Festival d’Angoulême
du 26 au 29 janvier 2006

 

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Les Prix

 

Le programme en ligne http://www.bdangouleme.com/

 

Des hommes, des genres, des éditeurs...

La 33ème édition du Festival d’Angoulême, présidée par Georges Wolinski, qui succède à Zep, se déroule du 26 au 29 janvier. La cité des Charentes va voir ses rues envahies par une foule compacte, des fans aux sacs chargés d’albums, en quête de dédicaces pour lesquelles ils devront se montrer patients, des auteurs qui entament là un véritable marathon… Plus de 300 000 personnes chaque année fêtent la bande dessinée à Angoulême !
Depuis quelques semaines, la sélection des albums nominés a été rendue publique et il faut attendre jusqu’au 26 janvier pour connaître LES albums primés dans les différentes catégories.
L’occasion de faire le point sur la manière dont sont décernés les prix et sur la sélection des albums qui sont en compétition cette année.

42 albums ont été distingués cette année, parmi les 2701 nouveautés parues en français en 2005 et ils concourent pour les six Prix officiels que vont remettre les membres du Grand Jury.
Lorsque l’on examine attentivement la présélection, on constate que les « experts » qui s’en sont chargés, ont mis en avant la bande dessinée d’auteur, plutôt produite par des maisons indépendantes, dont les tirages sont loin de ceux des mastodontes de la bande dessinée traditionnelle franco-belge ou de ceux de certaines séries de mangas (le dernier volume d’Astérix a été tiré par exemple à 3 178 000 exemplaires ! ; Le Petit Spirou à 600 000 ; les plus gros tirages de mangas atteignent en France les 40 000 exemplaires). Dans la présélection, on a donc essentiellement affaire à de la bande dessinée d’auteurs avec des titres et des auteurs assez peu connus du grand public. D’autre part, la plupart de ces albums sont des «one shot» et échappent donc au phénomène « série » dont la publication court parfois sur quelques décennies et finit par lasser la patience des lecteurs qui doivent attendre très longtemps et acheter beaucoup d’albums pour connaître le dénouement de l’histoire pour laquelle ils se sont passionnés.

Parmi ces 42 albums distingués, quelques grandes caractéristiques apparaissent très nettement :
Du monde entier …
Les trois pôles mondiaux de la bande dessinée sont représentés : domaine franco-belge (prédominant) ; anglo-saxon et japonais.
17 sont écrits et dessinés par des auteurs français : Marguerite Abouet, Stéphane Blanquet, Blutch, Guillaume Bouzard, Etienne Davodeau, Philippe Dupuy, Flo’ch, Frantico, Jean-Pierre Gibrat, Mezzo, Hugues Micol, Chantal Montellier, Clément Oubrerie, Loo Hui Phang (d’origine laotienne) Pirus, François Rivière, Jacques Tardi ;
9 européens : belge : Jean-Luc Cornette, Stéphane Oiry et Nix ; italien : Gipi ; suisse : Thomas Ott et Frédérik Peeters ; polonais : Gawronkiewicz et Janusz ; norvégien : Jason ; et espagnol : Juan Guarnido et J.D. Canales.
11 appartiennent au domaine anglo-saxon (Etats-Unis et Canada) : Dave Coopers, Vince Locke, Eric Powell, Charles Schultz, E.C. Segar, Jeff Smith, Cliff Sterett, John Wagner Chris Ware.
5 sont japonais : Kazuichi Hanawa, Takashi Kurihara, Taiyou Matsumoto, Kazuo Umezu et Osamu Tezuka.

Des hommes …
Le Neuvième Art est très largement dominé par les hommes, même si le lectorat se féminise un peu, notamment par le biais des adolescentes qui deviennent lectrices de mangas. Malgré cela, les femmes auteurs de bandes dessinées sont encore très peu nombreuses. Cet état de choses se reflète nettement dans cette présélection où l’on ne relève que trois femmes, Marguerite Abouet, l’Ivoirienne, Chantal Montellier, la Française et Loo Hui Phang, la Laotienne!

Des genres…

The autobiography of me too two, de Bouzard, Les Requins marteaux

Bande dessinée d’auteur, roman dessiné, roman graphique, bande dessinée alternative…, quel que soit le terme que l’on emploie pour désigner cette bande dessinée née il y a une quinzaine d’années et mise en avant par des éditeurs comme L’Association, ce courant-là fait la part belle à la narration plutôt qu’au « beau » dessin, aux cadrages vertigineux et spectaculaires, aux décors grandioses ; il explore surtout la veine autobiographique, l’expression du « je », le reportage … Il est donc évident et logique que dans la présélection, cette veine soit la plus représentée ! Dans cette présélection, on trouve donc des récits à la première personne, expression du «jeu», autobiographie, biographie, reportage … (A la lettre près, Le Blog de Frantico, Les Damnés de Nanterre, Dans la prison,Hanté, Les Jalousies,Les Mauvaises gens, Olivia Sturgess, Pascin, Quimby the mouse, Ripple, The autobiography of me too two.)

