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A l'instar de nombreux bluesman, Roosevelt Booba Barnes, chanteur/guitariste/harmoniciste
du Delta né en 1936 et décédé en 1996,
n'aura pas pu profiter d'une popularité tardive mais grandissante.
De son seul album, Heart broken man, témoignage
de la pérennité du Delta blues dans son berceau historique,
se dégage une atmosphère à couper au couteau,
typique des juke-joints du Mississippi. Guitariste tout en puissance
et chanteur caverneux, Roosevelt Booba Barnes avait réellement
la stature des grands bluesmen et sans ce coup du sort , sa carrière
semblait promise à un bel avenir. Entouré par des
musiciens du terroir ( James Earl Franklin à la basse, Terry
Taylor à la batterie), il revisite les standards Blind
man, Pity the fool, Tin pan alley, en leur insufflant
le côté primitif et hypnotique du delta blues; son
imitation d'Howlin' wolf, une de ses idoles de jeunesse, sur Tell
me what I've done/my last affair (ou il est accompagné
par T Model Ford à la guitare), et surtout sur Rockin
daddy est stupéfiante; son côté "bête
de scène" ressort davantage sur les blues Heart broken
man, How long this must go on où sa voix rauque
proche de la rupture donne le frisson. Les musiciens ne sont pas
toujours très accordés mais l'essentiel n'est pas
là : Ce Delta blues cradingue lorgnant du côté
du Chicago blues prend aux tripes et est criant de vérité.
Sa volcanique apparition sur la cassette vidéo Deep in
blues (Anxious records/ warner music) fait éclater au
grand jour ses talents de showman et nous fait encore un peu plus
regretter la disparition prématurée de ce musicien
au tempérament de feu, qui, de longues années durant
sévit du côté de Greenville.
Régis

http://www.bluespeak.com/feature/96/05/960531.html
en
écoute
http://www.roosterblues.com/audioclips.html
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