Avis de recherche
Une anthologie de la poésie arménienne contemporaine

édition bilingue, introductions, biographies
Collection Diasporales
Éditions Parenthèses, 2006

 

 

Poèmes de Hovhannès Grigorian, Kévork Témizian, Artem Haroutiounian, Krikor Beledian, Véhanoush Tékian, Armen Chékoyan, Hratchia Tamrazian, Avag Eprémian, Vahram Mardirossian, Mariné Pétrossian, Achot Khatchatrian, Violette Krikorian, Khatchig Der Ghougassian, Tigran Paskévitchian, Naïra Haroutiounian, Vazrik Bazil, Sonia Sanan, Nariné Avétian, Arpi Voskanian, Karen Karslian.

 

De la poésie avant tout*
(injonction du poète Nicolas Sarafian, 1902-1972)

« C’est l’exil/chauve-souris de la pulsion des jours/qui siffle et s’étouffe dans le sable/donne des ailes à l’instant » écrit le poète Kévork Témizian, marqué par le souvenir de la déportation.

Voici pour la première fois, réunis dans une anthologie bilingue, vingt poètes représentants de la nouvelle vague poétique d’Arménie comme de sa diaspora. Bien que s’inscrivant dans une rupture formelle et linguistique — tous sont nés après la seconde guerre mondiale —, le lecteur constatera au fil des pages, une prégnance du passé : « (…) le propre du temps poétique arménien est que le passé ne passe pas mais demeure dans la langue, pour se transformer en rituel, testament ou objet de transmission ». Le passé d’un peuple, dont la souffrance ne date pas d’hier. En 1087, le prêtre Aristakès écrivait déjà le Récit des malheurs de la nation arménienne :
« (…) Déportés par d’intraitables étrangers,
Arrachés à leurs êtres chéris, épargnés par l’épée,
Ils se sont dispersés tels des astres errants.
»

poèmes choisis et traduits par Olivia Alloyan, Stéphane Juranics, Krikor Beledian, Nounée Abrahamian

La beauté de cet ouvrage réside dans son entreprise même, celle de réunir des voix singulières, des voix nouvelles, qui s’élèvent au nom d’un peuple d’exilés et d’où émerge une identité commune. Hovhannès Grigorian, qui ouvre le recueil avec son poème éponyme Avis de recherche, commence ainsi :

« Attention,
dernier rapport:
à la fin du XXe siècle, à 16h15,
le peuple arménien a quitté le pays
et n’est toujours pas revenu… »

Suivez les poètes ! a-t-on envie d’ajouter, suivez leurs flambeaux, le peuple arménien est là, bien vivant, au bout de leur plume, porteurs d’avenir : « j’ai arraché le mot aux crevasses de la langue» écrit la jeune Arpi Voskanian, du haut de ses 28 ans.

Maïa Brami
(novembre 2006)

Née en 1976, Maïa Brami est écrivain — pour petits, moyens et grands! — et journaliste. En parallèle aux ateliers d'écriture dans les écoles et lycées, elle anime une chronique hebdomadaire sur la littérature Jeunesse dans l'émission Au fil des pages, diffusée sur les ondes de RCF. Après un premier roman, Vis ta vie Nina (Grasset Jeunesse, Prix Chronos 2002) elle a reçu en juin 2005 le Prix Matti Chiva de l'Institut Danone pour un album, Goûte au moins! (Circonflexe). Derniers titres paru : Mon arbre ami illustré par Ingrid Monchy (Les albums Duculot, Casterman, 2005) et un roman, Norma (Folies d'Encre, 2006).

 

Editions Parenthèses
72, cours Julien
13006 Marseille

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Année de l'Arménie 2006