Mais aussi quelques récits historiques (Fritz Haber Notes pour une histoire de guerre, Le Vol du corbeau), des chroniques sociales ou intimistes (Aya de Yapougon, History of violence, Kinki et Cosy, Locas, Le Petit bleu de la côte Ouest, Le Roi des mouches) ; des récits qui explorent la veine de l’horreur, du récit fantastique ou du quotidien décalé ou déjanté (Black Hole, Bone Chocottes, Cinema Panopticum, Comment décoder l’etircopy, Cornigule, L’Ecole emportée, Gogo Monster, Les Passe-Murailles, Prestige de l’uniforme, The Goon), de l’humour, avec Popeye, Polly, Snoopy, trois bandes dessinées classiques américains, sélectionnées dans le prix du Patrimoine ; de la science-fiction (Lupus et Prince Norman), du policier (Black Sad et Essence) et un western, avec Bouncer.

Des éditeurs …
19 éditeurs français, belges et suisses ont des albums figurant dans la présélection. Paradoxalement, ce ne sont pas les « grands » éditeurs de bande dessinée (j’entends par «grands» les éditeurs dont la production, en nombre de titres, est la plus importante, qui appartiennent à de puissants groupes d’édition et qui ne publient que de la bande dessinée) qui sont les plus représentés dans cette liste. On trouve aussi des éditeurs indépendants qui sont de véritables découvreurs de talents : Cornélius, L’Association, Les Requins marteaux, Ego comme X, L’An 2… et des éditeurs de littérature générale ou de jeunesse qui se sont dotés, parfois très récemment, d’un département bande dessinée, puisque la vague bande dessinée est en 2005 est véritable déferlante : Actes Sud, Gallimard, Denoël ou La Joie de lire. C’est Delcourt, éditeur indépendant fondé par Guy Delcourt il y a vingt ans maintenant, dont le catalogue rassemble des séries très grand public comme des auteurs plus confidentiels, qui aligne le plus grand nombre de titres sélectionnés (7 titres).
Quant aux autres : L’Association : 4 titres, Dupuis : 4 titres, Albin Michel : 3 titres, Cornélius : 3 titres, Dargaud : 3 titres , Les Humanoïdes associés : 3 titres, Denoël Graphic : 2 titres, Glénat : 2 titres, Seuil : 2 titres
Les éditeurs qui ont un titre sélectionné : Actes Sud, L’An 2, Atrabile, Carabas, Ego comme X, Gallimard, La joie de lire, Le Lombard, Les requins marteaux.
Enfin, notons l’absence de certains éditeurs qui, longtemps, ont été les habitués des prix à Angoulême, Casterman en particulier.

 

 

 

Nos albums préférés dans les ouvrages remarqués

Le Vent dans les sables, tome 1 : L’Invitation au voyage
de Michel Plessix, Delcourt (Jeunesse)

sélection Grand Prix RTL de la BD

L’Aigle sans orteils
de Lax, Dupuis 2005
Sélection Prix public du meilleur album
- Lauréat du Grand Prix RTL de la BD

Quintett, tome 1 : Histoire de Dora Mars
de Frank Giroud et Cyril Bonin, chez Dupuis (Empreintes)

Sélection Grand Prix RTL de la BD

Aya de Yopougon
de Marguerite Abouet & Clément Oubrerie Gallimard, 2005
Sélection Prix du premier Album

Période glaciaire
de Nicolas de Crécy, Futuropolis - co-édition musée du Louvre, 2005

Notes pour une histoire de guerre
de Gipi, Actes Sud BD
Sélection Prix René Goscinny - sélection Prix du Meilleur Album

Fritz Haber tome 1 : L’esprit du temps
de David Vandermeulen, Delcourt (Mirages)
Sélection - Prix du meilleur album

Les mauvaises gens
de Etienne Davodeau, Delcourt 2005
Sélection Prix public du meilleur album - Prix du Scénario

Hemingway
de Jason, Carabas, 2005
Prix du scénario

Les Passe-Murailles, tome 1 : Le dedans des choses
de Jean-Luc Cornette et Stéphane Oiry, Les Humanoïdes associés

Olivia Sturgess 1914-2004
de François Rivière et Flo’ch, Dargaud, 2005

Chocottes au sous-sol
de Blanquet, La Joie de lire 2005

Gogo Monster
de Matsumoto, Delcourt, 2005

Prestige de l’uniforme
de Hugues Micol, Dupuis (Expresso), 2005

Dans la prison
de Kazuichi Hanawa, Ego comme X, 2005

A history of violence
de J. Wagner et V. Locke, Delcourt

Le Blog de Frantico
de Frantico, Albin Michel

Locas
de Jaime Hernandez, Seuil

Popeye
de Segar, Denoël Graphic

Théodore Poussin, tome 12 : Les Jalousies
de Frank Le Gall, Dupuis (Repérages)

Blacksad, tome 3 : Ame rouge
de Canales et Guardino, Dargaud

 

 

 

 

Les prix : comment cela marche ?

