Ce disque est produit par le label CELP sous la direction conjointe
de Robert Bonaccorsi (organisateur-programmateur du festival
de jazz au Fort Napoléon de la Seyne sur mer) et du saxophoniste
André Jaume avec l’assentiment de Patrick Wilen.
Il comprend des extraits de concerts dans le Var entre 1977
et 79 (pas de dates précises) lors du retour de Barney
Wilen à Nice où il est né en 1937 (décédé
en 1996) après un périple en Afrique de plusieurs
mois, entre ces disques Moshi, rencontre entre jazz
et musique africaine prise sur le vif (1972) et La Note
Bleue (1987), bande dessinée de Loustal et Paringaux
librement inspirée du musicien et de sa carrière
ainsi du disque qui l’accompagne.
Il est
accompagné ici par le Jazz-Hip Trio composé du
pianiste Jean-Bernard Eisinger, du contrebassiste (et médecin)
Roger Luccioni et du batteur helvète Daniel
Humair. Si ces extraits n’ont pas une prise de sons
impeccable, ils témoignent d’une période
au cours de laquelle Barney sort par moments (comme ici) d’une
période de silence qui durera jusqu’en 1980 alors
en plein « be-bop revival ».
Au cours
des six titres (un standard, The Night we called it a Day
; une oeuvre d’Ornette Coleman, Lonely Woman
et quatre compositions de J.B.Eisinger dont ce Jardin aux
sentiers qui bifurquent, titre dune nouvelle de l’écrivain
argentin Jorge Luis Borges), B.W, au saxophones ténor
ou soprano, se montre en grande forme avec une parfaite aisance
/ assurance dans cette élégante décontraction
héritée d’une de ses idoles, Lester Young,
dont il fut un fervent disciple. On a plaisir à entendre
sur le titre Tableau de Daniel Humair de J.- B. Eisinger
le violoniste Didier Lockwood
et le dédicataire, batteur régulier du trio.
Si ce disque
ne constitue pas une pièce maîtresse dans la discographie
du saxophoniste, cette trace permet de nous remettre en mémoire
et dans les oreilles ce que fut cette période après
celle du free jazz, et du concept de free-jazz-rock (Dear
Prof. Leary, 1968) et cet essai de musique contemporaine
avec Le destin tragique de Lorenzo Bandini en 1968,
mixage de free et de bande son de grand prix de Formule Un où
le pilote italien trouva la mort.
Ce grand
jazzman, primé par l’Académie du Jazz, compagnon
de Miles Davis (il joue à ses côtés dans
la musique du film de Louis Malle Ascenseur pour l’échafaud)
fut l’un de ces quelques musiciens français d’envergure
internationale.
Jacques
Chesnel
(janvier 2005)
Jacques Chesnel
est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de "Le
Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les Grands
Créateurs de Jazz" avec Gérald Arnaud (Bordas)
; auteur et consultant "jazz" pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille depuis plus de trente
ans sur les rapports entre jazz et peinture.
(www.jazz-chesnel.com).

www.allumesdujazz.com
http://www.loustal.nl/barney_wilen%20story.htm