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Un
roman noir, blanc et gris.
Épure
: tel est le terme qui vient à l'esprit lorsqu'on découvre
(comme il se doit, à la japonaise, de droite à gauche)
la grace suggérée des visages et la finesse du trait
de Kiriko Nananan, qui débute sa carrière en 1993
et dont c'est ici le premier album à paraître en français
; une sobriété de surface, accentuée par les
uniformes scolaires que portent les jeunes protagonistes, et qui
dissimulerait presque la sourde violence sentimentale qui agite
Kayako. La lycéenne ne s'intéresse pas vraiment aux
garçons et, dès la rentrée, semble comme fascinée
par Endô, une camarade de classe énigmatique qui a
été renvoyée de l'établissement l'année
précédente et qu'elle retrouve maintenant. L'amitié
profonde qui réunit les deux jeunes filles se métamorphosent
peu à peu en passion, un amour qui semble réciproque
jusqu'au jour où l'amie de Kayako disparaît : une perte
qui trouble amèrement Kayako.
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Ce
récit d'apprentissage amoureux frappe par son ascétisme
graphique, en discordance avec les passions et les amitiés
qui se nouent et se dénouent, au fil d'une histoire
où il se passe tant et si peu à la fois ; les
amours clandestines d'Endô et Kayako sont illustrées
avec pudeur et tranquillité, quand bien même
le ton de l'ouvrage est proche d'une gravité qui ne
sied habituellement pas à la tranche d'âge évoquée
; la sensualité y est douce et se heurte à l'ampleur
des sentiments éprouvés et l'auteure a mis en
place un équilibre fragile, à l'image des aventures
de ces jeunes filles, entre enfance et âge adulte.
Blandine
Longre
(décembre
2004) |

dans
la même collection
Kaikisen de Satoshi Kon
Le jour du loup de
Yôji Fukuyama
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