Le Grand Jury, composé de sept personnes qui changent chaque année, attribue 6 prix : le Prix du meilleur album, le Prix du dessin, le Prix du scénario, le Prix du premier album, le Prix de la série, le Prix du patrimoine de la bande dessinée.
Les membres du grand Jury cette année sont Georges Wolinski, Stéphane Vacchiani-Mercuzzo, journaliste et directeur de la Charente libre, Louis Schweitzer, président de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité, Marc Lambron, journaliste et romancier, architecte-scénographe et directeur du magazine de bande dessinée PLG, Olin Alexis, journaliste et rédacteur en chef de la revue ukrainienne K9, et Kiris Kinnunen, productrice d’événements, interprète, agent en Finlande.

Les experts : un très gros travail préparatoire est nécessaire et tout au long de l’année, un groupe d’experts ausculte très précisément l’énorme production d’albums (2701 nouvelles bandes dessinées ont été publiées en France en 2005 !) afin d’établir la sélection que devront lire ensuite les membres du Grand Jury.
Ce groupe de travail se compose de Julien Bastide, critique de BD collaborant, entre autres, à Animeland, Bang !, Chronic’Art et 9ème Art, Thierry Bellefroid, romancier et journaliste à la RTBF, José-Louis Bocquet, romancier et scénariste, Nicolas Finet, journaliste et auteur, spécialiste de l’Asie, qui prépare un dictionnaire encyclopédique des mangas, Olivier Jalabert, libraire spécialisé, Benoît Mouchard, directeur artistique du Festival d’Angoulême et Jean-Marc Thévenet, le Directeur Général d’Angoulême.

La sélection dans les six catégories

Prix du meilleur album
Ripple, de David Cooper, Seuil
Hanté, de Philippe Dupuy, Cornélius
Notes pour une histoire de guerre, Gipi, Actes Sud
Le Petit bleu de la côte Ouest, de Jean-Patrick Manchette et Jacques Tardi, Humanoïdes associés
Les Damnés de Nanterre, de Chantal Montellier, Denoël Graphic
Albany, tome 4 : Olivia Sturgess, F. Rivière et Floc’h
Fritz Haber, tome 1 : L’Esprit du temps, de David Vandermeulen, Delcourt (Mirages)

Prix du dessin
Chocottes au sous-sol, de Blanquet, La Joie de lire
Mitchum, de Blutch, Cornélius
Le Vol du corbeau, T. 2, J-C. Gibrat, Dupuis - Aire libre
Gogo Monster, de Taiyou Matsumoto, Delcourt
Prestige de l’uniforme, de Hugues Micol et Loo Hui Phang, Dupuis (Double Expresso)
Cinéma panopticum, de Ott, à L’Association
Quimby the Mouse, de Chris Ware, à L’Association

Prix du scénario
The autobiography of me too two, de Bouzard, Les Requins marteaux
Les Passe-muraille, tome 1 : Le Dedans des choses, de J-L.Cornette et S. Oiry, Humanoïdes associés
Les Mauvaises gens, de Etienne Davodeau, Delcourt
Dans la prison, de Kazuichi Hanawa, Ego comme X
Hemingway, de Jason, chez Carabas
Le Roi des mouches, T. 1, Hallorave, de Mezzo et Pirus, Albin Michel
A history of violence, de J. Wagner et V. Locke, Delcourt

Prix du premier album

Aya de Yopougon, T. 1, de M. Abouet et C. Oubrerie, Gallimard (Bayou)
Le Blog de Frantico, de Frantico, Albin Michel
Essence, tome 1 : Otto Bohater, de Janusz et Gawronkiewicz, Glénat
Kinki et Cosy, tome 1 : C’est encore loin ?, de Nix, au Lombard (Troisième degré)
A la lettre près, de Cyrille Pomès, Albin Michel
The Goon, tome 1 : Rien que de la misère, de Eric Powell, Delcourt
Cornigule, de Takashi Kurihara, chez Cornélius

Prix de la série
Blackhole, T. 6 : Bleu profond, de Charles Burns, Delcourt (Contrebande)
Blacksad, T. 3 : Ame rouge, de Canales et Guardino, Dargaud
Bouncer, T. 4 : La Vengeance du manchot, de Jodorowsky et François Boucq, les Humanoïdes associés
Théodore Poussin, T. 12 : Les jalousies, de Franck Le Gall, Dupuis (Repérages)
Lupus, T. 3, de Frédérik Peeters, Atrabile
Pascin, La Java bleue, de Joann Sfar, à L’Association
Bone, T. 11 : La Couronne d’aiguilles, de Jeff Smith, Delcourt (Contrebande)

Prix du patrimoine de la bande dessinée
Poly and her Palls, de Clift et Sterrett, L’An 2
Hypocrite, tome 1 : Comment décoder l’étircopyh, de Jean-Claude Forest, à L’Association (Esperluette)
Locas, volume 1, de Jalme Hernandez, Seuil
Snoopy et les Peanuts, de Charles Schulz, Dargaud
Popeye, de Segar, Denoël Graphic
Prince Norman, T. 1 de Osamu Tasuka, Cornélius
L’Ecole emportée, de Kazuo Umazu, Glénat (Bunko)

Prix public du meilleur album
Neuf personnes attribuent ce prix, choisies par le festival d’Angoulême et parmi les lecteurs de L’Express et de Télé Poche. Ces personnes ont a choisi L’Album parmi 15 titres pré-sélectionnés.

