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Avec Enis Beslagic, Admir Glamocak, Bogdan Diklic,
Sasa Petrovic, Izudin Bajrovic...
Le
Soleil se lève sur Tesanj
Le Président arrive...
Le Soleil se lève sur Tesanj
Éternel sera notre amour
Nous
voici à Tesanj, petite ville campagnarde de Bosnie-Herzégovine
qui peine à renaître de ses ruines, deux ans après
la guerre. La corruption règne, et il n’est de choix
qu’entre l’humble pauvreté et le sale traffic,
sous toutes ses formes : tabac, alcool, prostituées... Des
fantômes de soldats hantent les survivants, et la folie rivalise
avec les mines en explosivité ; le retour à la vie
normale semble impossible, tant les blessures sont vives et l’espoir
de changement mince. - Et pourtant... C’est cette situation
dramatique dont Pjer Zalica filme la métamorphose, lorsque
s’annonce la venue de Bill Clinton, Président des États-Unis
en excursion dans l’Europe de l’Est.
À
peine la nouvelle est-elle tombée, à peine les premiers
Américains sont-ils arrivés sur place pour enquêter
et superviser la venue de la superstar, que la ville se met en branle
dans un renouveau d’énergie et d’enthousiasme
: un air de fête embrase la ville en attendant le show de
Clinton. Tesanj est, à l’image de son petit maire nerveux,
prêt à tout pour que les dollars pleuvent ; mais les
Américains posent leur exigence : que Bosniaques et Serbes
(tchetniks), que Musulmans et Orthodoxes travaillent de concert
et renouent dans une belle fraternité... comme s’ils
ne s’étaient pas entretués deux ans plus tôt.
Film
de facture classique, Au feu centre son
propos autour d’une famille en deuil ; Zalica dépeint
impeccablement une Bosnie poussée à bout, à
laquelle ces fous d’Américains viennent imposer leur
humanisme naïf et superficiel, sans diplomatie et avec une
insensibilité, sèche ou grotesque, et une méfiance
choquantes. La Bosnie n’a pas besoin de drapeaux américains,
de Clinton, de rock’n’roll ; c’est pourtant grâce
à cela que renaîtra l’espoir, que s’élèveront
les mélodies mélancoliques d’une chanteuse pulpeuse
et les cuivres énergiques de la fanfare, que Tesanj fera
peau neuve... un instant au moins. Il n’est pas de transition
facile ni instantannée ; telle est la leçon de cet
excellent film qui prolonge et approfondit le débat de No
man’s land (de Danis Tanovic) : tant que persistent
misère, corruption et intolérance, la guerre n’est
pas finie.
Nicolas
Cavaillès
(avril 2004)

http://www.balkans.eu.org/article4243.html
http://www.diplomatie.gouv.fr/mediasociete/cinema
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