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du
même auteur :
Les radis bleus (Folio Gallimard,
2005)
Je ne suis pas un héros (Folio,
2003)
Légende de Zakhor (Éditions
En Forêt / Verlag Im Wald)
L'éternité est inutile
(Gallimard, L'arpenteur, 2002)
Jours Anciens (L'Arbre,
2003)
Pierre Autin-Grenier,
né à Lyon il y a une cinquantaine d'années,
circule entre les mots comme il circule entre les lieux (imaginaires
ou réels, Lyon ou la Provence…) et entre les années
(lointaines ou immédiates), avec une délicieuse nonchalance
et une émouvante incertitude. Les textes de Toute une
vie bien ratée sont écrits comme en marge, notes
laissées au hasard de l'humeur, aux lisières, aux
limites : limite des genres (nouvelles, journal intime, souvenirs
?), limite des registres (du réalisme au fantastique, du
minimalisme au lyrisme, du comique au tragique), et certains titres
à eux seuls annoncent tout un programme : Je n'ai pas
grand-chose à dire en ce moment, Des nouvelles du
temps, Rêver à Romorantin, Toute une vie bien
ratée, Tant de choses nous échappent !,
On ne sait pas vraiment où l'on va, Souvent je
préfère parler tout seul, Je suis bien nulle
part, Inutile et tranquille, définitivement
… On sent bien que la fausse désinvolture cache de vraies
angoisses, des " questions de plomberie existentielle ", les grands
problèmes que les hommes se posent entre naissance et mort,
avec la (trompeuse ?) consolation de ne pas dramatiser la situation
: " Quoi de plus sain, en effet, que de regarder tranquillement
le temps passer sans la moindre prétention à vouloir
le rattraper ? ", et de rester " inutile et tranquille, définitivement
". Mais il y a aussi et surtout la question de l'écriture
: " Aujourd'hui me voici à l'âge des bilans ; je m'interroge,
la nuit, pour savoir ce qui a bien pu m'entraîner dans cette
activité de perdant : aligner des mots à la queue
leu leu sur une page blanche dans l'espoir insensé d'en faire
des phrases ! " A lire Autin-Grenier, on s'aperçoit pourtant vite
que les mots ne sont pas alignés au petit bonheur la chance,
et que l'oisiveté revendiquée est plutôt une
disponibilité, celle du véritable écrivain
qui travaille avec passion et acharnement à laisser venir
et prendre corps le seul matériau dont il dispose : les mots.
Et ces mots, agencés plutôt qu'alignés, prennent
une épaisseur telle que remplissant les pages, ils réalisent
l'espoir insensé non seulement de faire des phrases, mais,
au-delà des incertitudes génériques, de faire
chanter la poésie.
J-P.
Longre
Jean-Pierre
Longre, maître de conférences en littérature
du XXème siècle à l'Université Jean
Moulin Lyon 3, est l'auteur d'une thèse sur Raymond
Queneau, de divers ouvrages ou articles sur des écrivains
contemporains et sur la comparaison des langages littéraire
et musical.
Il participe actuellement à l'édition des romans de
Queneau dans la " Pléiade ", et
effectue des recherches sur les littératures francophones
(Roumanie, Belgique, Québec).

http://www.remue.net/auteurs/autingrenier1.html
http://www.bm-grenoble.fr/selection/selection_9904.html
http://www.lmda.net/mat/MAT02210.html
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