Sam et Twich, de Marc Andreyko et Paul Lee, Delcourt
Blacksad, tome 3 : Ame rouge, de Canales et Guardino, Dargaud
Période glaciaire, de Nicolas de Crécy, Futuropolis
Les Mauvaises gens, de Etienne Davodeau, Delcourt
Bouncer, tome 4 : La Vengeance du manchot, de Jodorowsky et François Boucq, les Humanoïdes associés
Naruto, de Masashi Kishimoto, Kana
Roy et Al, de Ralf Konig, chez Glénat
L’Aigle sans orteils, de Lax, Dupuis (Aire libre)
Le Petit bleu de la côte Ouest, de Jean-Patrick Manchette et Jacques Tardi, Les Humanoïdes associés
Kinki et Cosy, tome 1 : C’est encore loin ?, de Nix, au Lombard (Troisième degré)
Le Chat du rabin, tome 4, de Joann Sfar, Dargaud (Poisson pilote)
Terre de rêves, de Jiro Taniguchi, Casterman (Ecritures)
Largo Winch, tome 13, de Jean Van Hamme et Philippe Francq, Dupuis
Cour royale, de Veyron et Rochette, Albin Michel
Nana, de Ai Yazawa, Delcourt

Grand Prix RTL de la BD
Ce prix a été créé en 2004. Il est attribué par un jury de personnalités et de libraires spécialisés. Chaque mois, un album est distingué et les albums de l’année constituent la présélection.
Janvier 2005 : Salvatore, tome 1 : Transports amoureux, de Nicolas de Crécy, Dupuis (Expresso)
Février 2005 : Le retour à la terre, tome 3 : Le Vaste monde, de Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet, Dargaud (Poisson Pilote)
Mars 2005 : Le Vent dans les sables, tome 1 : L’invitation au voyage, de Michel Plessix, Delcourt (Jeunesse)
Avril 2005 : La Loi de Kanun, tome 1 : Dettes de sang, de Michel Chevereau et Jack Manini, Glénat
Mai 2005 : Les Passe-Murailles, tome 1 : Le Dedans des choses, de Jean-Luc Cornette et Stéphane Oiry, Les Humanoïdes associés
Juin 2005 : L’Aigle sans orteils, de Christian Lax, Dupuis (Aire libre)
Juillet et Août 2005 : Tigresse blanche, de Yann et Didier Conrad, Dargaud
Septembre 2005 : Quintett, tome 1 : Histoire de Dora Mars, de Frank Giroud et Cyril Bonin, Dupuis (Empreintes)
Octobre 2005 : Période glaciaire, de Nicolas de Crécy, Futuropolis
Le lauréat est Christian Lax, avec L’Aigle sans orteils, Dupuis (Aire libre)

Prix Jeunesse 7-8 ans
Des enfants de 7 et 8 ans choisissent leur album préféré, sans pré-sélection préalable.
Prix Jeunesse 9-12 ans
Un groupe d’enfants entre 9 et 12 ans établit en novembre une première liste de 5 albums, dans laquelle sera choisi l’album lauréat en janvier.

Les Naufragés d’Ythac, de Christophe Arleston et Floch, Soleil
L’Enfant de l’orage, tome 2, de Bichebois et Poli, Les Humanoïdes associés
Kid Paddle, tome 10, de Midam, Dupuis
Nävis, tome 2, de Jean-David Morvan et Jose Luis Munuera, Delcourt
Sillage, tome 8, de Jean-David Morvan et Philippe Buchet, Delcourt

Prix Bande dessinée alternative et fanzine
Un jury de spécialistes choisit la meilleure publication non-professionnelle (pas forcément francophone) dans une trentaine de publications pré-sélectionnées.

Prix Jeunes talents
Il récompense un ou une auteur(e) qui n’a encore jamais été publié. Vingt jeunes ont été au préalable pré-sélectionnés.

Prix de la communication
Des professionnels de la communication et de la bande dessinée choisissent la meilleure campagne de communication utilisant le support de la bande dessinée.

Prix René Goscinny
Ce prix, décerné par un jury de professionnels de la bande dessinée, distingue un ou une scénariste. Il est attribué à Gipi, pour son scénario de Notes pour une histoire de guerre, chez Actes Sud BD.

