Asakusa Kid
2001, Serpent à Plumes
(collection Motifs)

1999, Denoël
roman traduit du Japonais par
Karine Chesneau
(Edition originale : Beat Takeshi, 1988)

 

La publication de cet ouvrage en France peut sans aucun doute être attribuée à la célébrité croissante de l'auteur, qui a réalisé de prestigieux films cultes (A scene at the sea, Sonatine, Kids Return, Hana-bi, et dernièrement L'été de Kikujiro). Avant d'entamer une carrière de réalisateur, Kitano était déjà célèbre au Japon (sous le pseudonyme de Beat Takeshi) comme comique, en particulier à la télévision.

Ce récit autobiographique retrace ses débuts, ses déconvenues et ses maigres succès, et révèle une autre facette du personnage : un jeune homme sans le sou qui, en 1975, abandonne ses études universitaires pour tenter de réaliser son rêve : devenir un comique. Il se fait embaucher comme garçon d'ascenseur dans une boîte de strip-tease d'Asakusa (quartier chaud de Tokyo, peuplé de marginaux), le Français (où travailla entre autres l'auteur Inoue Hisashi) ; peu à peu, il gravit les échelons, le maître fantaisiste Senzaburo Fumaki le prenant comme disciple. Dans ce théâtre, les sketchs servent d'interludes entre deux numéros de strip-tease et "Take" apprend son art sur le tas, jusqu'au jour où il se sent prêt à quitter ce lieu et à se spécialiser dans le "manzaï" ( improvisation autour d'un thème).
Mais il n'aborde cette période que brièvement, préférant consacrer la majeure partie du récit à sa vie au Français et rendre un hommage à son maître Fukami, personnage à la fois sévère et attachant, incarnation constante de l'image du père.

Malgré la cocasserie des thèmes abordés et le plaisir que l'on peut prendre à découvrir Kitano sous un autre jour, l'ennui ne tarde pas à s'installer, l'écriture souffrant de lenteur et de maladresse (répétitions à foison, explications inutiles qui alourdissent le récit). L'auteur, il est vrai, n'est pas un homme de lettres, et le style pesant ne ménage pas un suspense qui aurait donné de l'entrain à la narration. C'est l'unique regret que l'on peut formuler pour cet ouvrage, qui est néanmoins la peinture acidulée et loufoque d'une époque révolue.

B.L.



filmographie et biographie (en anglais)
http://www.geomatics.kth.se/sjoberg/homepage/beat.htm