Le Chant du cygne et autres histoires
d'Anton Tchekhov

mise en scène et adaptation
Roger Planchon

TNP, Villeurbanne
du 9 au 30 octobre 2001


au TNP, Villeurbanne
renseignements et location : 04 78 03 30 00

avec Roger Planchon, Anna Prucnal, Claude Lévêque, Nathalie Krebs, Denis Benoliel, Blanche Giraud-Beauregardt, René Morard, Frédéric Sorba, Elise Le Stume

Du même auteur
La Mouette (mars-avril 2002)
Platonov (mise en scène Eric Lacascade, Avignon 2002)

 

La pièce en tournée

Théâtre du Rideau Vert,
355 rue Guilford Montréal (Québec)
du 12 novembre au 8 décembre 2001


Salle André Mathieu
Laval (Québec)

du 14 au 16 décembre 2001
"Ces histoires de Tchekhov, Roger Planchon les choisit, les rapproche et les assemble. Les personnages (...), il les noue l'un à l'autre. Les dialogues, il les enchaîne. Les créatures, les paroles, les actions nées de la main de Tchekhov, et ici réunies, font une soirée de théâtre, neuve, bouffonne et pourtant grave, et qui s'achève qur un "chant du cygne"
(Michel Bataillon)

 

"Le jour où, pour la première fois, je lus le chant du cygne, je me dis trois choses : «Le rôle n'est pas pour moi, il faut, pour l'interpréter, un homme de soixante huit ans. Jamais je ne jouerai Vassili Vassilitch Svetlovidov puisque je ne vivrai pas jusque- là»". Roger Planchon avait alors seize ans, mais le voilà aujourd'hui en âge d'interpréter ce rôle et de réaliser «le souhait de l'apprenti comédien du cours de théâtre de Melle Guillaud à Lyon».
Aussi va-t-il convoquer tout son art, toute son expérience et toute «sa science» pour mettre en scène Svetlovidov : ce vieux comédien alcoolique, cette «vieille savate désabusée», dont la vie sentimentale n'a été que clowneries, et qui, bien qu'encore admiré par certains, ne se considère pas plus qu'«un citron pressé, une lavette, un clou rouillé».
Pour réaliser ce projet, R. Planchon a choisi des comédiens confirmés : leur voix est placée, leur ton juste, leurs gestes professionnels. Les décors, magnifiques et très étudiés, se succèdent avec une parfaite maîtrise. Soulignons au passage le bel hommage rendu à un lieu cher à Tchékhov : le cimetière. L'éclairage cramoisi, et le dévoilement soudain des chairs pulpeuses et des guêpières des catins sous leur manteau de bure, métamorphosent ce lieu sinistre en un bouge luxurieux. Rien à redire non plus sur l'occupation de l'espace. Les comédiens sortent de partout et sont partout : sur la scène, sous la scène et dans la salle, interpellant le public, l'intégrant à la représentation.
Enfin toute la grande machinerie du théâtre est utilisée : de la neige, du feu, des explosions, des décors qui s'écroulent ou qui s'envolent, et les apparitions ponctuelles et menaçantes d'une énorme statue de commandeur.
Un spectacle qui se veut le digne héritier du vaudeville, un spectacle qui se veut total, alliant danse et théâtre sur les airs tziganes d'un violon et d'un accordéon. Un spectacle bien léché, propre et professionnel. Mais voilà, on s'ennuie ! A trop vouloir en faire, on perd en rythme, en vie. Et exception faite de la jeune domestique dont la spontanéité et la vigueur de jeu font l'effet d'un charmant et séduisant épis dans une coiffure trop lisse et gominée, ce théâtre manque de vitalité, de corps. Le Chant du Cygne, le plus petit drame qui soit au monde et qui devait, selon Tchékhov, se jouer en quinze ou vingt minutes n'arrive qu'après deux longues heures d'épisodes juxtaposés (conglomérat de petits récits de Tchékhov) censés illustrer la vie de Svetlovidov. Le texte ainsi dilué dans la durée perd en efficacité et en saveur.
On aimerait plus souvent que le théâtre revienne à sa plus simple expression : une planche, deux tréteaux, une passion.

I. Bory & J-E. Denave
(octobre 2001)

voir aussi : Une demande en mariage (mise en scène M. Yendt)

Tchekhov
http://www.denise-pelletier.qc.ca/fiches/auteurs/tchekhov.html
http://www.russie.net/litterature/tchekhov.htm

Roger Planchon
http://www.letemps.ch/livres/Critique.asp?Objet=167

TNP
http://www.tnp-villeurbanne.com