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au
Théâtre des Célestins,
Lyon.
renseignements
et location : 04 72 77 4000
du 3 au 21 octobre 2001
Théâtre du Vieux-Colombier
21
rue du Vieux-Colombier, Paris 6e
Location tél. : (33) 01 44 39 87 00 / 87 01
avec
Catherine Salviat, Michel Favory, Jean Dautremay, Igor Tyczka, Françoise
Gillard, Laurent d'Olce, Laurent Rey, de la Comédie-Française
et Viencent Primault
Le
mal court démarre d'une manière qui paraît
familière, évoquant l'univers des contes ou le théâtre
de Molière ; en réalité, Jacques Audiberti
trompe bien son monde, parvenant à nous faire croire aux
costumes d'époque (très réussis, signés
Renato Bianchi) ou au contexte pseudo-historique de sa fable, alors
que cette pièce étrange, déconcertante, au
symbolisme fluctuant et au langage mouvant (l'on passe sans prévenir
de fioritures stylistiques très XVIIIème à
un patois invraisemblable ou à des tournures argotiques contemporaines)
n'a de cesse que d'ébranler un public en attente de prévisible.
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Tout
débute et tout s'achève dans une auberge où
des voyageurs venus de l'Est lointain (le marécageux
royaume de Courtelande), font étape : La princesse Alarica,
accompagnée de sa gouvernante et d'un ministre, est en
route vers l'Occident, où elle doit y épouser
le Roi Parfait, dix-septième du nom. La très jeune
princesse, peu au fait des affaires du mariage, ne trouve pas
le sommeil et questionne Toulouse, sa gouvernante ; la rencontre
imminente avec son promis occupe toutes ses pensées et
elle se pâme avec candeur devant le portrait miniature
du grand Parfait.
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Le
cours tranquille des projets d'épousailles est soudain bouleversé
par l'irruption (fortuite ou manigancée ?) d'un gentilhomme
qui prétend être le fiancé tant rêvé...
Quand le véritable roi apparaît, affublé de
son éminence grise, le Cardinal de La Rosette, le conte vire
au mélodrame, puis au drame tout court. L'innocence, la pureté
et les larmes de la princesse ne sont que de faibles atouts contre
le monde des puissants et de la politique ; en réalité,
la cruauté des autres contamine Alarica, mais lui offre aussi
une arme : le mal. Elle se fait alors ambitieuse diablesse et espiègle
putain, plutôt instinctivement que par calcul, car la force
primitive qui semble la submerger paralyse ses adversaires masculins
et réduit certains à un pathétique et insoutenable
chagrin.
Ici,
malgré quelques dérapages contrôlés vers
le vaudeville, la comédie ou le picaresque (comme pour mieux
nous égarer...), l'innocence se venge, une revanche malsaine
et bien amère. A travers le personnage d'Alarica, l'auteur
ne cherche pas tant à dénoncer "le vinaigre du
monde" (formule éminemment ambiguë, évoquant
le mal inhérent à l'humain, un mal qui donne aussi
son piquant à l'existence) qu'à expérimenter
sa théorie du mal qui court en décrivant comment la
plus pure des jeunes filles peut y succomber, s'y jeter corps et
âme afin de répondre au mal par le mal, ce qui lui
permet aussi d'ouvrir enfin les yeux sur le vrai visage du monde.
La métamorphose est néanmoins loin d'être abrupte
car l'auteur et le metteur en scène l'introduisent subtilement,
parsemant la première partie de la pièce d'indices
fuyants (les paroles de Toulouse, ou la peau de bête qui lui
sert de manteau) ; et c'est ce glissement impalpable de la personnalité
d'Alarica qui demeure le point le plus fascinant de cette pièce.
Depuis 1947, Le mal court
a
connu de nombreuses mises en scène
; en dépit de l'absence d'entrain de quelques scènes
et le jeu parfois convenu, voire empesé, de certains des
comédiens, le spectacle qui est proposée là
par la Comédie Française ne peut que séduire,
ne serait-ce que grâce à la fougue et la fraîcheur
trompeuse d'Alarica, magnifiquement interprétée par
Françoise Gillard qui tient la scène presque deux
heures durant et dont il faut saluer la performance de comédienne.
B.
Longre
(octobre 2001)

Audiberti
http://www.paru.com/redac/critiqueLitterature/axxxx306.htm
http://www.culture.fr/culture/actualites/celebrations/audiberti.htm
http://www.comedie-francaise.fr/biographies/audiberti.htm
Andrzej
Seweryn
http://www.comedie-francaise.fr/biographies/seweryn.htm
La
Comédie Française
http://www.comedie-francaise.fr/index.htm
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