Je t’appellerai Baïna
(Editions Sarbacane, 2003)
A partir de 5 ans

 

Une enfance en Mongolie

Le même jour, au cœur de la steppe mongole, naissent deux enfants dans deux yourtes voisines. Le premier est un garçon que ses parents prénomment Dalaan, le second est une fille et son père, dépité, refuse de lui donner un nom ; elle sera simplement Petite-fille. Très complices, les enfants grandissent ensemble avec les femmes dont la charge est de s’occuper des moutons tandis que les hommes et leurs fils suffisamment âgés vont garder les troupeaux. Un jour, les deux amis sont autorisés à accompagner leurs pères au grand rassemblement de chevaux ; émerveillée de voir tant d’animaux la fillette s’exclame « baïna, baïna ! » (« il y en a, il y en a ») et c’est désormais ainsi que va l’appeler Dalaan alors que son père refuse toujours de lui donner un prénom.

Puis les enfants grandissent et Baïna, bien qu’excellente cavalière, doit rester à la yourte avec les femmes tandis que Dalaan accompagne à contre cœur les hommes. Alors qu’un orage se prépare, la courageuse petite fille va braver les interdits pour apporter au galop des couvertures afin de protéger son père de la pluie. Le lendemain, Baïna saura retrouver un poulain égaré, autant d’actions qui vont lui permettre de gagner l’estime de son père.

Ce qui attire avant tout dans ce bel album, ce sont les magnifiques dessins d’Arno, mélanges de peinture et de morceaux de tissus collés. Leurs couleurs tantôt éclatantes tantôt sombres semblent parfaitement illustrer les tons changeants de la steppe mongole au fil des saisons, ainsi que l’intérieur des yourtes. La seconde qualité de l’album est d’aborder de manière intelligente le thème de la place de la femme dans une société autre que la nôtre ; sujet difficile pour les plus petits qui auront besoin d’explications pour en comprendre la problématique.

Une seule chose à regretter, Je t’appellerai Baïna est écrit de manière plutôt plate, les différents épisodes se succédant d’une façon convenue qui pourrait lasser les jeunes lecteurs. Un album initiatique à déguster surtout avec les yeux.

Anne Weber
(juin 2003)

http://www.editions-sarbacane.com