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Nouveautés BD Music : Amour, Cinéma, Éros
Ces trois
nouvelles parutions (superbement présentées, comme
toujours : voir la jaquette en velours violet, plaisir sensuellement
tactile, pour Ladies in Love), sont réunies
sous la trinité Amour – Cinéma – Éros,
les trois « sujets » s’imbriquant, se complétant
tant sur le plan thématique que musical par la sélection
des morceaux et leurs interprétations remarquablement
compilées.
My
Funny Valentine
Les concepteurs sont des amis d’enfance. Aurel s’est
lancé dans le dessin de presse en 2002 et a présenté
sa première BD, Django Reinhardt (Nocturne)
suivie de Thelonious Monk en 2004.
Carine Fuentes termine ses études d’expression
plastique en 2006. Tous les deux ont écrit et dessiné
la soirée chaude, très chaude de la Saint Valentin,
l’histoire d’une rencontre amoureuse torride, racontée
avec les mots et la description des gestes de l’amour…
mise en musique sur le CD 1 par des grands noms du Jazz à
commencer, cela va de soi, par Chet Baker et sa Valentine
chantée en 1954, la lascivité de Dexter Gordon
et Ben Webster, le Prélude au baiser de Sa Majesté
le grand Duke ou l’extase bleue d’Eroll Garner se
concluant par I am Glad There is You admirablement
susurré par Julie London et sa voix blanche et sensuelle…
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Sur
le CD 2, on trouve des musiciens ayant signé chez
le label Nocturne comme, notamment, Sophie Alour et son
You’ve changed, le Soraya du Moutin
Reunion Quartet… le disque se concluant par My
funny Valentine du Gerry Mulligan quartet (1952)…
"et (il) s’évanouit dans l’exaltation
frénétique de pouvoir la posséder
encore jusqu’à l’épuisement".
La boucle est bouclée. "Je l’aime sans
doute." |
Les dessins
en noir et blanc sont parfois additionnés de lavis dans
les positions ou attitudes de l’amour bien mises en page,
en perspectives ; le texte très poétique ne cache
rien, du déroulement du désir à l’abandon
et à l’exultation des corps.
Film
Noir
L’album Barney et la Note Bleue
est devenu « culte ». Dans celui-ci , Loustal exprime
sa fascination pour le film noir (dont Bruno Théol raconte
l’historique, propose une filmographie et une bibliographie,
précise la différence entre musique diégétique
- partie intégrante de la scène - ou non-diégétique
- ajoutée en post-production comme complément
de la scène ou de complément entre elles - tout
cela étant inclus dans l’album), en 12 illustrations
nous plongeant dans une version à la fois classique (mise
en page) et toute personnelle (dessin, couleurs sombres, cadrages
cinématographiques, érotisme, violence, atmosphère
et ambiances glauques)… toute la « griffe »
du génial et prolixe créateur.
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Côté
musique, on n’est pas déçu : le CD
1 (Music they were murdered by) est composé
des musiques des films noirs célèbres devenus
des classiques du cinéma et de scènes de
crimes : notamment, Le faucon maltais de John
Huston (la voix d’Humphrey Bogart), Casablanca
de Michael Curtis (la voix d’Ingrid Bergman la fameuse
chanson As time goes by par Dooley Wilson), Laura
d’Otto Preminger (le thème d’ouverture
du film puis la version de Nat King Cole), The big
Sleep, musique de Max Steiner et les voix de Bogart
et de Lauren Bacall, Gilda de Charles Vidor et
l’inoubliable Put the blame on mame, Sunset
Boulevard de Billy Wilder, L’homme au bras
d’or et la musique d’Elmer Bernstein…
sans oublier en France Touchez pas au grisbi
de Jacques Becker et Bob le flambeur de Jean-Pierre
Melville… et tant d’autres…au total
25 extraits, superbes, qui rappelleront bien des émotions
à l’amateur de cinéma qui sommeille
en tout amateur de jazz et vice-versa… |
Le second
CD est la bande originale de la bande dessinée, composée
de titres de jazz de la même période, les années
1940 - 1950, sur lesquels « on aurait bien pu être
assassiné », le compositeur Leith Stevens (connu
surtout comme compositeur des musiques du premier film de Stanley
Kubrick Fear and desire - en français Le baiser
du tueur - de L’équipée sauvage
de Laszlo Benedek et La guerre des mondes) signant
ici 7 plages sur 21.
Ladies
in love classées X
Troisième volume de la collection Ladies, il
présente les dessins de Mirka Lugosi (née en 1958
à quelques lieues du château de Dracula dans les
Carpates septentrionales) dont les illustrations dévoilent
un auto-érotisme fantasmatique très poétique,
fortement teinté d’un fétichisme proche
des fantasmes d’un autre érotomane distingué,
Pierre Molinier. Ces dessins ont fait l’objet des ouvrages
Mademoiselle (Last gasp of San Francisco,
2002) et Le malaise et autres contes muets (Memo, 2005).
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Le
CD1 réunit les plus belles voix de 1945 à
1956 avec mentions spéciales pour des chanteuses
blanches injustement oubliées comme Chris Connor
ou Rosemary Clooney et Jeri Southern (ces dernières
sont saluées par Charlie Haden dans ses disques
avec le Quartet West) et un bonus classé X chanté
par Mae West.
Le deuxième, Ladies classées X
comprend quelques perles de chansons à double sens,
coquines, épicées ou carrément salaces
(le Big long slidin’ thing de Dinah Washington),
principalement par des chanteuses de rhythm and blues.
Précaution : Textes et illustrations ne sont pas
à mettre en toutes les mains, nous dit-on…
cela dépend où elles sont occupées
!. Trois beau objets à regarder, lire, écouter…
passionnément. |
Jacques
Chesnel
(février 2007)
Jacques
Chesnel, membre démissionnaire de l'Académie
du Jazz, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le jazz dont
Le Jazz en quarantaine, 1940-1946 (Isoète) et
Les Grands Créateurs de Jazz avec G.Arnaud (Bordas)
; il a été consultant et auteur pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom.
Peintre, il prépare une rétrospective de 50 années
de peintures inspirées par le Jazz.
www.jazz-chesnel.com

http://www.nocturne.fr/
www.loustal.net
www.erosconnexion.com
http://molinier-infos.ifrance.com
lire
aussi
Christmas Jazz & Christmas
Blues (Nocturne, 2005)