de Jean Racine
mise en scène Lambert Wilson

Théâtre des Célestins, Lyon
du 3 au 20 janvier 2002

durée 2h15

 


Tournée

Sète, Théâtre de Sète : 19-21 décembre 2001
Marseille, Théâtre du Gymnase : 22 janvier - 3 février 2002

La mise en scène de Lambert Wilson, d'emblée, jette le trouble chez le spectateur : pourquoi avoir choisi un décor et des costumes des années 1930 pour une tragédie classique à sujet romain ? Mais très vite le malaise se dissipe, car le parti pris scénique est en complète harmonie avec la pièce de Racine. Les personnages apparaissent comme écrasés par la puissance de l'architecture, par l'ambiguïté du clair-obscur et par l'énorme portrait du père, symbole impérial du pouvoir pesant sur l'individu.

L'environnement sert le texte. Dans Bérénice, il ne se passe rien. On le sait dès le début, Titus congédiera la reine étrangère " malgré lui, malgré elle ". Toute la force de l'action simplifiée à l'extrême réside dans les vers, dans une parole limpide disant la passion et la beauté des sentiments. Pour le jeune empereur, le pouvoir est une contrainte finalement acceptée, et avec fermeté il aide Bérénice à la suivre sur la voie difficile du devoir. C'est la dignité de leur attitude et de leur langage qui, transcendant la douleur, transforme le malheur des personnages en héroïsme. " Vous êtes empereur, Seigneur, et vous pleurez " : le tragique repose sur l'écart entre les sentiments des humains et leur condition.

Le trio de comédiens (Kristina Scott Thomas, Didier Sandre et Robin Renucci) restitue le texte avec une précision et une clarté remarquables; la poésie de l'alexandrin racinien passe la rampe avec une apparente facilité qui recèle un travail et un savoir-faire de vrais professionnels. Le jeu expressif et sensuel, extériorisant les sentiments jusqu'à la limite du dramatique (en particulier celui de Robin Renucci - Antiochus), concilie subtilement la fidélité au classicisme et la volonté de modernisme.

F L-A / J-P L
(janvier 2002)

"Bérénice, c'est bien sûr l'histoire déchirante et intemporelle d'une séparation.
Mais c'est aussi l'histoire éternelle de l'homme qui renonce au bonheur purement intime pour lui préférer son propre honneur, sa "gloire", sa réputation.
Problématique du fils, envahi par la peur, écrasé par l'image d'un père inégalable et parfait, se forçant à l'action.
Car le temps presse pour accomplir, accomplir au plus vite avant de mourir."
Lambert Wilson

avec Michel Baumann, Charlotte Clamens, Fabrice Michel, Bernard Musson, Robin Renucci, Gil Robert, Didier Sandre et Kristin Scott Thomas Théâtre des Célestins Lyon
renseignements
04 72 77 4000

La pièce
http://www.fau.edu/divdept/lang/french/berenic1.htm
http://www.ac-reunion.fr/pedagogie/lyvergerp/FRANCAIS/Berenice/Default.htm