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Une
adolescente dans l’Histoire
Suite de Marie
Antoinette, le jardin d’une princesse »,
ce volume retrace la vie de la princesse à partir de son
mariage jusqu’à 1772. On retrouve le personnage de
l’abbé Vermond, son précepteur, qui a accepté
le poste de lecteur auprès de la princesse (c’est un
bon poste d’observation : on songe au roman de Chantal Thomas,
Les Adieux à la reine, où
la narratrice est lectrice-adjointe de la reine en 1789). Ce faisant,
il accepte aussi de devenir quelque peu un espion au service de
la mère Marie-Antoinette, l’Impératrice Marie-Thérèse,
avec l’idée que cela ne peut que la protéger.
Et de fait, à travers ce personnage c’est un regard
très bienveillant qui nous est proposé sur les premiers
pas de Marie-Antoinette à la Cour.
Tout cela est très fidèle à la vérité
historique que l’on connaît, et bien documenté
: on y apprend les relations de Louis XV à sa famille, les
dissensions qui règnent autour de la place donnée
à la favorite, Madame du Barry, le poids de l’étiquette,
incarnée par la dame de compagnie, Madame de Noailles. On
se promène dans les jardins, on accompagne la chasse, on
voit la vie de la Cour rythmée par les soupers, fêtes,
voyages et commérages.
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La question de la non consommation du mariage par les deux
jeunes époux est traitée avec discrétion
et sympathie mais n’est pas esquivée. On assiste
aux tentatives de Marie-Antoinette pour s’affranchir
un peu des ordres de sa mère, pour monter à
cheval, par exemple. On la voit faire ses premières
armes dans les clans de la Cour et face aux commérages.
L’auteur dresse un personnage plein de jeunesse, un
peu étourdie, gaie, railleuse, mais pas méchante.
D’autres personnages de jeunes gens enjoués comme
le comte d’Artois (le futur Charles X) sont bien campés.
Tout cela est très réussi. |
Reste une question
de taille, vu le public visé : les adolescentes d’aujourd’hui
s’intéresseront-elles aux querelles de préséances
qui occupent le dernier tiers du volume ? Le récit de la
petite guerre qui oppose le clan de Mesdames, filles de Louis XV,
au clan de Madame du Barry est très bien mené et l’auteur
montre bien que ce conflit de personnes recouvre des choses beaucoup
plus sérieuses, mais il n’est pas sûr que l’attention
de jeunes gens saura se fixer sur des enjeux difficiles à
comprendre aujourd’hui. Néanmoins, en avoir fait le
pari est une belle entreprise : cela tranche agréablement
avec la facilité de bien des romans historiques qui font
comme si les choses importantes d’hier étaient les
mêmes que celles d’aujourd’hui et qui évitent
d’introduire tout sentiment d’éloignement et
d’étrangeté. Ce parti pris, qui joue sur la
proximité à travers l’âge et les préoccupations
du personnage de Marie-Antoinette (s’amuser, monter à
cheval…) et sur l’étrangeté avec le portrait
du monde de la Cour mérite d’être salué
et accompagné de succès.
Anne-Marie
Mercier-Faivre
(octobre 2007)
Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

lire
aussi
Marie-Antoinette,
le jardin secret d’une princesse
Flammarion, 2006
http://editions.flammarion.com
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