L’auteur des moments de vie

Née dans les années cinquante, Anne Vantal est écrivain depuis plusieurs années. Très jeune, elle a commencé à écrire. C’est vers sept ans qu’elle prend la plume pour ne plus la lâcher. Solitaire, timide, elle s’invente des histoires, jouent avec les mots. Après un parcours scolaire des plus brillants, orienté vers les matières scientifiques par goût, elle opte tout compte fait pour la faculté de chinois. Ses tribulations la porteront vers l’enseignement pendant un an, puis vers le journalisme. Par ce biais, elle prend contact avec des éditeurs et procède à des recherches documentaires sur commandes qui aboutiront à ses premiers livres : des documentaires pour adulte comme « Le café » ou « Le pain » (éditions Le Chêne) et une collaboration à « Histoire de la Littérature ». Elle a alors 35 ans. Elle publie aussi des articles dans une revue scientifique, «Energies pour le monde».

Depuis 2003, Anne Vantal écrit des romans pour la jeunesse. Publiée chez Actes sud, dans la collection Les premiers romans, elle compte à ce jour trois livres dont les sujets sont tous inspirés de la vie quotidienne des enfants. L’auteur a rencontré un fort succès avec Chère Théo en 2005, roman qui a reçu le Prix Sorcières. Depuis elle a écrit un livre pour les adolescents, chez le même éditeur dans la collection Ados, Le maître des vecteurs.

La rentrée 2006 sera fructueuse pour Anne Vantal puisqu’elle verra publier deux nouveaux livres : La dégustation du vin et un second roman pour lycéens, L’été outremer. Nous lui souhaitons bonne continuation, en la remerciant de sa gentillesse et de sa disponibilité.

 

 

A la demande de l'auteur, nous supprimons l'entretien qu'elle avait accordé en mai 2006 à Laura Fontanella.

 

 

Les ouvrages

par L. Fontanella (juin 2006)

Pourquoi j’ai pas les yeux bleus ?
Illustrations de Jean-François Martin
Actes sud junior Les premiers romans cadet, 2003

Maya a des cheveux très noirs et très bouclés, elle a la peau très brune, elle est plutôt petite pour ses presque dix ans et elle a les yeux complètement noirs. Pas marron, ou brun, ou ocre, noir noir. Voilà le problème de Maya. Elle aimerait tant avoir le même regard que sa mère : des yeux d’un bleu magnifique. Elle aimerait tant avoir la beauté de sa maman admirée de chacun. Maya a une idée fixe qui devient une obsession, au point de faire les plus belles bêtises… et surtout de se tourmenter sur son identité et ses origines. Mais ses parents comprennent vite sa colère et sa tristesse et reprennent patiemment avec elle son histoire comme on ouvre le grand livre de l’adoption.
Anne Vantal écrit ici sa première histoire pour enfant. Elle y pose sa marque d’écriture. Ce qui constituera ses ingrédients dans tous ses écrits est posé dans ce court roman. En sept chapitres d’un français impeccable, l’auteur emmène le lecteur dans le récit de la vie quotidienne d’un enfant. On y trouve un brin de question psychologique, une bonne dose d’humour, un récit à la première personne qui s’adresse souvent au lecteur, des personnages déterminés et indépendants et une histoire de terrain bien menée. Ce premier roman pour enfant est un succès mais surtout un bon «terreau» pour les prochains livres.

Chère Théo
Illustrations de Marc Boutavant
Actes sud junior Les premiers romans cadet, 2004

Théo, en fait, c’est une femme, Théodora de son prénom entier. C’est la nouvelle compagne du père de Léa. Elle est entrée en coup de vent dans leur vie, comme un « cadeau des dieux ». Dans son journal intime, Léa, petite fille de neuf ans, raconte sa nouvelle vie à trois, avec cette femme, ce tourbillon de gaieté, venue de Grèce avec, dans ses bagages, son drôle d’accent, ses chansons et ses danses, sa cuisine et ses fabuleuses histoires d’un autre temps. Entre Léa et Théo, c’est un véritable lien d’amitié qui se tisse au fil des pages. Un jour, cependant, c’est un « coup du diable » qui s’abat sur Léa : le départ de Théo. Et c’est seulement à ses dix-huit ans que Léa pourra renouer les liens avec son amie d’Athènes.
Prix Sorcières 2005, ce roman, adressé aux plus jeunes, est une tranche de vie d’une famille recomposée, mais avant tout une belle histoire d’amitié. Dans un français joyeusement ponctué de mots grecs, Chère Théo défile comme une lettre sous les yeux du lecteur, ravi de plonger dans cet univers quotidien et si vrai. Le récit en suspens laisse le loisir d’inventer, de s’évader, de rêver à Théo et Léa. Une réussite !

Je hais la comtesse
Illustrations de Thomas Baas
Actes sud junior Les premiers romans cadet, 2005

Enfants modèles, Madeleine, Camille et Paul auraient tout pour plaire à la Comtesse de Ségur, jusqu’à leur prénom. C’est que leur mère voue un culte sans limite à cet auteur d’un autre siècle et aux bonnes manières légendaires. Seulement, les trois enfants en ont assez. Ils veulent être des enfants comme les autres, des enfants du siècle en cours. Porter des jeans et des baskets plutôt que des jupes et des souliers vernis, écouter leur chanteur préféré à la place des lectures répétitives de l’auteur vénéré, voilà qui serait beaucoup mieux ! Lors des vacances, tous trois déclarent la guerre à leur mère ; c’est l’opération « Je hais la comtesse » pendant laquelle ils vont faire le plus de bêtises possible pour avoir raison de leur mère et de la comtesse. Cette opération portera ses fruits…
Je hais la comtesse est un roman drôle, sympathique et dynamique, à conseiller de toute urgence aux enfants dès huit ans, qui se retrouveront facilement dans cette histoire, et aussi à leurs parents qui seront séduits par le second message que délivre ce roman : l’importance de la liberté d’expression des enfants.

Le maître des vecteurs
Actes sud junior Ado, 2006

« Je suis nul en maths ». Curieux qu’un garçon prononce cette phrase et pourtant c’est le difficile constat que fait chaque jour, Blaise, collégien solitaire et malheureux. Timide, il ne se fait pas remarquer et encore moins avec les filles. Enfant unique, il exprime sa sensibilité dans ses moments de solitude par la poésie. Mais voilà, Blaise, en plus de son enfermement naturel et de son prénom dû à un certain Monsieur Pascal, est né dans une famille de mathématiciens. « Ma vie est un enfer et je connais le diable en personne ». Et c’est une fille qui va le tirer de ce mauvais chemin. Ana Luisa a un regard différent sur Blaise, et Blaise en retour ne trouve aucun défaut à Ana Luisa. Une entraide, teintée de sentiments, va lier les deux adolescents vers la réussite et l’acceptation de eux-mêmes.
Derrière un titre stricte et clair se cache un récit dont la sensibilité de la narration, la justesse du ton et des mots, la sincérité des personnages et l’humour rafraîchissant nous font tomber sous le charme. Ce roman ressemble à un petit moment de vie d’adolescent où ils se retrouveront sans peine. Une très bonne référence pour un bon instant de lecture.


 

 

Laura Fontanella est bibliothécaire pour enfants. Elle s’intéresse avec passion à la littérature jeunesse. Elle s’amuse avec les mots, les livres, les illustrations afin de les mettre à la portée de tous les enfants. Mais elle aime aussi écouter les autres raconter les histoires et parfois les conter elle-même.

http://www.actes-sud.fr/junior/