Et encore d’autres …

Prix de la Critique
Ce prix est remis par l’ACBD (l’Association des Critiques et journalistes de Bandes Dessinées, qui compte 68 journalistes). Il consacre un auteur exigeant qui explore la veine du reportage en bande dessinée. Ce prix a déjà été attribué même s’il n’est remis officiellement que pendant le Festival.
Cinq albums ont été distingués :
Période glaciaire, de Nicolas de Crécy, Futuropolis
Les Mauvaises gens, de Etienne Davodeau, Delcourt
La Bicyclette rouge, de Kim Dong Hwa, Paquet
Malet, de Nicolas Junker, Milan Treize Etrange
Bonne santé, de Charles Masson, Casterman.
Le lauréat est Etienne Davodeau, avec Les Mauvaises gens, aux éditions Delcourt

 

 

 

 

 

Les Passe-Murailles, tome 1 : Le dedans des choses
de Jean-Luc Cornette et Stéphane Oiry, Les Humanoïdes associés

Le titre cette série fait explicitement référence à la célèbre nouvelle de Marcel Aymé, dans laquelle un petit homme ordinaire, interprété dans l’adaptation cinématographique par Bourvil, avait soudain le pouvoir ravageur de traverser les murs et de causer quelques émotions fortes à certains de ses concitoyens bien choisis !

L’album, lui, est composé de quatre histoires de passe-murailles, hommes et femmes banals en apparence qui ont le pouvoir singulier de passer au travers des murs et qui mettent leur don à profit pour améliorer leur quotidien, mais sans forcément aller vers le spectaculaire ou l’opération à grande échelle ! Comme à son habitude, Jean-Luc Cornette utilise des éléments fantastiques qu’il place dans le quotidien qui se trouve donc un peu décalé, plus poétique et plus doux. C’est aussi l’occasion de parler essentiellement des relations hommes-femmes, notamment dans la nouvelle Le gratin dauphinois, où une idylle se noue entre un chef de bureau et une secrétaire toute timide, mais excellente cuisinière qui cuisine un excellent gratin dauphinois ! Dans une interview, Stéphane Oiry précise : « C'est vraiment le propos du bouquin, les rapports hommes/femmes. Tout ce qui se noue entre nous : rapport de séduction, rapport de domination, c'est ce que l'on a souhaité montrer, avec un petit décalage fantastique très léger ». On passe un bon moment en compagnie de ces passe-murailles très attachants, que Stéphane Oiry nous peint de manière sobre et très efficace.
Catherine Gentile (janvier 2006)

www.humano.com

sélection
Prix du scénario
Grand Prix RTL de la BD

 

 

 


 

 

Olivia Sturgess 1914-2004
de François Rivière et Flo’ch, Dargaud, 2005

Floc'h et Rivière sont les créateurs de deux personnages très british qui évoluent dans le milieu littéraire anglais : Olivia Sturgess et Francis Albany. On a pu suivre la rencontre et l’évolution des deux amis dans les trois premiers albums de la série fort bien écrite, parus il y a déjà plus de vingt ans ! Flo’ch et Rivière effectuent un retour remarqué en livrant aux lecteurs une belle biographie de leur héroïne, Miss Olivia Sturges : une romancière célèbre et adulée par la critique, dont les livres ont connu un véritable succès populaire et d’estime, dont les auteurs nous révèlent bien sûr la carrière par le menu, mais aussi ses pensées et ses tourments secrets, qu’elle a rarement confiés, Olivia étant d’une apparence très lisse. C’est par le truchement d’un journaliste narrateur, que l’on découvre les grandes périodes de la vie d'Olivia Sturgess, entrecoupées d'interviews de personnalités réelles qui comptent ou ont compté dans la vie littéraire et culturelle du siècle dernier (Charlotte Rampling, André Maurois, Somerset Maugham et bien d'autres) ou de personnages fictifs.

www.dargaud.com

sélection
Prix du meilleur album

Ce découpage entre récit, témoignage, reportage, donne de la matière à cette pseudo biographie et lui confère un accent de vérité si intense que l’on est tenté d’aller vérifier dans un dictionnaire si Olivia n’aurait pas existé pour de bon ! La biographie d'Olivia Sturgess est aussi l’occasion par ces deux auteurs de nous livrer un témoignage intéressant sur l'Angleterre de ce siècle et surtout un fascinant portrait de femme. Un travail remarquable en tous points.
Catherine Gentile (janvier 2006)


 

 

 

 

 

