Raphaël Imbert (saxophones, clarinette basse, direction),
André Rossi (orgue), Jean-Luc Di Fraya (percussion, voix),
Michel Péres (contrebasse) Quatuor Manfredi : Marie Béreau,
Luigi Vecchioni (violons) Vinciane Béranger (alto), Christian
Wolf (violoncelle), Gérard Lesne (chant) sur plage 15
1/
J.S.Bach – Art de la Fugue. 1er Contrepoint et improvisation
de R.Imbert
2 – 5/ J.Coltrane – Crescent (part.2, 3, 4, 5)
6 – 7/ J.S.Bach - Concert pour clavier BWV 1056 (Largo
et Improvisation)
8 – 9/ He nevuh said a mumbalin’ word (live)
10/ J.S.Bach – Fantaisie BWV 542 sol min /g min /g moll.
André Rossi
11/ J.S.Bach – Messe BWV 232 si min /h min / h moll Crucifixus
12/ J.S.Bach – Art de la fugue, 9° contrepoint. Quatuor
Manfredi
13 – 14/ J.Coltrane – Song of Praise / J.S.Bach
– Jesus mein Freund BWV 227
15/ J.S.Bach – Cantate „Vergnügte Ruh, belieble
Seelenlust“ BWV 170
16/ Improvisation sur B.A.C.H / J. Coltrane – The Father,
the Son and the Holy Ghost
17/ M. Luther – Mit’ Fried und Freund’ ich
fahr dahin
18/ J.Coltrane – Reverend King
19 – 20/ A.Rossi – Choral de Mi
21/ J.S.Bach – „O Welt, ich muss dich lassen“
BWV 45
Enregistrement
à l’église Saint-André de Bouc Bel
Air (Bouches-du Rhône). Orgue de Bouc Bel Air / Jean Daldosso
(facteur d’orgues). Juillet 2007
Un lien musical entre Bach et Coltrane ?
Sur le recto
de la pochette les patronymes BACH et COLTRANE sont superposés;
au recto, ils sont séparés par un trait vertical:
BACH I COLTRANE.
Dans le
communiqué de presse (fort documenté), on nous
informe que « cet album s’inscrit dans le fil
des recherches musicales de Raphaël Imbert, qui lui ont
valu la distinction de la Villa Médicis hors les Murs
pour ses travaux à New York sur le spirituel dans le
Jazz. En établissant un lien musical et profond entre
l’œuvre de J.S.Bach (1685-1750) et John Coltrane
(1926-1967), Raphaël Imbert révèle les connivences
qui n’ont pas seulement trait au swing intrinsèque
partagé entre le Jazz et la Musique Baroque, mais qui
démontrent aussi des racines communes, tant d’un
point de vue historique que lyrique et émotionnel…
R.I. propose donc de souligner les parentés spirituelles
et musicales de Bach et Coltrane en suivant notamment la trame
de la liturgie luthérienne, présente aussi bien
dans le cantor que dans les negro-spirituals et les thèmes
écrits par Coltrane… »
Fort de ces considérations, on comprend pourquoi ce projet
ne pouvait qu’intéresser ce label de musique classique
ouvert au jazz (voir son catalogue).
J’avoue
humblement qu’il m’est difficile de chroniquer une
telle entreprise, éminemment louable certes, mais qui
me pose problème : à part les pièces pour
piano (Variations Goldberg) interprétées par Glenn
Gould et les Six Suites pour violoncelle solo, la musique de
Bach (incontestable premier génie de la musique européenne)
ne me procure aucune émotion particulière, si
ce n’est, parfois, un profond ennui... alors que je vénère
Mozart dans les opéras et surtout les derniers concertos
pour piano… et que, en règle plus générale,
la Musique Baroque me laisse de glace… (je me pose des
questions sur le swing intrinsèque !) alors
que j’ai depuis toujours une admiration sans borne pour
John Coltrane et la globalité de son œuvre, des
débuts jusqu’à la fin, toutes périodes
confondues. Or, il me semble que les rapports du saxophoniste
avec sa recherche d’une musique universelle en offrande
et remerciements, se manifestent surtout dans A Love Supreme,
cette quête, cette ode merveilleuse de bruit et de fureur,
de paix et d’amour d’une dimension spirituelle quasi
mystique à un Dieu pour tous, affirmation musicale panthéiste.
Nous sommes loin de ce que disait de Bach le claveciniste André
Pirro : « profondément attaché à
la religion évangéliste, il juge indispensable,
pour l’édification des fidèles, que le texte
religieux agisse sur eux dans sa plénitude et leur aille
droit au cœur » (dans L’esthétique
de Bach paru en 1903). Cette « profession de foi
» ne me semble pas du tout être celle de Coltrane,
laquelle confine plus à un certain sens du sacré
(sans exclusivité), à la spiritualité,
plutôt qu’à la religion en tant que somme
de croyances, dogmes et pratiques cultuelles monothéistes.
Bien entendu, le Coltrane dont R.I. s’inspire n’est
pas celui de Blue train, Giant steps ou My favorite
things, mais bien celui de la dernière période
avec et après A love supreme, l’œuvre
emblématique de cette époque.
 |
Pour
qui entrera dans cet univers si particulier (ce qui n’est
pas mon cas), les plages dans lesquelles s’exprime
Raphaël Imbert aux saxophones ténor ou soprano
ou bien encore à la clarinette basse démontrent
à la fois son talent d’improvisateur et d’instrumentiste
aux belles et franches sonorités… Reste que
jusque-là, à ma connaissance, personne n’avait
osé tenter cette démarche, aussi louable
et aboutie soit-elle, encore faudrait-il y trouver quelque
intérêt, quelque plaisir… j’avoue
que personnellement je n’ai rien ressenti de cela
et je le regrette.
Jacques
Chesnel
(février 2008)
|
Jacques
Chesnel, membre démissionnaire de l'Académie
du Jazz, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le jazz dont
Le Jazz en quarantaine, 1940-1946 (Isoète) et
Les Grands Créateurs de Jazz avec G.Arnaud (Bordas)
; il a été consultant et auteur pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom.
Peintre, il prépare une rétrospective de 50 années
de peintures inspirées par le Jazz.
www.jazz-chesnel.com

www.zigzag-territoires.com
www.gerardlesne.com
www.brunoangelini.com
www.viret.com
www.ramonlopez.net
www.harmoniamundi.com