| Boubacar
Belco Diallo
Les éditions
Lansman, dont on connaît la vocation théâtrale
(plus de 400 ouvrages du genre publiés jusqu’à
présent), contribuent d’une manière décisive
à la diffusion et à la connaissance des jeunes auteurs
et des nouveaux textes dramatiques. Les collections « Nocturnes
Théâtre » et « Théâtre à
l’affiche » sont complétées par d’autres
ensembles spécialisés, telle la collection «
Ecritures vagabondes » (du nom d’une association née
en 2000), dont les deux derniers volumes sont consacrés à
des pièces de deux auteurs africains, Hermas Gbaguidi
et Boubacar Belco Diallo, tous deux révélés
notamment par la « Ruche Sony Labou Tansi ».
Qu’est-ce
que cette « ruche », dont le nom a été
choisi en hommage au grand dramaturge congolais Sony Labou Tansi
? Une expérience littéraire et culturelle réunissant
pendant un mois (novembre 2001) à Bamako (Mali) neuf dramaturges
et un metteur en scène confrontant les valeurs du Sud et
du Nord. Rencontres, débats, visites, réflexions ont
débouché sur la création de textes «
achevés par chaque auteur dans la solitude retrouvée
». Les trois pièces ici présentées
sont donc issues de cette expérience.
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Hermas
Gbaguidi
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Hermas
Gbaguidi, né au Bénin, est à
la fois dramaturge, décorateur, metteur en scène
et animateur théâtral. La vallée de
l’ignorance et L’odeur du passé
ont en commun de percer les secrets de deux couples (ou en
tout cas de tenter de les percer). Dans la première
pièce, un journaliste s’entend reprocher par
sa femme, au cours d’une discussion de plus en plus
tendue, de trahir ses engagements et de hurler avec les loups
(mâles) au pouvoir : « L’acte d’écrire
n’est pas un simple geste, mais un état d’âme
», lui rappelle-t-elle. Cet état d’âme,
on le retrouve sur un ton différent dans la seconde
pièce, où, entre l’amour terrestre et
l’au-delà, entre les morts du cimetière
et les hommes vivants, une femme remonte les méandres
du temps et renoue avec le passé.
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Drames de la
vie, tragédies de la destinée. Le Malien Boubacar
Belco Diallo, dramaturge, directeur de compagnie théâtrale,
metteur en scène, comédien, poète, critique
littéraire, personnalité culturelle de son pays, joue
aussi de cette double dimension dans Le secret de la dune.
Le dialogue d’abord vindicatif, puis compréhensif et
tendre, entre un homme apparemment installé dans sa ville
d’adoption comme dans la vie et un jeune garçon agressif
qui s’avèrera être son fils forme la trame principale
de ces neuf scènes. Les évocations verbales deviennent
peu à peu visuelles, révélant en parenthèses
poétiques les tableaux du passé, l’amour et
la cruauté, la violence et la passion, le courage et la peur,
bref la dualité des hommes. Une belle histoire tragique et
humaine, circonstancielle et universelle.
« Ecritures
vagabondes » certes, mais qui méritaient amplement
de se fixer sur le papier, et qui méritent tout autant de
prendre vie sur scène. Hermas Gbaguidi et Boubacar Belco
Diallo, avec ces deux volumes comme témoignages, attestent
la qualité et la richesse du jeune théâtre francophone.
Jean-Pierre
Longre
(janvier 2004)
Jean-Pierre
Longre, enseignant en littérature du XXème siècle
à l'Université Jean Moulin Lyon 3, est l'auteur d'une
thèse sur Raymond
Queneau, de divers ouvrages ou articles sur des écrivains
contemporains et sur la comparaison des langages littéraire
et musical. Il a participé à l'édition
des romans de Queneau dans la " Pléiade ", et effectue
des recherches sur les littératures francophones (Roumanie,
Belgique, Québec).

voir
aussi : Daniel Besnehard / Léonard Yanakou
http://www.lansman.org/
http://www.ecritures-vagabondes.org
http://www.laruchesonylaboutansi.org/index.html
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