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au
TNP, Villeurbanne
renseignements
et location : 04 78 03 30 00
avec
Roger
Planchon, Anna Prucnal, Claude Lévêque, Nathalie Krebs,
Denis Benoliel, Blanche Giraud-Beauregardt, René Morard,
Frédéric Sorba, Elise Le Stume
Du
même auteur
La Mouette (mars-avril 2002)
Platonov (mise en scène
Eric Lacascade, Avignon 2002)
La
pièce en tournée
Théâtre
du Rideau Vert,
355
rue Guilford
Montréal (Québec)
du 12 novembre au 8 décembre 2001
Salle
André Mathieu
Laval (Québec)
du
14 au 16 décembre 2001 |
"Ces
histoires de Tchekhov, Roger Planchon les choisit, les rapproche
et les assemble. Les personnages (...), il les noue l'un à
l'autre. Les dialogues, il les enchaîne. Les créatures,
les paroles, les actions nées de la main de Tchekhov,
et ici réunies, font une soirée de théâtre,
neuve, bouffonne et pourtant grave, et qui s'achève qur
un "chant du cygne"
(Michel Bataillon) |
"Le
jour où, pour la première fois, je lus le chant du
cygne, je me dis trois choses : «Le rôle n'est pas pour moi,
il faut, pour l'interpréter, un homme de soixante huit ans.
Jamais je ne jouerai Vassili Vassilitch Svetlovidov puisque je ne
vivrai pas jusque- là»". Roger Planchon avait alors
seize ans, mais le voilà aujourd'hui en âge d'interpréter
ce rôle et de réaliser «le souhait de l'apprenti
comédien du cours de théâtre de Melle Guillaud
à Lyon».
Aussi va-t-il convoquer tout son art, toute son expérience
et toute «sa science» pour mettre en scène Svetlovidov :
ce vieux comédien alcoolique, cette «vieille savate désabusée»,
dont la vie sentimentale n'a été que clowneries, et
qui, bien qu'encore admiré par certains, ne se considère
pas plus qu'«un citron pressé, une lavette, un clou rouillé».
Pour réaliser ce projet, R. Planchon a choisi des comédiens
confirmés : leur voix est placée, leur ton juste,
leurs gestes professionnels. Les décors, magnifiques et très
étudiés, se succèdent avec une parfaite maîtrise.
Soulignons au passage le bel hommage rendu à un lieu cher
à Tchékhov : le cimetière. L'éclairage
cramoisi, et le dévoilement soudain des chairs pulpeuses
et des guêpières des catins sous leur manteau de bure,
métamorphosent ce lieu sinistre en un bouge luxurieux. Rien
à redire non plus sur l'occupation de l'espace. Les comédiens
sortent de partout et sont partout : sur la scène, sous la
scène et dans la salle, interpellant le public, l'intégrant
à la représentation.
Enfin toute la grande machinerie du théâtre est utilisée :
de la neige, du feu, des explosions, des décors qui s'écroulent
ou qui s'envolent, et les apparitions ponctuelles et menaçantes
d'une énorme statue de commandeur.
Un spectacle qui se veut le digne héritier du vaudeville,
un spectacle qui se veut total, alliant danse et théâtre
sur les airs tziganes d'un violon et d'un accordéon. Un spectacle
bien léché, propre et professionnel. Mais voilà,
on s'ennuie ! A trop vouloir en faire, on perd en rythme, en vie.
Et exception faite de la jeune domestique dont la spontanéité
et la vigueur de jeu font l'effet d'un charmant et séduisant
épis dans une coiffure trop lisse et gominée, ce théâtre
manque de vitalité, de corps. Le Chant du Cygne,
le plus petit drame qui soit au monde et qui devait, selon Tchékhov,
se jouer en quinze ou vingt minutes n'arrive qu'après deux
longues heures d'épisodes juxtaposés (conglomérat
de petits récits de Tchékhov) censés illustrer
la vie de Svetlovidov. Le texte ainsi dilué dans la durée
perd en efficacité et en saveur.
On aimerait plus souvent que le théâtre revienne à
sa plus simple expression : une planche, deux tréteaux, une
passion.
I. Bory & J-E. Denave
(octobre
2001)

voir aussi :
Une demande en mariage (mise en
scène M. Yendt)
Tchekhov
http://www.denise-pelletier.qc.ca/fiches/auteurs/tchekhov.html
http://www.russie.net/litterature/tchekhov.htm
Roger
Planchon
http://www.letemps.ch/livres/Critique.asp?Objet=167
TNP
http://www.tnp-villeurbanne.com
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