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Tamarind
Woman est un récit à deux voix,
plutôt plaisant mais sans grande originalité
si l’on a déjà lu, entre autres, Le
Dieu des petits rien d’Arundhati Roy, les romans
de Chitra Banerjee Divakaruni,
de Manju Kapur, de Bharatee Mukherjee ou d'Anita
Desai ; l’auteure emprunte en effet des
voies bien tracées, entre réminiscences familiales
et destins de femmes en racontant l’existence de celle
que son entourage a surnommée « Tamarind Woman
» (pour l’acidité de sa langue et son caractère
coléreux et impulsif) et les relations qu'elle entretient
avec sa fille Kamini, partie étudier au Canada ; des
relations tendues qui permettent à l’auteur de
mettre en place des thèmes devenus quelque peu conventionnels
: le fossé entre générations (Inde traditionnelle
contre Inde moderne), les mariages arrangés, les tentatives
d‘émancipation des femmes et leurs espérances
frustrées, l’héritage colonial, etc.
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Plus particulièrement,
l’auteure cherche à définir les notions de passé
et de mémoire, et comprendre comment les mêmes événements
peuvent être interprétés différemment
selon la place que l’on tient dans l’histoire : d’un
côté, Kamini avec son regard d’enfant, de l’autre
sa mère, une femme déjà usée à
trente ans, croulant sous le poids d’une vie et d’un
rôle qu’elle n’a pas choisis.
D’autres
éléments tendent à renforcer la banalité
des intrigues et entretiennent des clichés exotiques dont
le lecteur amateur de littérature anglo-indienne a tendance
à se lasser : une improbable histoire d’amour, évoquée
en filigrane, qui se marie assez mal au reste du récit, des
événements prévisibles, une surdose de bons
sentiments et quelques souvenirs un peu surfaits. Ces impressions
de déjà-vu ne sont pas totalement négatives
si l'on s’attend à pénétrer dans un monde
romanesque touchant mais sans grande envergure... L’écriture
d’Anita Rau Badami compense cependant le « classicisme
» de l’ensemble : un style légèrement
oralisé, des touches de comédie, une prose qui sait
se faire poétique et quelques personnages secondaires pittoresques,
comme la vieille Linda Ayah, qui veille d’un œil perçant
sur la maisonnée et dont les croyances extravagantes effrayent
les enfants.
La romancière avoue avoir voulu d'abord écrire un
récit autobiographique et le lecteur le perçoit d'emblée
; se ravisant, Anita Rau Badami s'est ensuite décidée
à composer un récit fictif : une incapacité
à trancher qui fait de Tamarind Woman
un récit hybride, une sorte d'auto-fiction romancée
mais malheureusement sans profondeur.
Blandine
Longre
(juillet
2003)

Bloomsbury
http://www.bloomsburymagazine.com
http://www.umiacs.umd.edu/users/sawweb/sawnet/books/anita_rau_badami.html
http://collection.nlc-bnc.ca/100/202/300/january/2001/01-01-08/raubadami.html
http://mostlyfiction.com/excerpts/tamarindwoman.htm
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