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Théâtre
National de la Colline
15
rue Malte-Brun, Paris 20e
01 44 62 52 52
lumière
Bruno Goubert
costumes Marie-Frédérique Delestré
scénographie Françoise Lebeau, Thomas Longuet
et Gildas Milin
maquillage Fabienne Robineau
son Marc Bretonnière
direction technique Thomas Longuet
assistant mise en scène Guillaume Rannou
avec
Ese Brume, Marie Dablanc, Julie Denisse, Catherine
Ferran sociétaire de la Comédie-Française,
Michèle Goddet, Alexia Monduit, Florence Payros, Sophie
Rodrigues, Catherine Vinatier
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Si
une nouvelle forme de conscience émergeait au sein
de l’humanité, à quoi ressemblerait-elle
? En quoi différerait-elle de notre conscience subjective
dont on peut penser que l’apparition coïncide avec
la naissance de l’écriture et celle aussi des
premières grandes armées ? Les êtres dotés
de cette nouvelle forme de conscience seraient-ils portés,
comme cela a pu être le cas dans des époques
précédentes, à vouloir dominer l’humanité
et même à l’exterminer pour faire place
nette, ou bien, au contraire, seraient-ils portés,
non plus à vouloir dominer le monde, mais à
l’habiter?
Gildas Milin
Prochaines
dates
Lille,
Théâtre du Nord
du 4 au 10 avril 2003
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Sondeur
d’âme
Neurologue
dans un bunker militaire, Anna est employée par l’armée
afin de mettre au point une substance qui perturbe la conscience
des soldats, les rend plus aptes à la tâche et
finit de les déshumaniser. Mais bientôt Anna,
lucide quant à l’évolution de notre monde,
se détourne de sa mission pour se livrer à des
expériences scientifiques sur sept femmes afin de créer
un groupe de résistants. Obligés de vivre ensemble
24h sur 24h, 7 jour sur 7, elles éprouvent alors la
proximité, la fatigue, l’impossibilité
de dormir, et se doivent de gérer les conflits si elles
veulent survivre en attente de leur futur jugement. |
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Anna, dans ce lapse
de temps, élabore et teste une substance de confort améliorée
sur chacune d’elles, quitte à les violer dans leur corps,
leur intimité, leur identité, et ce, pour enrayer une
société qui serait régie par la pyramide des
consciences. Soumises à un traitement de choc visant donc à
élargir leur degré de conscience, ces femmes, toutes
magnifiquement incarnées, toutes d’une remarquable justesse,
toutes jouant leur rôle à merveille, forment un groupe
d’une grande homogénéité.
L’alchimie s’opère rapidement et Gildas Milin de
considérer, disséquer et relever avec attention les
réactions de cette communauté singulière ; et
comme dans quelques expériences scientifiques, d’éprouver
la résistance de chaque élément présent
sur le plateau.
Avec Anthropozoo, Gildas Milin propose un
théâtre réflexif qui ne néglige ni le corps
ni l’esprit, combine les formes avec audace, donnant ainsi naissance
à un pur précipité de ce qu’on désigne
trop souvent sous l’appellation de "théâtre
contemporain". Sondeur d’âme, l’auteur rentre
en contact avec le public, le provoque, communie avec lui, souvent,
se perd, parfois, mais instaure toujours une forme de communication
qui semble éviter le factice et les ennuyeuses palinodies de
nombreux spectacles ayant pour but d’intégrer le public
comme élément actif de la dramaturgie. Ainsi, si son
théâtre, comme le déclame le médecin, n’est
pas là pour informer et discuter, il se fait témoin
des mouvements du monde. Au public de répondre présent
et d’être réceptif à la vaste problématique
à laquelle il nous invite à réfléchir.
Il est certain que le spectacle pourra paraître ennuyeux à
qui ne fera pas l’effort de se poser en tant qu’élément
intrinsèque du spectacle, et de s’interroger à
la lueur blafarde des néons de la salle, en revanche le spectateur
investi ressentira les chaudes émanations d’une pièce
qui dégage de véritables moments de grâce.
Définissant
les différents espaces de cette forteresse blanche dans laquelle
elles sont toutes enfermées, la scénographie n’est
pas étrangère à la réussite de ces quelques
sommets. Elle se justifie pleinement et rompt avec le caractère
gratuit voir gadget de la plupart des décors et plateaux
« contemporains » (le meilleur exemple est sans doute
à aller chercher dans les mises en scènes de Demarcy
Motta…) Le plateau, grand arc de cercle d’un blanc immaculé,
et surmonté de quelques néons dispensant une lumière
froide et clinique, retranscrit un univers carcéral parfaitement
étouffant voir confondant. Les crises succèdent aux
témoignages poignants et le spectacle de développer
une trame passionnante : radicale. Avec Anthropozoo,
Gildas Milin se positionne en marge des drames et comédies
sur l’échiquier du théâtre contemporain
pour proposer un théâtre scientifique teinté
de fantastique, pour finalement accoucher d’une forme de "théâtre
ludique" assez inédit qu’il faut espérer
voir se développer.
Philippe
Beer-Gabel
(Mars 2003)

http://www.colline.fr
http://www.theatre-contemporain.net/auteurs/milin/pdggm.htm
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