Arild
Andersen (contrebasse, boucles), Arve Henriksen (trompette),
Eivind Aarset (guitares), Paulo Vinaccia et Patrice Héral
(batterie, percussions), Nils Petter Molvaer (manipulations
sonores), Savina Yannatou, Chrysanthi Douzi (vocaux), Elly-Marina
Casdas, Fotini-Niki Grammenou (chœurs)
Enregistrement en 2202/03 à Oslo
Voici le
16° disque du contrebassiste norvégien Arild Andersen
(âgé de 60 ans cette année) pour le label
munichois depuis 1970. Il fut notamment le partenaire de grands
musiciens dont George Russell (avec qui il étudia le
fameux « concept lydien » cher au compositeur),
Sonny Rollins, Sam Rivers, Paul Bley, Don Cherry, Roswell Rudd,
Bill Frisell… ainsi que d’autres norvégiens
importants, le saxophoniste Jan Garbarek (de 1969 à 1973),
le guitariste Terje Rypdal ; il sera également leader
du groupe Masqualero quintet. On retrouve sa propre sélection
de ses enregistrements de 1975 à 1999 sur ECM : rarum
XIX (CD 066 5982).
C’est
à la demande du metteur en scène grec Yannis Margaritis
que le contrebassiste a composé une musique de scène
pour accompagner une nouvelle représentation de l’histoire
de cette jeune femme racontée par Sophocle (déjà
objet du célèbre opéra Elektra
de Richard Strauss) : "voilà le chemin de ton
fatal chagrin, te faisant franchir pour toujours les limites
raisonnables vers une inguérissable peine, pour laquelle
il n’y a aucune délivrance du mal. Dis, d’où
vient cet art si épris de souffrance ?"
L’œuvre (en 18 parties) fut ainsi représentée
à Athènes en 2002 dans le cadre des Olympiades
culturelles en collaboration avec le Spring Theater Group. A
cette occasion Arild Andersen a rassemblé un grand nombre
d’associés grecs et norvégiens, aboutissement
des multiples directions prises par sa musique au cours des
dernière années, privilégiant les notions
de structure et d’arrangement.

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Alors
qu’on pouvait s’attendre à écouter
Niels Peter Molvaer (l’une des révélations
de l’électro-jazz) à la trompette,
c’est un confrère norvégien lui aussi
qui se trouve en premier plan dans la plupart des morceaux,
sorte de principal chanteur avec une sonorité très
vocale, influencée par les joueurs de shakuhashi
et de duduk et « manipulée » par Molvaer.
On distingue également le guitariste Eivind Aarset
(complice de Molvaer depuis dix ans) dans une ambiance
électrique qui fait référence à
un autre guitariste norvégien, Terje Rypdal. Les
deux chanteuses interviennent ponctuellement, augmentant
le caractère éminemment dramatique de cette
tragédie grecque confinée dans une atmosphère
résolument (trop ?) électro. |
Jazz ou
pas jazz, telle est la question ! Ceux qui ont apprécié
l’opéra de Paul Haynes mis en musique par Carla
Bley, Escalator over the Hill, ceux qui ne sont pas
indifférents aux travaux du pianiste Uri
Caine et ses arrangements sur notamment Mahler et Wagner,
ceux-là alors doivent se laisser tenter. Quant aux autres
?
Jacques
Chesnel
(août 2005)
Jacques
Chesnel
est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de "Le
Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les
Grands Créateurs de Jazz" avec Gérald
Arnaud (Bordas) ; auteur et consultant "jazz" pour
l'Encyclopédie Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille
depuis plus de trente ans sur les rapports entre jazz et peinture.
(www.jazz-chesnel.com).

http://www.arildandersen.com/
http://www.ecmrecords.com/