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L'annulaire
est un beau récit, étrange et déroutant, surprenant
par sa brièveté et par sa sobriété de
ton. On apprend peu de choses de la vie passée de la narratrice,
une jeune fille candide et sans attaches. Employée dans une
usine de boissons gazeuses, une machine lui arrache une partie de
son corps : un morceau de chair de son annulaire. Bouleversée
par cette perte, elle part en ville et trouve un emploi dans un
laboratoire très spécial. L'unique employé
de l'immense bâtisse, monsieur Deshimaru, y rassemble des
objets qui incarnent, pour les personnes qui les apportent, une
souffrance, un souvenir etc. Ces objets subissent alors une transformation
et deviennent des 'spécimens', entreposés à
jamais.
Alors que la jeune secrétaire s'installe dans une routine
en apparence apaisante, elle succombe peu à peu, fascinée,
aux obsessions de son patron, et le récit devient celui d'une
emprise tragique. Ce qui semble lier les personnages est 'l'objet',
quelqu'il soit, toujours décrit de façon minutieuse
: les chaussures de la fille, la blouse de Deshimaru, les différents
spécimens ... L'écriture, limpide, s'attache à
désincarner les objets, à leur donner une âme,
capable de dominer un être humain.
L'auteur maîtrise parfaitement la tension progressive des
événements et en dépit des avertissements et
des signes avant-coureurs la jeune fille est projetée, sans
violence, dans un abîme fétichiste : la tragédie
se rapproche, implacable, inéluctable.
B.Longre
Yôko
Ogawa est l'auteur d'autres récits traduits en français
:
Les Abeilles , Actes Sud, 1995
La Piscine, Actes Sud, 1995
La Grossesse,
Actes sud, 1997
Ces trois récits forment un recueil publié par Babel
(co-édition Actes-Sud-Leméac) en 1998.
Le
réfectoire un soir et une piscine sous la pluie / un thé
qui ne refroidit pas, Actes Sud, 1998. et
d'un roman Hôtel Iris (Actes
Sud, 2000)

http://www.actes-sud.fr
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