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Art,
puzzles et coïncidences…
Il y a quelques
mois, Tracy Chevalier nouait un récit autour de «
La jeune fille à la perle » peinte en 1665 par
le hollandais Vermeer ; cette année, Blue Balliett s’adresse
plus particulièrement à la jeunesse et place ce même
peintre dans la lumière, attirant l’attention sur deux
autres œuvres : « Jeune femme écrivant une
lettre » (1665) et « Le géographe »
(1668).
Petra et Calder
ont douze ans, habitent à Chicago, sont voisins et fréquentent
la même école. Ils apprécient tous deux les
cours de Miss Hussey, si « honnête et imprévisible
», qui sait écouter attentivement les enfants,
les obliger à réfléchir et transformer leurs
recherches en véritables enquêtes. Cette fois, elle
propose à chaque élève de choisir un objet
qu’il considère comme une œuvre d’art…
Petra choisit un livre de Charles Fort qui recense des faits bizarres,
avérés mais difficiles à croire et incompréhensibles,
du style «averses de grenouilles vivantes»
; la jeune fille adore ce genre de mystères, ces questions
sans réponses. Le livre appartient à une vieille dame
voisine, Louise Sharpe, à qui Calder doit un jour rendre
visite et qui possède chez elle une reproduction d’une
toile de Vermeer : « Le géographe ».
Or cette même peinture orne le couvercle d’un coffret
choisi par Calder comme « objet d’art »,
une boîte offerte par sa grand-mère il y a quelques
années. Calder emprunte à la bibliothèque un
livre sur Vermeer dans lequel Petra reconnaît une autre toile
dont le personnage lui est apparu en rêve, une femme d’autrefois
écrivant une lettre. Les deux enfants décident de
noter toutes les choses étranges qui leur arrivent, les coïncidences
qui mêlent leurs vies : ce sont peut-être les éléments
d’un tout, comme ces pièces de pentomino, en forme
de lettres, que Calder trimbale dans ses poches et qui s’assemblent
pour former des polygones.
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Le
mystère prend une nouvelle dimension quand le tableau
original de «La jeune femme écrivant une lettre»
disparaît au cours d’un transfert entre Washington
et Chicago. Le voleur érudit adresse aux journaux une
lettre où il demande au public de l’aider à
rétablir certaines vérités sur l’œuvre
de Vermeer. Il remercie trois personnes pour leur rôle
déjà inestimable dans son projet ! Calder et Petra
soupçonnent Miss Hussey, Madame Sharpe, le curieux libraire
du coin et même leurs parents, si cachottiers en ce moment,
d’être impliqués dans cette affaire inquiétante…Les
enfants ont de plus en plus l’impression d’être
propulsés au centre d’un puzzle géant, investis
d’une mission. Il leur faut absolument retrouver le tableau
et dénouer les fils de l’intrigue. |
L’auteur
américaine de L’énigme Vermeer
combine sa passion pour les mystères, sa connaissance des
musées, son goût pour l’enseignement ; par le
biais du roman à suspense elle attise la curiosité
de ses jeunes lecteurs pour l’art et son histoire. Le récit,
riche en coïncidences et en rebondissements, maintient le lecteur
en haleine de bout en bout sans le perdre. On apprend beaucoup sur
Vermeer mais, à travers son exemple, Blue Balliett démontre
surtout comment les peintures d’une époque contiennent
les détails probables d’une vie quotidienne : l’art
devient un témoin et peut « traduire quelque chose
de réel ». L’intrigue et la réflexion
rapprochent Petra et Calder, font naître entre eux une solide
amitié, les rendent définitivement sympathiques. Outre
le tonique récit de leurs investigations, L’énigme
Vermeer contient une sorte de jeu de piste destiné
au lecteur ; celui-ci est invité à examiner attentivement
les illustrations où des indices lui permettront de déchiffrer
finalement un message. Il faut donc s’armer d’un crayon
et d’un papier. Original et amusant ! La solution, pas si
simple, est donnée sur le site de l’éditeur,
heureusement. Le code sert aussi au cours du récit à
comprendre les missives étranges d’un copain de Calder.
Bien décidés
à griser, embrouiller ou troubler leur public, auteur et
illustrateur fournissent un travail complet, efficace et enrichissant.
On s’amuserait bien à tirer au hasard une pièce
de pentomino, à l’instar de Calder qui cherche ainsi
à interpréter le réel, associant à la
lettre apparue un mot qui lui convient. A ce petit jeu, en découvrant
L’énigme Vermeer, le lecteur
piocherait sûrement la lettre P… comme Passionnant …
ou comme Prometteur puisqu’il s’agit d’un premier
roman. D’ailleurs on espère bien retrouver les deux
enfants réunis dans une nouvelle aventure… Pourquoi
pas ?
Martine
Falgayrac
(juin 2005)
Martine
Falgayrac, enseignante en cycle 2 dans une école
élémentaire lyonnaise, est passionnée par l'apprentissage
de la lecture. Cherchant à en communiquer aussi le goût
et les plaisirs, elle puise dans la presse et la littérature
jeunesse des supports variés et attractifs pour accompagner
et motiver les enfants dans leurs découvertes. Elle collabore
activement à Sitartmag depuis décembre 2003.

http://www.nathan.fr
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