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Lucian Blaga,
né en 1895 à Lancram, en Transylvanie, mort en 1961
à Cluj, est l’un des poètes roumains les plus
connus. Poète, mais pas seulement : philosophe de formation,
il a mené une carrière diplomatique jusqu’en
1939, et son œuvre est aussi celle d’un dramaturge et
d’un essayiste.
Mais il
s’agit ici d’un petit recueil poétique dont le
titre – l’avant-propos du traducteur nous en donne une
idée précise – évoque le « passage
», ou plutôt le « trajet » que représente
la vie, le mouvement qui caractérise notre « existence
transitoire ». L’exergue et l’épilogue,
courts textes en forme de prière, semblent placer le recueil
sous le signe de la religiosité ; cette religiosité
n’est toutefois pas proclamation triomphale d’une foi
en des dogmes, mais chant teinté de doute, de tâtonnements,
d’une certaine distance humaine prise avec les certitudes.
Cette distance peut conduite jusqu’à la cécité
et au mutisme, « à jamais dans le silence
», voire jusqu’au néant.
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Toute
une gamme thématique est déclinée sur
un mode qui peut prendre les apparences du post-romantisme,
ou du symbolisme, mais qui en réalité laisse
s’épanouir une réelle modernité.
La campagne, la nature sauvage ou domestiquée, l’automne,
les traditions populaires, la danse, l’expression de
la joie, les éléments fondamentaux, le vol des
oiseaux, tout est finalement à déchiffrer. Ce
sont des signes du monde, de l’existence passagère,
que l’écriture couvre de son voile poétique
et met en même temps en lumière. Mystère
et révélation, les deux mots pourraient résumer
la démarche de ce recueil.
Traduire
la poésie est toujours une gageure. Pari réussi
en l’occurrence, grâce d’une part au parti
pris de l’édition bilingue, d’autre part
au beau travail de Philippe Loubière. Il faudrait tout
citer. Donnons simplement, pour le plaisir, quelques échantillons
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«
Le soleil au zénith tient le jour en balance. »
(« Au fil du grand parcours »)
« Je
lance dans le lac les ronces du rivage,
Avec leurs ronds dans l’eau je trouble mon visage »
(« Héraclite au bord du lac »)
« Les
mots sont tous terriblement amers,
C’est pourquoi laissez-moi
Marcher muet parmi vous,
Et à votre rencontre aller les yeux fermés. »
(« Aux lecteurs »)
Jean-Pierre
Longre
(juillet 2003)
Jean-Pierre
Longre, enseignant en littérature du XXème siècle
à l'Université Jean Moulin Lyon 3, est l'auteur d'une
thèse sur Raymond
Queneau, de divers ouvrages ou articles sur des écrivains
contemporains et sur la comparaison des langages littéraire
et musical. Il a participé à l'édition
des romans de Queneau dans la " Pléiade ", et effectue
des recherches sur les littératures francophones (Roumanie,
Belgique, Québec).

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http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/articles/figari/figari3.htm
http://www.parages.ens.fr/n2/211.html
Littérature
roumaine
http://www.bnf.fr/pages/liens/d4/sle/roumanie-sle-d4.html
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