Chocottes au sous-sol
de Blanquet, La Joie de lire 2005

Blanquet nous entraîne dans un univers étrange, parfois inquiétant, en compagnie d’enfants qui participent à une fête costumée. On suit un lapin rose sous lequel se dissimule un garçon de sept ans qui a honte d’un déguisement aussi ridicule. Il ronge son frein dans un coin, essayant de se faire le plus discret possible sous son affreuse peluche rose vif. Mais une fille un rien pimbêche lui demande de descendre à la cave pour aller y chercher des boissons. On a beau être un lapin rose, on a peur de la cave, du noir, de la poussière, des vieux trucs qui y dorment. Qui y dorment ? Pas sûr. Les deux enfants ont la désagréable impression que les jouets cassés qui reposent là viennent de bouger ! Ils ignorent encore à ce moment-là de l’histoire que les vieux jouets, aussi cassés soient-ils, ont une âme, des sentiments, une mémoire et du ressentiment ! Les deux enfants vont devoir rendre des comptes aux vieux jouets des mauvais traitements qu'ils leur ont infligés. Voici une histoire qui porte bien son titre ! On a vraiment les « chocottes » au sous-sol tant les choix graphiques et narratifs participent à la dramatisation et au climat proprement inquiétant qui domine dans l’album. En parlant de vieux jouets qui se révoltent, Blanquet aborde les thèmes du respect, de la consommation à outrance, de la manière dont tout dans notre société pousse nos enfants à n’être que dans l’immédiate satisfaction de leurs désirs.
Catherine Gentile (janvier 2006)

www.lajoiedelire.ch

Sélection - Prix du dessin

 

 


 


Gogo Monster
de Matsumoto, Delcourt, 2005

Yuki Tachibana est un garçon mal dans sa peau. Il va à l’école mais a du mal à trouver une place dans la société dans laquelle il vit. Alors il se réfugie dans son monde intérieur qu’il peuple d’êtres protecteurs ou monstrueux, selon son humeur et les circonstances. Il a des hallucinations, des visions, il entend des voix et il finit par être complètement prisonnier du système de protection qu’il s’est créé. Il est forcément rejeté par les autres élèves qui ne comprennent ni ses actes ni ses propos.
Heureusement, Yuki n’est pas seul. Dans sa vie, il y a Gantsu, un vieil homme préposé à l'entretien de l’école, qui sent le mal être du garçon et qui tente de le rassurer en entrant dans son jeu sans toutefois l'alimenter. Il y a aussi son institutrice, qui se montre patiente et compréhensive avec lui. Il y a,dans sa classe, un autre élève hors normes, un surdoué surnommé Q.I, qui essaie de trouver des explications rationnelles aux troubles de Yuki. Mais c’est finalement Makoto, un nouvel élève, qui va sauver Yuki et lui éviter de tomber dans l’abîme qu’il s’est créé, grâce à sa simplicité à aborder le monde, à son ouverture d'esprit et à sa simplicité.
Fait rare, ce manga est proposé dans un coffret cartonné et cher et, par là-même, il devient objet de collection. Cependant le récit de Matsumoto est magnifique et aborde des sujets universels et très émouvants. Il le fait avec à la fois beaucoup de poésie et de tendresse et avec un sens efficace du suspens. Un ouvrage à découvrir d’urgence, qui peut aussi constituer pour celles et ceux qui ne sont pas familiers du genre un bon moyen pour découvrir la bande dessinée japonaise.

Catherine Gentile (janvier 2006)

Sélection
Prix du dessin

lire aussi
la Brève de M. Brami

www.editions-delcourt.fr

 

 

 

Prestige de l’uniforme
de Hugues Micol, Dupuis (Expresso), 2005

Drôle d’histoire que celle de Paul Forvolino, chercheur médiocre spécialisé dans les lichens et les végétaux qui résultent de la symbiose entre un champignon et une algue. Il travaille pour une puissante société pharmaceutique dont le seul but est de gagner le plus d’argent possible, au mépris de toute éthique. Il mène une vie privée chaotique mais banale. Il a une femme et une fille dont il n’est guère proche, qui le méprisent et font peu de cas de lui Pourtant son quotidien va être bouleversé lorsque, au labo, il se renverse par mégarde sur la main le contenu d'une éprouvette… sur sa main.
Cet album est très noir, voire glauque et on ressent un réel malaise en le lisant. Il est néanmoins intéressant car il est le reflet d’une société où l’individu n’a plus de place et où le cynisme et le profit font la loi. Le trait épais de Hugues Micol contribue à l’agressivité qui suinte du récit, accentuée par une gamme de couleurs froides, rendant a grisaille des murs, la tristesse de la ville et la difficulté de communiquer. Le personnage de Paul Forvolino, qui vit ses pouvoirs comme une véritable malédiction et qui n’a rien d’un super héros, est intéressant, même s’il n’est pas toujours sympathique. Il est finalement le reflet de notre société.
Malgré les sentiments mitigés que l’on éprouve à la lecture de l’album, il est indéniablement marquant et intéressant. Sous des dehors fantastiques et fantasmagoriques, il parle de nous, de notre avenir en donnant une vision terriblement pessimiste du quotidien et de la vie.
Catherine Gentile (janvier 2006)

sélection
Prix du dessin

http://www.dupuis.fr

 

 

 

 

 

 


