|
Poèmes
de Hovhannès Grigorian, Kévork Témizian,
Artem Haroutiounian, Krikor Beledian, Véhanoush Tékian,
Armen Chékoyan, Hratchia Tamrazian, Avag Eprémian,
Vahram Mardirossian, Mariné Pétrossian, Achot Khatchatrian,
Violette Krikorian, Khatchig Der Ghougassian, Tigran Paskévitchian,
Naïra Haroutiounian, Vazrik Bazil, Sonia Sanan, Nariné
Avétian, Arpi Voskanian, Karen Karslian.
De
la poésie avant tout*
(injonction du poète Nicolas Sarafian, 1902-1972)
«
C’est l’exil/chauve-souris de la pulsion des jours/qui
siffle et s’étouffe dans le sable/donne des ailes à
l’instant » écrit le poète Kévork
Témizian, marqué par le souvenir de la déportation.
Voici pour la
première fois, réunis dans une anthologie bilingue,
vingt poètes représentants de la nouvelle vague poétique
d’Arménie comme de sa diaspora. Bien que s’inscrivant
dans une rupture formelle et linguistique — tous sont nés
après la seconde guerre mondiale —, le lecteur constatera
au fil des pages, une prégnance du passé : «
(…) le propre du temps poétique arménien est
que le passé ne passe pas mais demeure dans la langue, pour
se transformer en rituel, testament ou objet de transmission ».
Le passé d’un peuple, dont la souffrance ne date pas
d’hier. En 1087, le prêtre Aristakès écrivait
déjà le Récit des malheurs de la nation
arménienne :
«
(…) Déportés par d’intraitables étrangers,
Arrachés
à leurs êtres chéris, épargnés
par l’épée,
Ils se sont dispersés tels des astres errants. »
| 
poèmes
choisis et traduits par Olivia Alloyan, Stéphane Juranics,
Krikor Beledian, Nounée Abrahamian
|
La
beauté de cet ouvrage réside dans son entreprise
même, celle de réunir des voix singulières,
des voix nouvelles, qui s’élèvent au nom
d’un peuple d’exilés et d’où
émerge une identité commune. Hovhannès
Grigorian, qui ouvre le recueil avec son poème éponyme
Avis de recherche, commence ainsi :
«
Attention,
dernier rapport:
à la fin du XXe siècle, à 16h15,
le peuple arménien a quitté le pays
et n’est toujours pas revenu… »
Suivez
les poètes ! a-t-on envie d’ajouter, suivez leurs
flambeaux, le peuple arménien est là, bien vivant,
au bout de leur plume, porteurs d’avenir : «
j’ai arraché le mot aux crevasses de la langue»
écrit la jeune Arpi Voskanian, du haut de ses 28 ans.
Maïa
Brami
(novembre 2006) |
Née
en 1976, Maïa Brami
est écrivain — pour petits, moyens et grands! —
et journaliste. En parallèle aux ateliers d'écriture
dans les écoles et lycées, elle anime une chronique
hebdomadaire sur la littérature Jeunesse dans l'émission
Au fil des pages, diffusée sur les ondes de RCF.
Après un premier roman, Vis ta vie Nina (Grasset
Jeunesse, Prix Chronos 2002) elle a reçu en juin 2005 le
Prix Matti Chiva de l'Institut Danone pour un album, Goûte
au moins! (Circonflexe). Derniers titres paru : Mon arbre
ami illustré par Ingrid Monchy (Les albums Duculot,
Casterman, 2005) et un roman, Norma (Folies
d'Encre, 2006).

Editions
Parenthèses
72, cours Julien
13006 Marseille
Poésie
: articles en ligne
Année
de l'Arménie 2006
|