Du
même auteur :
Les radis bleus (Folio Gallimard,
2005)
L'éternité est inutile
(Gallimard, L'Arpenteur, 2002)
Toute une vie bien ratée (Gallimard, 1997
/ Folio, 1999)
Légende
de Zakhor (Éditions
En Forêt / Verlag Im Wald, 2002)
Je ne suis pas un héros (Gallimard
Folio, 2003)
Enfances
rêvées, enfances vécues
Jours
anciens (troisième édition augmentée
d’un poème) a fait l’objet d’une parution
en 1980, d’une autre en 1986, a reçu le Prix Claude
Brossette à Quincié (Beaujolais), et, pour tout dire,
est un très beau petit objet livresque, à manier avec
un mélange de respect et de familiarité, à
consommer avec précautions et sans modération. Tout
y est soigné, le contenant et le contenu, le flacon et le
nectar.
Le flacon, ou
le « gobelet d’argent » (titre de l’un
des textes) : vingt-cinq poèmes en prose dans une édition
précieuse assurée par Jean Le Mauve, typographe et
poète, à qui succède, depuis sa mort, sa compagne
Christine Brisset Le Mauve. Vrai papier, vraie reliure, belle couverture,
belle mise en page… Recommandons aux auteurs et aux lecteurs
pour qui un livre n’est pas qu’un alignement de mots
les éditions de l’Arbre, 7, route
d’Hameret, 02370 Aizy-Jouy.
Le nectar, ces
« jours anciens » vieillis en fût de mémoire
et de rêve : vingt-cinq poèmes en prose, disions-nous,
où l’enfance et la jeunesse, en générations
diverses, d’illusion en réalité, se déclinent
sur fond de nostalgie et de vains espoirs de retour. Tableaux colorés,
gravures douces, miniatures précises (aussi précises
et ondoyantes que les enluminures qui ornent l’initiale de
chaque texte). Les lieux et les temps familiers côtoient des
scènes plus lointaines, surgies du rêve et de l’histoire,
en instantanés d’éternité (d’une
éternité pas aussi inutile que l’auteur ne le
dira plus tard, puisqu’elle permet de conserver les clichés
témoins de l’éphémère). Tableaux
colorés, mais aussi sonates et sonatines, musique des mots
et des phrases, dans une prose jouée en tonalités
mineures et en rythmes impairs.
Il y a un peu
des chansons de Verlaine, des révoltes et des jeunes filles
de Rimbaud, des alcools d’Apollinaire, il y a surtout Pierre
Autin-Grenier avec ses bonheurs et ses tristesses, ses souvenirs
personnels ou collectifs, pris à son compte ou à celui
des autres, souvenirs d’avant et d’après naissance,
d’en-deçà et d’au-delà, de paix
et d’avant-guerre, de naguère et de jadis, avec paysages
mentaux et tangibles, urbains et naturels, avec tout ce qui donne
à un poète le pouvoir de faire vivre et revivre la
mémoire de chacun.
Jean-Pierre
Longre
(octobre 2003)
Jean-Pierre
Longre, enseignant en littérature du XXème siècle
à l'Université Jean Moulin Lyon 3, est l'auteur d'une
thèse sur Raymond
Queneau, de divers ouvrages ou articles sur des écrivains
contemporains et sur la comparaison des langages littéraire
et musical. Il a participé à l'édition
des romans de Queneau dans la " Pléiade ", et effectue
des recherches sur les littératures francophones (Roumanie,
Belgique, Québec).

http://www.remue.net/auteurs/autingrenier1.html
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