois
Avec
Stéphane Bernard, Yves Bressiant, Claire Cathy,
Gilles Chabrier, Anne Ferret, Jean-Claude Martin, Anne Raymond
Production : Compagnie Scènes / Théâtre
de La Croix-Rousse
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Galy
Gay ne savait pas dire non. Parti acheter du poisson, il finit
mercenaire. Voici la comédie d’un homme qui accepte
de renoncer à lui-même pour survivre dans un
combat collectif. Avec Homme pour homme,
Brecht voulait écrire une pièce légère
qui fasse recette... En voici la lecture contemporaine de
Philippe Vincent : une comédie engagée
dans le monde d’aujourd’hui !
Théâtre
de la Croix Rousse
Lyon 4°
renseignements et location
04 72 07 49 49
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Homme
pour homme
La 1ère
version de Mann ist Mann a été
écrite en 1926, période pendant laquelle le parti
hitlérien est en pleine ascension, dans une Allemagne humiliée
par le traité de Versailles. C’est l’histoire
d’un homme simple, Galy Gay, qui, simplement parti acheter
un poisson, rencontre un peloton de trois militaires, à la
recherche d’un quatrième soldat. Galy Gay, homme transformable
et malléable à souhait, se laisse enrôler, prenant
le nom de celui qu’il remplace, et allant même jusqu’à
oublier l’existence de sa propre femme. Galy Gay, comme ces
anti-héros des contes philosophiques et satiriques du XVIIIème
siècle, nous entraîne dans un pays de fantaisie, où
se joue le sort du monde et de l'homme du XXème siècle,
pris entre l'anonymat des foules et l'individualisme, sur fond de
conflit armé.
Cette œuvre
fait partie des « pièces didactiques » de Brecht,
et a donc pour finalité de délivrer un enseignement.
Le théâtre didactique de Brecht appartient au genre
révolutionnaire fondé sur la volonté de plaire
et d’instruire de la tradition classique, mais reflète
aussi un nouveau type de personnage, et une forme dramatique originale.
Cicéron se demandait si l’union du plaisir et du savoir
est toujours harmonieuse… Complexité inhérente
au genre, que Philippe Vincent a eu, semble-t-il, quelque peine
à surmonter ! Il n’a, en effet, pas suffisamment rendu
accessibles les propos de Brecht. Sa mise en scène n’est
pas didactique : elle perd le spectateur plus qu’elle ne lui
révèle les vérités brechtiennes. Rien
ne semble fait pour éveiller la sensibilité du spectateur
aux propos de la pièce et à son humour, alors que
c’est initialement une comédie. Le ton monocorde des
comédiens masculins, qui nous berce plus qu’autre chose,
la scénographie extrêmement moderne et épurée,
avec pour tout décor quatre lampes rouges et une dizaine
de chaises de même couleur, une bande-son quasi inexistante
(bruit de talons, de grattement de barbe…) renvoient une impression
générale de froideur, fraîchement accueillie
par le public (applaudissements peu convaincus). Pourtant, Philippe
Vincent cherche à immerger le public à l’intérieur
même de sa fabrication théâtrale : les comédiens
sont toujours tournés vers la salle, de plus, quand ils sortent
de scène, c’est pour se retrouver dans les gradins,
avec les spectateurs : leur voix proviennent du public… de
là à penser que c’est lui qui s’exprime
!
Le metteur en
scène, qui signait habituellement son travail par une utilisation
massive d’écrans, et mêlait allègrement
le 7ème art au théâtre, a pris ici le parti
du dépouillement : « Tous les comédiens
jouent face au public, avec trois fois rien comme décor »,
dit-il. La scène finale reprend tout de même son matériau
favori : un mur descend sur scène, contre lequel des taches
de peinture et un compte à rebours sont projetés,
servant aussi de support à une musique puissante, contrastant
avec la sobriété de la bande-son, (avec notamment
le mythique morceau de Jimmy Hendrix reprenant l’hymne américain
et mimant les bombes de la guerre du Vietnam). Quand ce mur de projection,
interlude symbolisant la guerre, se relève, il laisse apparaître
un plateau saturé de lumière, avec tous les comédiens
en ligne, se détachant comme sur une ligne d’horizon.
La pièce se clôt donc sur un effet visuel très
intéressant.
Hélas,
ce choix du dépouillement n’amène pas forcément
la clarté (qui lui fait défaut depuis ses dernières
productions). C’est dommage car il y a pourtant une vraie
réflexion sur la pensée brechtienne (comme la tentative
de distanciation) dans le travail de Philippe Vincent, et une économie
de moyens qui vise à épurer au maximum l’art
théâtral. Ce spectacle génère un questionnement
de fond sur le théâtre, sur son utilité, sur
les personnages et leurs rôles. Mais il faut connaître
parfaitement l’œuvre de Brecht et le travail de P. Vincent
pour pouvoir accéder à la compréhension de
cette pièce, qui reste un peu hermétique.
Emilie
Jullin
(12 mars 2003)
Brecht
sur Sitartmag
La
vie de Galilée, Jean-François Sivadier,
2003
Un petit Mahagonny,
ENSATT, avril 2002
Mère Courage,
TNP, janvier 2002
La
bonne âme du Setchouan
ENSATT, juin 2001
Fatzer, les subsistances, Lyon
mai 2001 (Philippe Vincent)
La vie de Galilée, Maison
de la Danse/ Théâtre de la Croix-Rousse, octobre 2000
du
même metteur en scène
Richard III
Fatzer
Le
théâtre de la Croix-Rousse
http://www.croix-rousse.com/
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