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Ecriture de femmes…
« Le
pont aux cerisiers sépare deux rives comme deux vies destinées
à se rejoindre : l’existence n’est qu’une
passerelle qui naît dans le vide et s’achève
dans l’oubli. » D’inexistants
nous redevenons poussières. Seule la Mémoire persiste
et fait exister les ombres du passé.
Ce roman aux
saveurs du Céleste Empire nous entraîne à la
croisée d’une Chine urbaine reniant ses racines ancestrales
et d’une Chine rurale empreinte de sagesse et de traditions
perdues. Il aborde le thème fondamental de la transmission
intergénérationnelle, puis celui de l’oppression
sociale faite aux plus faibles. L’auteure décline cet
asservissement à travers plusieurs histoires entremêlées,
racontées par la sage et honorable Lin-Lin à sa petite
fille Bei-Fang. La jeune fille, d’abord réticente à
l’idée d’écouter les « palabres
» de sa vieille grand-mère, prend rapidement conscience
du pouvoir des mots et de la liberté qu’ils recouvrent.
Elle ouvre son cœur à cette sève transmise de
femmes en femmes depuis la nuit des temps.
Elle découvre
l’écriture secrète nommée « nushü
». Ce langage muet ancestral qui servit d’échappatoire
aux femmes analphabètes, obligées de suivre leurs
maris inconnus jusqu’au mariage et de vivre isolées
dans leurs foyers. Grâce à ces broderies codées,
la mémoire des femmes de sa famille parvint aux oreilles
de Bei-Fang, sous le cerisier centenaire de Lin-Lin. A travers des
récits magnifiques, distillés au compte-goutte, la
jeune fille plonge dans l’histoire tragique des deux jeunes
sœurs – ses ancêtres – qui inventèrent
ce langage muet pour faire résonner sourdement le récit
d’amours condamnées au silence. Elle découvre
la puissance des sentiments bridés par les convenances sociales
et les cœurs qu’on déshabille jusqu’à
la blessure. Elle entrevoit l’histoire de son père,
cet homme morne et muet, dont elle ignorait tout, son courage et
de son amour inconditionnel pour le violon. Bei-Fang qui redoutait
tant sa mise au vert forcée, trouve bien des réponses
à ses questionnements d’adolescente…
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Ce
roman conseillé à partir de 11 ans, aborde très
joliment l’apprentissage des valeurs essentielles. Il
démontre que la force intérieure, celle qui
ne se voit pas ostensiblement, est celle qui aide à
vivre, à accepter, non pour courber le dos mais pour
mieux résister. « L’arbre qui résiste
au vent, le vainc presque toujours mais il peut être
déraciné par la tempête, tandis que la
tige du bambou, qui ploie sous la brise la plus légère,
n’est rompue par aucune tempête. »
Caroline
Scandale
(avril 2008)
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Caroline
Scandale,
professeure documentaliste, poursuit en parallèle des recherches
en littérature, spécialité Masculin/féminin,
en particulier dans le domaine de la littérature jeunesse.
http://sorcieres-jeunesse.hautetfort.com/

http://editions.flammarion.com/accueil/
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