Dans la prison
de Kazuichi Hanawa, Ego comme X, 2005

Cette chronique autobiographique étonnante, parfois dérangeante, toujours fascinante, est le témoignage de l’auteur lui-même condamné à trois ans d’emprisonnement pour avoir détenu illégalement une arme à feu.
Avec une rigueur peu commune, l’auteur témoigne donc dans ces 230 pages très denses de la réalité d’une prison nippone, de la vie des détenus, de leurs habitudes et du respect qu’ils manifestent pour un règlement pourtant très strict. Il raconte des scènes se déroulant dans une cellule commune ou dans une cellule d’isolement. Sur un ton toujours égal, il observe, il décrit sans jamais se plaindre, sans une révolte, dans une critique du système. C’est sans doute le ton, presque clinique, qui étonne le plus ! Mais le résultat est extrêmement efficace et le livre se révèle être un plaidoyer contre le système carcéral d’une très grande force.
Catherine Gentile (janvier 2006)

www.ego-comme-x.com/

sélection
Prix du Scénario

 


 

 

A history of violence
de J. Wagner et V. Locke, Delcourt

Cet album en noir et blanc est le livre qui a servi de base au scénario du film de David Cronenberg, sorte de pamphlet contre la grande violence de la société américaine. On fait la connaissance de Tom McKenna, un citoyen bien tranquille de l’Amérique profonde, bon mari et père attentionné de deux gentils enfants. Il est le propriétaire d’un restaurant et est estimé par ses concitoyens. Il sait aussi réagir quand il le faut et n’hésite pas à résister à deux malfrats armés qui font irruption dans son restaurant en lui demandant sa caisse. La presse s’empare de cette histoire et Tom devient, malgré lui, une célébrité dont la presse ressasse l’histoire, un exemple à suivre pour nombre de ses concitoyens. Le fait divers attire l’attention de la mafia new-yorkaise qui croit reconnaître en lui le jeune homme qui s’était attaqué à elle il y a quelques années et qui avait disparu….
Ce récit, découpé en trois chapitres, au dessin habile et sobre, est basé sur une intrigue rigoureuse, et montre l’engrenage dans lequel le héros, qui pourtant ne veut surtout pas en être un, est embarqué. Malgré tous les efforts déployés pour changer de vie, son passé le rattrape et il est contraint d’user d’une extrême violence, aussi extrême que celle de ses adversaires, pour espérer s’en sortir.
De nombreux thèmes sont abordés dans le récit : vengeance, mensonge, rédemption, pardon, destin de l’individu dans une Amérique dominée par la loi du plus fort triomphe. Passionnant.
Catherine Gentile (janvier 2006)

www.editions-delcourt.fr

sélection
Prix du Scénario

 

 

 

 

 

 

 

Le Blog de Frantico
de Frantico, Albin Michel

Au début de l’année 2005, le Blog de Frantico s’est ouvert sur le net et a connu un succès énorme. Frantico, qui avait présenté plusieurs projets à des éditeurs de bande dessinée, n’avait essuyé que des refus, ce qui l’avait amené à utiliser Internet pour se faire connaître ! Ce qui était un strip quotidien, sous la forme d’un journal intime, est ensuite devenu un livre. Dans son blog, il raconte, avec beaucoup d’autodérision, des épisodes de sa vie, au jour le jour, pas vraiment passionnante. Il vit seul, n’a pas argent, a peu d’amis, pas d’amie et une passion : la masturbation. Il y est donc beaucoup question de solitude, de sexe triste, et de misère sexuelle. La majeure partie des gags du Blog de Frantico met en scène le personnage seul, accompagné de deux animaux imaginaires, qui représentent sa bonne et sa mauvaise conscience. Il y parle de son travail, de ses galères, de petits riens du quotidien, du monde de la bande dessinée franco-belge à laquelle il taille un costard, des médias… Puis, au fil du temps et à cause de la notoriété qui est arrivée, le blog et le ton évoluent et on a l’impression que l’auteur se sent moins libre. Le blog, pour l’instant, n’est plus alimenté.
Catherine Gentile (janvier 2006)

www.editions-delcourt.fr

www.zanorg.com/frantico

Sélection
Prix du premier album


 

Locas
de Jaime Hernandez, Seuil

Locas est composé d’une série de récits, de longueur inégale, publiés tout d’abord dans le magazine américain Love & Rockets, entre 1982 à 1996. On y raconte le parcours de deux personnages principaux, Hopey et Maggie, sur quatorze années, leurs amours et leurs problèmes, les moments de déprime et de joie. Maggie Choscarillo est une jeune Californienne d'origine mexicaine, qui fréquente le milieu rock du début des années 1980, à une époque où explose le punk, empêchant les vieux rockers de jouer en rond. On fait la connaissance de Maggie alors qu’elle est encore une adolescente, attirée par ce milieu punk où il y a beaucoup d’énergie, d’idéalisme et de violence C’est à ce moment-là qu’elle fait la connaissance de Hopey Glass, une punkette téméraire et insolente. Les deux filles, malgré leurs différences, vont être liées par une amitié très forte, se transformant en amour sincère. Jaime Hernandez décrit une large gamme de sentiments et raconte avec beaucoup de justesse le parcours de deux filles pour lesquelles il éprouve beaucoup de tendresse.
Catherine Gentile (janvier 2006)

Sélection
Prix du patrimoine de la bande dessinée

 

 

 

Popeye
de Segar, Denoël Graphic

Denoël Graphic propose la réédition de trois aventures du plus célèbre marin du monde. Ce personnage a connu une longévité extraordinaire aux Etats-Unis et ses aventures ont été racontées dans des strips publiés dans différents journaux américains puis dans une très longue série de dessins animés (plus de 600 !) qui a contribué à faire connaître ce marin amateur d’épinards en Europe.
Le premier récit de ce recueil montre Olive qui reçoit d’un oncle explorateur en Afrique, un Jeep, étrange animal doté d’un mystérieux pouvoir. Cet animal extraordinaire attire la convoitise d’un méchant, mais Popeye intervient, forcément. Dans le deuxième récit, on suit Popeye à la recherche de son Pôpa qu’il n’a jamais connu et qu’il croyait mort. Enfin le dernier montre Popeye et ses amis aux prises avec une sorcière et sa flûte enchantée.
Voici l’occasion de re-découvrir un héros extrêmement populaire, plutôt politiquement correct, que la plupart d’entre nous, ne connaissent que par la télévision. Joliment mises en couleurs et – semble-t-il – bien traduites, ces histoires m’ont fait redécouvrir Popeye.
Catherine Gentile (janvier 2006)

Sélection
Prix du patrimoine de la bande dessinée

 

 

 

 

Théodore Poussin, tome 12 : Les Jalousies
de Frank Le Gall, Dupuis (Repérages)

Théodore Poussin est un personnage intéressant, dont les aventures ont débuté il y a quelques années maintenant dans le journal Spirou.
Théodore est né au début du XXe siècle. Son père était capitaine au long cours, ce que veut faire aussi le fils. Mais la mort prématurée de son père contraint le jeune Théodore à prendre un emploi de bureau dans une compagnie maritime. Attiré par le grand large et par les mystères de l’Asie, Théodore parvient néanmoins à naviguer et à vivre quelques belles aventures pimentées de mystères et de coups de théâtre.
Dans ce douzième album, on découvre un Théodore qui a posé ses valises dans l’archipel indonésien, sur une île où il possède une plantation de cocotiers. Le passé le rattrape avec l’arrivée inopinée de la belle Chouchou qu’il a connue et un peu aimée autrefois. La jeune femme vient de quitter son mari et propose à Théodore de partager sa vie. Théodore hésite… Faut-il se laisser porter par les sentiments ou bien raison garder ?
On retrouve dans l’album ce qui fait le charme et l’intérêt de cette bonne série, où se mêlent de façon subtile intimisme et action. Chaque récit repose sur une construction très précise, où les coups de théâtre sont nombreux et dort bien amenés, où l’on retrouve aussi des personnages croisés quelques albums auparavant. L’atmosphère qui baigne ces récits, est toujours prenante, nous emmenant dans la première moitié du vingtième siècle toujours fort bien reconstituée.
Catherine Gentile (janvier 2006)

Sélection
Prix du patrimoine de la bande dessinée

 

 

 

 

 


Blacksad, tome 3 : Ame rouge
de Canales et Guardino, Dargaud

Blacksad, série animalière écrite et dessinée par deux auteurs espagnols, ne compte que trios albums et pourtant, fait suffisamment rare pour être signalé, elle accède déjà au rang de série culte, touchant un très large public.
C’est dire si le troisième album était attendu ! On retrouve avec plaisir John Blacksad, le détective privé le plus félin de la bande dessinée dans une nouvelle enquête à Las Vegas. Par hasard il retrouve son vieil ami Otto Lieber, un scientifique de renom et candidat au prix Nobel. Mais la vie du savant est menacée et Blacksad décide d’assurer sa protection.
Avec ce nouvel opus, on plonge dans l’Amérique des années cinquante, celle de la Guerre froide et du maccarthysme Le dessin est, comme toujours, incroyablement expressif et élégant et les personnages animaux extrêmement élégants dans leur gestuelle servis aussi par une mise en couleurs lumineuse.
Néanmoins, le lecteur a du mal parfois à se retrouver dans les méandres d’un scénario parfois trop complexe, qui mêle le destin des personnages que l’on suit aux méandres d’une politique Le lecteur doit faire preuve d’une extrême vigilance s’il ne veut pas perdre un fil. Malgré cela, on est tellement bluffé par la virtuosité graphique que l’on va jusqu’au bout de l’album avec un grand plaisir.
Catherine Gentile (janvier 2006)

Sélection
Prix de la série
Prix public du meilleur album

 

 

 

Catherine Gentile est documentaliste, formatrice en littérature jeunesse, présidente de l'Association du Festival du Livre de jeunesse et de bande dessinée de la ville de Cherbourg-Octeville et auteur de Bulles en stock (Bibliographie sélective et commentée de bandes dessinées, ed. Cedis, 1999) ; elle chronique aussi littérature de jeunesse et bande dessinée dans la revue Inter CDI.